Le Centre international des arts verriers de Meisenthal perpétue la tradition des boules de Noël

Publié par Philippe Bohlinger, le 20 décembre 2016

VERRERIE/MOSELLE. La dernière-née des boules de Noël du Centre international des arts verriers de Meisenthal (Moselle) réenchante la tradition d’un territoire berceau des Lalique, Saint-Louis etc.
En-dehors de toute logique mercantile, cet établissement public géré par la communauté de communes du Pays de Bitche s’autofinance aux trois-quarts grâce à la production annuelle de 40.000 boules de Noël vendues quasi exclusivement sur place.
Rançon du succès : l’atelier va s’agrandir dans le cadre d’un investissement de 12 millions d’€, lié à la réhabilitation d’ici 2020 de l’ancien site verrier.

 

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Fabrication de la boule Fizz, créée pour Noël 2016 par Raphaële David. © Guy Rebmeister.

 

Imaginée par la designer Rafaële David, la boule de Noël « Fizz » va donner du pétillant aux réveillons dans le Grand Est. Cette créatrice originaire de Bourgogne s’est inspirée d’un presse-citron pour créer la dernière boule contemporaine du Centre International d’Arts Verriers (CIAV) de Meisenthal (Moselle).

 

Un clin d’œil à un accessoire d’art ménager produit autrefois dans ce hameau de 800 habitants au cœur du Parc naturel des Vosges du nord, berceau de la tradition verrière (Lalique, Saint-Louis, Goetzenbruck, Montbronn, etc.).


« Nous lançons chaque année une boule de Noël unique qui raconte l’histoire d’un terroir et véhicule une grande charge émotionnelle », raconte Yann Grienenberger, directeur du CIAV.


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Créé en 1992 à l’initiative de la Communauté de communes du Pays de Bitche, cet établissement public contribue à préserver le savoir-faire de la verrerie locale en activité de 1711 à 1969 : Une « moulothèque » bâtie avec patience rassemble aujourd’hui 2.000 formes en métal et en bois.

 

A côté de ses nombreuses actions culturelles, le CIAV a également démarré en 1998 la production de boules de Noël.

 

D’une cinquantaine d’exemplaires au départ, la fabrication de l’atelier a atteint 40.000 unités l’an dernier. Résultat, le centre dont le budget avoisine 1 million d’€ s’autofinance aujourd’hui à 75%. Il emploie 17 personnes, dont neuf artisans verriers.

 

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Un four à 500°C permet d’abaisser, en dix heures, jusqu’au niveau ambiant la température des pièces fondues à plus de 1000°C . © Philippe Bohlinger.

 

En-dehors de toute logique mercantile, le CIAV vend les trois-quarts de sa fabrication sur place, le reste étant commercialisé à travers huit boutiques.


« Nous sommes loin du précept de produire à fond et exporter partout », ironise Yann Grienenberger qui recense une vingtaine de références de boules, contemporaines, mais aussi plus traditionnelles.

 

Cet enfant du pays confie cependant être tiraillé entre désir de recréer les emplois détruits dans ce bassin de la tradition verrière et la crainte de voir le centre devenir « une usine à boules de Noël ».


60.000 visiteurs par an

 

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La fabrication de l’atelier a atteint 40.000 unités l’an dernier. © Guy Rebmeister.

 

Sur la place de travail, des apprentis formés au lycée professionnel de Sarrebourg (Moselle), un des deux seuls établissements proposant un CAP Arts du verre et du cristal, côtoient des maîtres verriers issus des ateliers de Saint-Louis et de Baccarat.

 

Sébastien Maurer, quinze ans de métier, se félicite de l’opportunité d’être associé chaque année à l’élaboration d’une nouvelle ligne éditoriale de boule de Noël. «  Les premières années, nous avions de la chance si un design parisien acceptait de venir à Meisenthal... », se remémore-t-il.

 

La gestation dure neuf bon mois. Deux à trois équipes sont présélectionnées chaque année par le CIAV qui opère un choix définitif au printemps, après avoir invité les candidats sur place. « On ne dessine par le verre comme le métal ou le béton armé. Il faut penser en verre », argumente le directeur du CIAV.


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La communauté de communes du Pays de Bitche n’entend pas en rester là. Elle prévoit d’agrandir l’atelier verrier dans le cadre d’un investissement de 12 millions d’€ dans la réhabilitation de l’ancien site verrier.

 

Celui-ci abrite, outre le centre d'art verrier, une salle de concert et un musée consacré au Nancéen Emile Gallé, pionnier de l’art nouveau. 60.000 personnes fréquentent le site chaque année.

 

Parmi 183 candidatures, la collectivité territoriale a retenu l’an dernier le projet porté par les agences new-yorkaise Freak freearchitects et parisienne So-II. Le démarrage du projet est annoncé pour 2017.

 

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Le site de l'établissement public créé pour préserver le savoir-faire de la verrerie de Meisenthal en activité de 1711 à 1969. © Philippe Bohlinger.

 

Qui est Yann Grienenberger ?

 

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© Guy Rebmeister.

Amoureux du patrimoine local, Yann Grienenberger, 44 ans, a grandi à une poignée de kilomètres de Meisenthal, à Goetzenbruck (Moselle), village qui exporta jusqu’à 200.000 boules de Noël par an !


Après des études à Strasbourg, ce passionné a retrouvé le Pays de Bitche pour coordonner l’animation culturelle intercommunale au sein d’une association locale.

 

Il a été recruté il y a quinze ans par la communauté de communes en quête d’un directeur pour piloter le jeune CIAV, en pleine croissance. Il ambitionne d’équiper l’atelier d’un troisième four de fusion d’ici 2020.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Grand Est, verrerie, cristallerie, Moselle, Centre international des arts verriers de Meisenthal , communauté de communes du Pays de Bitche, Parc naturel des Vosges du Nord, boules de Noël, CIAV, Yann Grienenberger

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