L’Aubois Pok, fer de lance de l’export

Publié par Frédéric Marais, le 18 février 2014
Les ateliers de Pok occupent environ 7 000 m2 de surface à Nogent-sur-Seine.
Les ateliers de Pok occupent environ 7 000 m2 de surface à Nogent-sur-Seine.

SÉCURITÉ. Premier fabricant français de matériel de lutte contre l’incendie, Pok poursuit son ancrage dans l'Aube.

La PME de Nogent-sur-Seine (Aube) s'apprête à construire son cinquième bâtiment relais pour développer la fabrication de lances à eau télécommandées ou radiocommandées.

La moitié de son chiffre d'affaires est réalisé à l'étranger avec quelques belles références, comme l’US Navy ou les armées de l’Otan.

Ce premier article sur une entreprise de Champagne-Ardenne illustre l'ouverture de Traces Ecrites News sur l'actualité économique de l'Aube et de la Haute-Marne, grâce à la contribution de nos confrères d'Agence Info.

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Pok n’a cessé de grandir depuis son installation en terre auboise en 1990. L’entreprise (15,7 millions d’€ de chiffre d'affaires, 48 salariés) s’apprête à faire construire son cinquième bâtiment relais.

Cet investissement d’environ un million et demi d’€ va permettre à la société de développer sa fabrication de lances monitor (lances à eau) télécommandées ou radiocommandées.

L'atelier de 1 200 m2 sera comme les précédents financés par la commune de Nogent-sur-Seine sous forme de crédit-bail, en vertu des bonnes relations qui l’unissent depuis l’origine au président de Pok, Bruno Grandpierre.

Comment en serait-il autrement, quand on connaît le poids économique de l’industriel dans le bassin nogentais ? « J’emploie plus de 90 personnes en comptant les intérimaires dans les trois entreprises que je dirige : Pok et ses 48 salariés, le bureau d’études CRAN et le fabricant de dévidoirs OK Métal », souligne le patron.

Deux produits nouveaux par semaine

Pok c’est avant tout l’aventure d’un homme au caractère bien trempé, qui rend coup pour coup à ses concurrents. Et d’abord à son premier employeur, qu’il avait quitté pour développer un produit spécifique.

Quand on cherche Bruno Grandpierre, on le trouve. « Je suis un sale type quand on m’embête, explique avec une sourde détermination le chef d’entreprise. Je déteste les obstacles, et dès qu’il s’en présente un, je m’organise pour le contourner. »

Mais la réussite de Pok ne se résume pas au tempérament belliqueux de son dirigeant. Elle doit aussi son succès à sa recherche constante de l’innovation. « Nous sortons cent nouveaux produits par an, deux par semaine. »

Le catalogue de Pok compte environ 4 000 références.
Le catalogue de Pok compte environ 4 000 références.

Réticent pendant longtemps à déposer des brevets, qu’il jugeait coûteux et inutiles, Bruno Grandpierre a fini par s’y résoudre à la seule condition qu’il s’agisse « d’une technologie qui verrouille une solution ». Autrement dit, une technologie dont on ne puisse se passer.

La qualité des 4 000 articles fabriqués à Nogent-sur-Seine a conquis toute la planète.

« Nous exportons dans 73 pays. En 2013, nous avons réalisé 52 % de notre chiffre à l’export, et notre catalogue est traduit en onze langues. »

Chinois, Américains : clients et concurrents

Pok équipe par exemple les marines nationales américaine, canadienne et australienne.

Les pétroliers chinois s’approvisionnent chez lui : « J’ai fait 3 millions d’€ de chiffre d’affaires en Chine en 2013, je vise les 4 millions en 2014. », affirme le dirigeant.

La Chine est du reste le seul pays étranger où Pok est présent physiquement, après s’être retiré des Etats-Unis.

La PME française ne rate par ailleurs aucune grande exposition partout dans le monde : Irak, Mongolie, Malaisie, Pérou…

Présent également dans le secteur des camions d’incendie, des extincteurs et des robinets d’incendie armés (RIA), Pok a aussi équipé le porte-avions Charles-de-Gaulle et les armées de l’Otan, pour citer deux de ses plus belles références.

Les ateliers nogentais usinent et assemblent des pièces provenant « en grande majorité » de fournisseurs français.

Le palmarès des matières premières est éloquent : 300 t d’aluminium, 60 t de cuivre et 30 t d’acier inoxydable par an.  L'entreprise a investi dans un parc d’une trentaine de machines très performantes et a créé pour plus de 10 millions d’€ d’outillages en trente ans.

Bruno Grandpierre, le président de Pok.
Bruno Grandpierre, le président de Pok.

Qui est Bruno Grandpierre ?

Sacré personnage que ce Bruno Grandpierre. Il démarre seul en 1976 à Paris après avoir quitté son poste de secrétaire général des Ets R. Pons et Cie, un fabricant de raccords et de robinetterie de lutte contre l’incendie.

Trop à l’étroit dans ses locaux, en raison déjà d'une bonne croissance, il déménage à Montreuil (Seine-Saint-Denis) avant d’atterrir dans l’Aube, où son frère Cyril dirige une boîte de matériel pour blanchisseries industrielles et de collectivités.

Ingénieur de formation, sorti de l’école nationale supérieure et d'électricité et de mécanique (Ensem) de Nancy, Bruno Grandpierre est aujourd’hui officiellement à la retraite. Mais à 71 ans, il garde l’usufruit de son entreprise et la main sur elle. Sa directrice générale de fille, Alexandra, 38 ans, est appelée à lui succéder.

Salué pour sa compétence et sa réussite, Bruno Grandpierre est aussi connu pour ses diatribes contre le gouvernement (surtout s’il est de gauche, lui-même expliquant qu’il s’est tourné vers l’étranger à l’arrivée des socialistes au pouvoir en 1981), contre les politiciens, les fonctionnaires, la France et les Français en général…

Bien que titillé par des velléités de délocalisation, qu’il aurait pu concrétiser en rachetant une usine en Slovénie, il n’a pas franchi le Rubicon.

Au fait, Pok n’est ni un acronyme ni le diminutif de Pokémon. Le mot signifie “baiser“ en breton. C’était le nom du voilier de Bruno Grandpierre lorsqu’il était enfant.

Photos : Frédéric Marais.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Champagne-Ardenne, sécurité, Aube, Pok, Bruno Grandpierre

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