Le fabricant alsacien de pains azymes Paul Heumann fête ses 110 ans en 2017

Publié par Julie Giorgi, le 08 décembre 2016

AGROALIMENTAIRE/BAS-RHIN. Paul Heumann, l'un des quatre fabricants de pains azymes en France, poursuit sa dynamique à l'export qui représente 40% de son chiffre d'affaires.

Une performance une nouvelle fois récompensée, vendredi dernier, par le réseau Les Femmes de l'Economie qui a désigné sa dirigeante, Isabelle Heumann-Buchert, lauréate de bronze au niveau national.

Elle est la 4ème génération de la PME familiale alsacienne, qui fête ses 110 ans en 2017.

 

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La cellule R&D réalise tout en interne, de la recette jusqu’au packaging. © Paul Heumann

 

En 2017, cela fera 110 ans que la société Paul Heumann est implantée dans le nord de l’Alsace. « Nous sommes la plus ancienne entreprise de Soultz-sous-Forêts encore en activité », fait remarquer Isabelle Heumann-Buchert, l’arrière-petite-fille du fondateur, Max Heumann et directrice générale.

 

Au départ, c’était une boulangerie traditionnelle ; au lendemain de la seconde guerre mondiale, Paul Heumann reconstruit la boulangerie familiale qui avait été entièrement détruite, en y ajoutant une deuxième activité : la fabrication de pain azyme.

 

Etant de confession juive, cette activité faisait sens. Le pain azyme, composé uniquement de farines de céréales et d’eau, sans levain, sans sel et sans matières grasses, est consommé durant les fêtes de Pessah, la Pâque juive. A la fin des années 40, Paul Heumann rachète une manufacture à Muttersholtz, près de Sélestat (Bas-Rhin) et il rapatrie une partie du personnel à Soultz-sous-Forêts.

 

Après la mort de Paul, son fils Guy reprend les rênes au début des années 70 et, tout en poursuivant la production de pains azymes casher, il élargit le cercle des consommateurs. A cette époque, il n’existait que les biscottes dans la gamme de pains croustillants. Il trouve des débouchés à l’export.

 

Déjà en 1985, l’entreprise se fait remarquer pour ses performances à l'export. Elle décroche le grand prix national de l’exportation artisanale : 40% de ses volumes partent à travers le monde. En 1987, le dirigeant décide de vendre la boulangerie traditionnelle pour se consacrer uniquement au pain azyme. Un nouveau site de production est construit, toujours à Soultz-sous-Forêts.

 

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Depuis cette date, la fabrication est mono-produit, mais déclinée en plus de 200 références suivant 45 recettes, et des épaisseurs, des formes et des conditionnements différents. Tous les ans, la société sort entre 5 et 10 nouveaux produits.

 

« La durée d’existence d’un produit s’est raccourcie. Il faut régulièrement changer le packaging ou la recette. Nous devons sans cesse nous adapter au marché. Les habitudes sont faites pour être changées, c’est ce que m’a transmis mon père », affirme Isabelle Heumann-Buchert, à la tête de l’entreprise familiale depuis 2006.

 

Aujourd’hui, Paul Heumann emploie 21 salariés et exporte 70% de son chiffre d’affaires dans plus de 20 pays en Europe, en Russie, en Asie, en Afrique du Nord et un peu en Amérique du Nord. Les trois marchés principaux sont l’Italie, l’Allemagne et la Russie.

 

En France, ses produits sont vendus dans la grande distribution, dans les magasins bio, les épiceries fines et dans les pharmacies et parapharmacies car les pains azymes conviennent bien aux personnes devant suivre un régime sans sel par exemple.

 

Convertie au bio et à l’économie locale, Isabelle Heumann-Buchert travaille avec des meuniers, des imprimeurs et des cartonniers de la région. Les matières premières offrent une garantie 100% naturelle, végétale et sans OGM.

 

Innovation et robotisation

 

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Si elle est mono-produit, la fabrication se décline en plus de 200 références suivant 45 recettes, avec des épaisseurs, des formes et des conditionnements différents. ©  Karim Chergui.

