Traces Ecrites News, le club
  • JTEKT
  • CLEIA
  • Utinam
  • Tonnellerie Rousseau

L’Alsace évite le "burn-out" de ses chefs d'entreprise

Publié par Christian Robischon, le 29 janvier 2014
De gauche à droite, un coach sportif, Mario Hecklen président de l’association porteuse « Credir Training », Jean-Denis Budin créateur du concept et directeur de Credir Training, et Patrick Behra (de l’autre côté du panneau), également co-développeur du projet et intervenant.
De gauche à droite, un coach sportif, Mario Hecklen, président de l’association porteuse Credir Training, Jean-Denis Budin, créateur du concept et directeur de Credir Training, et Patrick Behra (de l’autre côté du panneau), également co-développeur du projet et intervenant.

FORMATION. Remettre sur pied le chef d’entreprise, non la fonction mais l’homme ou la femme qui l’incarne : on pourrait résumer ainsi la vocation du Credir, le Centre d’entraînement pour dirigeants de Kientzheim (Haut-Rhin), qui développe un concept très original.

Créée à l'initiative de cadres et dirigeants, l'association occupe un créneau apparemment unique au monde : la remise à flot mentale des chefs  d’entreprise qui se sentent au bord du gouffre, parce que vivant un échec professionnel, ou tout simplement mis à bout de nerfs et de fatigue par le surmenage.

Cliquez sur les photos pour les agrandir.

Depuis juin dernier, le Centre d’entraînement pour dirigeants (Credir) de Kientzheim (Haut-Rhin) a accueilli 27 stagiaires dans ses 4 premières sessions de 3 jours chacune, dans le cadre discret de l’ancien lycée japonais Seijo, au pied du vignoble alsacien.

Composée de cadres et dirigeants, son association porteuse occupe un créneau apparemment unique au monde, mais promis à un  bel avenir tant il répond à un besoin : la remise à flot mentale de chefs d’entreprise de toute taille qui se sentent au bord du gouffre, parce que vivant un échec professionnel, devant  restructurer contre leur gré, ou tout simplement mis à bouts de nerfs et de fatigue par le surmenage.

« Ils rencontrent parfois aussi des difficultés financières, mais souvent les problèmes sont d’autre nature : familiaux, santé, conflit avec un associé… », relate Jean-Denis Budin, créateur du concept et professeur à l’Ecole de management (EM) de Strasbourg.

Lui-même est une victime avouée d’un burn-out comme dirigeant de PME il y a quelques années suite à un redressement judiciaire et une cession à un concurrent.

Ces entrepreneurs, le Credir veut les faire passer de la « petite prison » à la « petite victoire », explique Jean-Denis Budin.

« Devant les difficultés, chacun tend à s’enfermer, à s’isoler dans sa bulle. Nous proposons de rompre cela. Durant les sessions, nous cherchons à mélanger les histoires pour éviter une spirale de la sinistrose. Le but, c’est d’en ressortir requinqué avec le sentiment de quelques progrès accomplis, ces petites victoires… ».

Autre point important selon Patrick Behra, l’un des intervenants : « Ici, les dirigeants se parlent entre eux avant tout, entre pairs ».

Les trois jours de session les tiennent à l’écart des sollicitations du quotidien, du tombereau de mails, de l’accumulation des messages téléphoniques.

Ils sollicitent autant les jambes que les têtes. Parmi les temps forts :  le « récit de vie » initial de 3 heures qui permet  à chacun de se « lâcher », les échanges en tête-à-tête entre participants, et les activités sportives pour évacuer le stress.

Le jogging fonctionne à plein, sous la houlette d’un coach sportif. « Nous sommes un peu l’INSEP (*) des entrepreneurs », compare Patrick Behra.

Parmi les intervenants extérieurs, on compte aussi des médecins, des experts-comptables et juridiques.

Le coût d’une session s’élève à 3 800 € pour une entreprise. Il peut être pris en charge par un organisme de formation.

Le Credir développe également une politique de financement par mécénat.

Pour une inscription en tant que personne physique, le coût est de 2 500 €, éventuellement moins en cas de difficulté financière particulière.

Le marché semble tel que le centre ne tarde pas à monter en régime. Pour l’instant, il a tourné à un rythme d’une session tous les deux à trois mois. « Avec  les inscriptions en cours, nous allons passer à une cadence d’un à deux stages par mois dans le courant du semestre », annonce Jean-Denis Budin.

Le Centre d’entraînement pour dirigeants (Credir) de Kientzheim (Haut-Rhin).
Le Centre d’entraînement pour dirigeants (Credir) de Kientzheim (Haut-Rhin).

Du temps pour soi

Pour Benoît, 49 ans, la roue a tourné après 7 ans de direction heureuse d’entreprise en région Centre. Les malversations de son associé ont abouti en 2011 au dépôt de bilan, puis à la liquidation et aux démêlés judiciaires qui s’ensuivent avec ses conséquences financières et matérielles.

« Tout ceci survenait peu après le décès de mon père. Toute la famille a subi les incidences ». Lui aussi : l’accumulation des soucis a fini par déclencher un accident vasculo-cérébral en juin dernier, heureusement sans séquelles. « La machine a craqué, tout simplement », raconte t-il.

C’est alors que Benoît apprend l’existence du Credir. Il s’est inscrit à la session de début décembre dernier : elle arrivait presque trop tard pour lui.

« Elle aurait répondu à beaucoup de mes attentes dans les périodes les plus difficiles.  Mais elle restera un moment privilégié, où l’on s’accorde du temps pour soi, pour faire ce qu’on ne prend jamais la peine de faire, à commencer par du sport ».

Le dirigeant a particulièrement apprécié l’échange entre participants. « Parler aux gens qui ont connu la même chose ou quelque chose de proche, c’était un grand plus. Cela casse la routine et distingue d’une formation classique. On est pas là pour décortiquer un CV ».

La roue semble repartir dans l’autre sens, le bon : Benoît a recréé  cet automne une entreprise, avec force et bonheur.

* L’INSEP : l'Institut National du Sport, de l'Expertise et de la Performance à Paris. Photos : Christian Robischon.

Roger Martin BTP
Article classé dans : Emploi - Formation

Mots-clés : Formation, Alsace, Haut-Rhin, management, mécénat., Centre d’entraînement pour dirigeants, Credir, l’Ecole de management de Strasbourg

Découvrez également les articles associés :

Le fabricant de forets Diager investit plus de 8 millions dans le Jura et embauche Le fabricant de forets Diager investit plus de 8 millions dans le Jura et embauche
Confrontés à la difficulté de recruter, les dirigeants de Viwamétal créent leur propre agence d’intérimConfrontés à la difficulté de recruter, les dirigeants de Viwamétal créent leur propre agence d’intérim
A l’école de la dégustation des 33 grands crus des vins de Bourgogne  A l’école de la dégustation des 33 grands crus des vins de Bourgogne
A Metz, Menway poursuit sa croissance externe avec les chasseurs de tête Mindfield Search et  NIM EuropeA Metz, Menway poursuit sa croissance externe avec les chasseurs de tête Mindfield Search et NIM Europe

Commentez !


Combien font "7 plus 9" ?

Envoyer votre commentaire