Le fabricant de plafonds Armstrong achève un investissement de 25 millions de dollars à Pontarlier

Publié par Christiane Perruchot, le 05 décembre 2016

BÂTIMENT/DOUBS. L’investissement de 25 millions de $ qu’Armstrong World Industries vient de boucler à Pontarlier, spécialise l’usine - l’une des deux de l’Américain en France -, dans les plafonds acoustiques en voile de verre.
L’outil de production très automatisé fonctionnera 7 jours sur 7 en cinq équipes. L’organisation en flux séparés de matière première et le cycle continu de fabrication esquisse un bel avenir à une activité qui avait ralenti ces dernières années.
Visite de la nouvelle installation.

 

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L'usine de Pontarlier a été agrandie pour abriter une seconde ligne de fabrication, dédiée exclusivement aux plafonds en voile de verre. © Studio Vu.

 

La matière première principale des plafonds acoustiques qu’Armstrong World Industries fabrique à Pontarlier (Doubs) forme de gros tas à l’arrière de l’usine. C’est du laitier de haut fourneau.

 

Portés à 1.600 degrés, ces résidus de fonderies d’acier se liquéfient, puis sous l’action d’un rotor à grande vitesse, deviennent des fibres de roche. Cela ressemble un peu à de la barbe à papa, interprète notre guide à défaut de bien voir, à travers le hublot du four, le processus de transformation.

 

C’est ce savoir-faire qui a décidé les Américains de réaliser leur plus gros investissement en Europe - 25 millions de $ - dans le haut-Doubs, plutôt que dans l’une des cinq autres usines du vieux continent.

 

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Le site de Pontarlier - l’un des deux en France de l’Américain avec Valenciennes (Nord) qui fait des ossatures de plafonds - fabrique toute sa matière première principale, la laine de roche qui constitue 85% d’un plafond acoustique.

 

« Du tas de caillou au produit fini, la fabrication se fait en cycle continu », précise André Boisier, directeur de l’usine. La laine minérale est ensuite mélangée à cinq autres ingrédients, dont de l’eau, de l’argile et de la perlite, un sable fin qui éclate dans un brûleur « comme du pop corn et qui apporte de la légèreté au panneau », poursuit notre guide pour continuer dans l'imagerie.

 

Un métier proche de la papeterie

 

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Entrée des panneaux préformatés dans le four. © Studio Vu.

 

Prêt, le mélange part ensuite dans l’atelier « chaîne humide ». Là, le métier ressemble à celui de la papeterie. La préparation forme une pâte, déversée sur une toile. Elle est égouttée naturellement puis pressée à l’aide d’un rouleau afin d’obtenir l’épaisseur souhaitée.

 

La pâte qui contient encore 60% d’eau, est ensuite séchée à l’air chaud d’un four pendant une heure et demi. A sa sortie, la longue bande de pâte est découpée en panneaux qui préfigurent les dalles de plafond.

 

C’est à ce moment là qu’on entre dans l’extension qui porte la surface de l’usine à 36.000 m2. Une nouvelle ligne de lamination dépose un voile de verre à un rythme très rapide (47 mètres la minute).

 

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Bobines de voiles de verre. © Studio Vu.

 

Cette sorte de toile en fibres de verre apporte au plafond « une surface bien lisse et blanche qui reflète la lumière ». Une caractéristique esthétique et de résistance de plus en plus recherchée par les architectes et les maîtres d’ouvrages et qui devrait, selon l’industriel, redynamiser un marché aujourd’hui stagnant et toujours fortement concurrencé par le plafond en plâtre.

 

La dernière étape de fabrication consiste, selon les produits, à peindre les produits aux bordures découpées (chanfreins dans le langage technique), une variante esthétique.

 

Détail de premier abord anecdotique, mais qui montre la volonté d’Armstrong de maîtriser toutes les étapes de la fabrication : la peinture appliquée en finition est faite maison.

 

Au bout de la chaîne, la ligne d’emballage montre les nouveaux packagings épurés qui seront mis en oeuvre sur toute la production de Pontarlier en 2017.

 

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La laine de roche se fabrique avec du laitier de haut fourneau. © Studio Vu.

Recyclage de laine de verre

 

Le process entièrement automatisé sans aucune rupture de la chaîne possède un autre atout qui, selon les représentants d’Armstrong en France, pérennise l’usine de Pontarlier. Ce sont les flux séparés de matières premières.

 

« Cette organisation apporte une grande flexibilité pour faire les gammes futures quels qu'en soient les matériaux », indique le directeur de l’usine qui a ouvert ses portes, en fin de semaine dernière à la presse, avant d’accueillir ses principaux clients en mars 2017.

 

A l’occasion de l’investissement, Armstrong renforce l’utilisation de matière recyclée. En plus du laitier de fonderie, le cycle de fabrication utilise désormais des déchets de laine de verre qui ont pour propriété de renforcer les qualités acoustiques de la laine de roche. Une partie du nouveau bâtiment est dédié à son stockage.

 

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Dépose de la toile de verre en continu. © Studio Vu.

 

Depuis longtemps en revanche, l’usine se fait un point d’honneur de n’utiliser que du papier journal usagé, matériau parmi les six ingrédients pour fabriquer un plafond acoustique. Une filière locale organisée par l’usine elle-même avec 300 associations de la région et l’antenne locale d’Emmaus sécurise l’approvisionnement en papier jusqu'à 1.500 tonnes par an.

 

En phase de démarrage, la nouvelle installation va fonctionner 7 jours sur 7.

 

Le temps de réaliser la reconversion dans les plafonds en voiles de verre, elle a tourné au ralenti cette année (moins 40% de volume). Mais elle devrait retrouver rapidement un volume de 16 à 18 millions de m2, assure l’industriel.

 

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armstrongdirecteurQui est André Boisier ?

 

C’est de haute lutte, raconte André Boisier, qu’il a obtenu de son actionnaire américain que le plus gros investissement en Europe d’Armstrong World Industries se réalise dans l’usine du haut-Doubs.

Mais celle-ci avait un atout : celui de fabriquer la matière première des plafonds acoustiques, la laine de roche, à partir de laitiers de haut-fourneau.
Pur produit Armstrong, André Boisier a pris la direction de Pontarlier en 2010. Il y avait occupé plusieurs fonctions depuis 1988, d’abord comme assistant acheteur puis comme responsable de la qualité. Une parenthèse le conduisit pendant deux ans à la source de l’entreprise aux Etats-Unis, à Lancaster (Pennsylvanie).
Le leader mondial des plafonds acoustiques avait racheté Alpha Acoustique en 1987, un fabricant de panneaux isolants en fibre de bois. Ce qui explique l’implantation de ce véritable complexe industriel sur un terrain de 110.000 m, à deux pas du centre-ville.
Le creux de la vague en 2008 qui a entraîné la suppression d’une équipe est aujourd’hui oublié. Une cinquième équipe de 8 opérateurs ainsi que deux ingénieurs viennent d'être embauchés.

 

Le reportage photos n'ayant pas été autorisé, les photos signées Studio Vu ont été fournies par Armstrong.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : bâtiment, Pontarlier, Doubs, recyclage, investissements, Bourgogne Franche-Comté, Armstrong World Industries, plafonds acoustiques, André Boisier

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