 

Ces valeurs fondées sur les produits naturels, la réactivité et l’innovation sont les atouts de la PME alsacienne sur ce marché de niche. On compte 4 fabricants de pains azymes en France et une petite quinzaine dans le monde.


L’innovation est au cœur de la stratégie de la PME qui compte une cellule R&D composée de 5 salariés. Elle élabore des produits sur mesure en fonction des marchés. Et tout est réalisé en interne, de la recette jusqu’au packaging.

 

« Il faut toujours rester à l’écoute du client. Si vous essayez d’imposer un produit, cela ne marche jamais », rappelle la dirigeante. Plus que centenaire, la société de Soultz-sous-Forêts a su perpétuer un savoir-faire traditionnel tout en se remettant sans cesse en question et en se modernisant.

 

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Elle sort d’un plan d’investissement de 600.000 € sur trois ans qui a robotisé une ligne de production et a restructuré la partie destinée au conditionnement.

 

« Cela nous a permis des gains de productivité, mais nous n’avons pas supprimé d’emplois. Les salariés concernés ont suivi des formations en contrôle qualité et en supervision de machines numériques », précise Isabelle Heumann-Buchert.

 

La dirigeante est également fière de respecter la parité au sein de son entreprise : elle emploie 10 femmes et 11 hommes. Et les femmes occupent des postes à responsabilité.

 

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© Julie Giorgi

Qui est Isabelle Heumann-Buchert ?


Diplômée d’une maîtrise de langues étrangères appliquées en anglais, allemand et italien, Isabelle Heumann-Buchert se destinait à une carrière de journaliste interprète. Mais suite à un stage durant ses études, dans une boulangeire industrielle en Allemagne, elle prend goût au monde de l’entreprise et décide de rejoindre l’aventure familiale.

 

Après avoir rédigé CV, lettre de motivation et passé plusieurs entretiens avec son père qui déteste les passe-droits, Isabelle intègre l’entreprise en 1996. Elle commence en bas de l’échelle et passe par tous les services. En 2006, suite à un souci de santé de son père, elle se retrouve du jour au lendemain seule aux commandes.

 

Aujourd’hui, Isabelle Heumann-Buchert occupe aussi la vice-présidence de l’Aria (Association régionale des industries alimentaires d’Alsace) et la présidence du club Nouvelle Génération qui regroupe des dirigeants héritiers d’entreprises familiales.

 

En octobre dernier, elle a reçu le trophée des Femmes de l’Economie du Grand Est dans la catégorie « international ». Vendredi dernier à Paris, elle reçoit le trophée de bronze à l'international de la finale nationale.

 

Cinq lauréates Grand Est des trophées des Femmes de l'Economie

 

La 4ème finale nationale des Territoires des Trophées « Les Femmes de l’Economie » s’est tenue vendredi 2 décembre à l’Hôtel Potocki à Paris, un événement qui a réuni les lauréates d’or de 7 grands territoires. 
Le Grand Est s’est bien défendu avec 5 lauréates.


Lauréate argent du Prix Femme Chef d'Entreprise Prometteuse  : Stéphanette  Englaro, P-DG d
'In Air Solutions.

Lauréate de bronze du Prix Femme Dirigeante  : Christelle Mutschler-Joseph, directrice générale adjointe chez ES Energies Strasbourg.
Lauréate de bronze du Prix Femme Communicante  : Valérie Siegler, directrice générale de Carola Wattwiller.
Lauréate de bronze du Prix Femme à l’International  : Isabelle Heumann-Buchert, directrice générale de Paul Heumann.
Lauréate de bronze du Prix Femme Ressources Humaines : Céline Dugast, directrice des ressources humaines des Hôpitaux universitaires de Strasbourg.


 

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Les lauréates nationales des Territoires des Trophées des Femmes de l'Economie, vendredi 2 décembre à Paris.


Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : exportation, agroalimentaire, Bas-Rhin, boulangerie, Trophées Femmes de l’économie Grand Est, Sélestat, Paul Heumann, Isabelle Heumann-Buchert

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