Le Coq Sportif de retour sur les terres de la bonneterie

Publié par Frédéric Marais, le 28 janvier 2015
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L’usine de Romilly-sur-Seine emploie notamment des modélistes et des prototypistes. © Frédéric Marais/Agence Info.

 

TEXTILE/CHAMPAGNE-ARDENNE. Après une parenthèse de deux décennies, la célèbre marque française de vêtements de sport est revenue sur ses terres d’origine, à Romilly-sur-Seine dans l’Aube, où un atelier confectionne les petites séries à forte technicité.

Prochainement, les chefs de produits vont rejoindre la deuxième ville auboise.

Et une bonne partie de la production (tricotage et teinture) vient d'être relocalisée à Troyes, la capitale de la bonneterie.

 

C’est ce qu’en politique ou dans le monde du spectacle, on appelle un come-back. Vingt-deux ans après avoir quitté sa ville natale, l’emblématique marque française de vêtements de sport Le Coq Sportif est revenue à Romilly-sur-Seine, fief du textile aubois.

 

Cet improbable retour a eu lieu en deux temps. Première étape en 2010, avec l’ouverture d’un centre de développement textile (une sorte de laboratoire), mais pas n’importe où : dans l’une des anciennes usines de l’entreprise, afin que le symbole fût complet. Puis, en 2012, c’est la création, au sein des mêmes locaux, d’un atelier de production.

 

L’actionnaire suisse du Coq Sportif, Airesis, qui avait racheté en 2005 cette marque autrefois propriété d’Adidas, a investi plusieurs millions d’€ dans cette opération (la société ne communique pas de montant précis), à la fois pour rénover les ateliers et pour les équiper en matériels de pointe.

 

Trente-cinq personnes y travaillent actuellement. Un effectif qui va encore s’étoffer, notamment parce que les chefs de produits du Coq Sportif dont le siège social est en Alsace et l’équipe de designers à Paris, sont sur le point de rejoindre la deuxième ville auboise.

 

Une marque légendaire

 

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La marque a relocalisé une partie de la production de sa matière première à Troyes. © Frédéric Marais/Agence Info.

 

Mais pour mesurer la portée de cet événement que représente le retour au bercail du Coq Sportif, un petit retour dans le passé s’impose, en particulier à l’attention des plus jeunes qui n’ont pas connu les heures de gloire de la marque.

 

Considéré comme l’inventeur du survêtement, Le Coq Sportif a habillé les plus grands athlètes français et même étrangers. Sans remonter à Mathusalem, le gallinacé gaulois a orné la poitrine du cycliste Bernard Hinault, du tennisman Yannick Noah, du boxeur Jean-Claude Bouttier et du champion du 110 mètres haies, Guy Drut.

 

La marque auboise s’est également constituée un inégalable palmarès avec l’équipe de France de rugby des grands chelems, les équipes d’Argentine (celle de Maradona) et d’Italie vainqueurs de la Coupe du monde de football, sans oublier les mythiques Verts de Saint-Etienne, l’équipe-phare du foot français des années 1970.

 

Une liste loin d’être exhaustive, à laquelle il faudrait ajouter aujourd’hui les ambassadeurs actuels de la marque : le nageur Yannick Agnel, le tennisman Richard Gasquet, la tenniswoman Alizé Lim sans oublier le toujours fidèle Yannick Noah.

 

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Retour annoncé dans le football

 

Le nom du Coq Sportif est aussi étroitement associé à l’histoire du Tour de France, qui a porté son maillot jaune pendant quatre décennies. Or il se trouve que la marque auboise a réintégré la Grande Boucle en 2012. « En tant que partenaires d’ASO, l’organisateur du Tour de France, nous équipons en réalité 80 % des courses à étapes du monde », souligne David Pecard, directeur technique et du développement du Coq Sportif.

 

La marque fabrique des tenues sur mesure pour tous les leaders (maillot jaune, maillot à pois, etc.), et ces produits sont fabriqués à Romilly-sur-Seine, comme tous les articles qui requièrent beaucoup de technicité ou qui ont une forte valeur ajoutée. La collection Richard Gasquet sort elle aussi tout droit des ateliers romillons, à raison de 10 000 pièces environ en 2014.

 

Le berceau de l’entreprise contribue ainsi au renouveau d’une marque partie à la reconquête de l’élite sportive et du grand public, après une phase d’anonymat et de déclin. Il était important pour elle de retrouver ses racines et de renouer avec le savoir-faire local, tant sa dimension patrimoniale est importante. David Pecard ne craint pas d’affirmer que « Le Coq Sportif est une marque qui appartient à tous les Français ».

 

On en aura l’illustration dans les prochains mois, puisque Le Coq Sportif a décidé de revenir dans le football dès la saison 2015-2016, en tant qu’équipementier d’une équipe française et d’une équipe étrangère liées à son histoire.

 

« Nous voulons faire revivre des émotions aux gens », explique le directeur technique, muet sur l’identité des clubs en question.

 

50 % du tricotage et de la teinture rapatriés dans l'Aube

 

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La lumière entre à profusion dans les ateliers pour permettre aux ouvriers de mieux apprécier les couleurs.© Frédéric Marais/Agence Info.

 

2015 est d’ores et déjà une année à marquer d’une pierre blanche pour la marque, qui a relocalisé une partie de sa production à Troyes, capitale hexagonale de la bonneterie ! Soit environ 800 000 pièces cotraitées jusqu'alors au Portugal, l'atelier romillon ayant pour sa part fabriqué 25 000 pièces en 2014.

 

« Nous avons rapatrié 50 % du tricotage et de la teinture qui étaient faits au Portugal. » Les heureux élus : Aube Tricotage, Bugis et France Teinture. « Avec Troyes, on gagne en proximité et en sécurité », estime David Pecard.

 

Contre tous les vents de la mondialisation et avec infiniment moins de moyens que les géants du secteur, en restant fidèle à ses « valeurs d’antan » comme « l’élégance dans le sport », la PME tricolore (220 salariés) a relevé le défi du made in France.

 

Le Coq est plus que jamais fièrement dressé sur ses ergots.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : textile, Champagne-Ardenne, Aube, bonneterie, Le Coq Sportif, Airesis

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