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La Voie Ferrée Centre Europe Atlantique (VFCEA) en débat public cette semaine à Nevers

Publié par Christiane Perruchot, le 03 janvier 2017

TRANSPORT FERROVIAIRE/NIÈVRE-SAÔNE-ET-LOIRE. Jusqu'au 20 mars 2017, et ce 5 janvier à Nevers (Nièvre), un débat public se déroule sur le projet de Voie Ferrée Centre Europe Atlantique (VFCEA).

Il consiste à électrifier le seul tronçon, entre Nevers (Nièvre) et Chagny (Saône-et-Loire), qui ne l'est pas sur le trajet Dijon-Nevers-Tours. Et à relier ces 160 km à la LGV Paris-Lyon, à hauteur de Montchanin.

L’ensemble du budget de 560 millions d’€ n'étant pas réuni, il est probable que le chantier soit réalisé par étapes. Le contrat de plan Etat Région (CPER) 2015-2020 a budgété la somme de 247,2 millions d’€. Soit 44% de la dépense.

SNCF Réseau, le maître d'ouvrage, prendra sa décision début 2018 à partir des conclusions du débat public.

 

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Cliquer sur l'image pour l'agrandir. © Systra/SNCF.


C’est l’un des plus gros chantiers ferroviaires de l’Est, avec l’électrification de la ligne Paris-Troyes, engagée fin novembre 2016 avec la première pierre du nouveau poste de signalisation de la gare de Romilly-sur-Seine dans l’Aube.

 

La Voie Ferrée Centre Europe Atlantique (VFCEA) est encore loin de la phase opérationnelle. Les travaux ne devraient pas démarrer avant 2022. Dès lors, il faut que le maître d’ouvrage, SNCF Réseau, prenne la décision définitive de moderniser tout ou partie de cette transversale entre Nevers (Nièvre) et Chagny (Saône-et-Loire), seul tronçon de voie ferrée non électrifiée sur le trajet Dijon-Nevers-Tours.


C’est pourquoi une consultation à grande échelle a lieu jusqu’au 20 mars 2017, principalement dans la Nièvre et en Saône-et-Loire. Le coût de l’opération - 560 millions d’€ - justifie par la loi le recours à la commission nationale du débat public qui organise pas moins de 40 réunions et ateliers pour recueillir l’avis des acteurs économiques et des citoyens sur l’opportunité et les modalités de ce projet. 


Jeudi 5 janvier, la seconde réunion publique se déroulera à Nevers (*), après Le Creusot le 15 décembre dernier.

 

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La Nièvre et la Saône-et-Loire dont les élus s’étaient mobilisés dans les années 2010 en créant l’Association pour la promotion de la VFCEA, sont concernées au premier chef. L’essentiel des travaux consiste à électrifier, en 25.000 volts, 160 km entre Nevers à Chagny. Ce qui permettrait à la SNCF et à son autorité organisatrice de transport, le Conseil régional de Bourgogne - Franche-Comté, d’abandonner les locomotives diesel encore utilisées par les TER.

 

Le projet prévoit également un raccordement de la ligne à la LGV Paris-Sud-Est. Une voie de 5 km et une halte d’interconnexion devront être construites à hauteur de la gare de Montchanin (Saône-et-Loire) et de la zone d’activités de Coriolis. Les voyageurs disposeraient alors de correspondances TER-TGV directes, aujourd’hui inexistantes.

 

« L’itinéraire et son interconnexion au réseau à grande vitesse ouvrirait également la possibilité aux habitants de la région de Nevers et de Bourges, dans la région voisine du Centre-Val de Loire, d’accéder plus rapidement aux TGV Sud-Est et Rhin-Rhône », indique le maître d’ouvrage.

 

La pertinence du projet se mesure également sur les longues distances avec un potentiel de près de 74.000 voyageurs par an à l’horizon 2025. « La VFCEA offrirait un autre itinéraire aux TGV Strasbourg-Lyon avec un gain de temps de 2 à 8 minutes », précise la SNCF. Des améliorations sont également attendues sur les liaisons de Lyon vers Nantes.

 

Voyageurs et/ou transport de marchandises ?

 

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La SNCF estime à 35.300 la hausse annuelle du nombre de voyageurs en TER en 2025, grâce à l'électrification de Nevers-Chagny et l'interconnexion avec la LGV Paris-Lyon. ©Wikipedia Commons.

 

Le second enjeu des travaux concerne le fret, pour l’heure peu actif sur cette ligne transversale qui se présente comme une alternative aux grands corridors Nord-Sud du transport de marchandises européen. L’électrification autoriserait le passage de conteneurs au gabarit international et éviterait aux trains de passer par l’Ile-de-France où les sillons dédiés aux marchandises sont en passe d’être saturés. Ce qui explique la tenue d’une réunion du débat public à Paris le 9 janvier.

 

Animé par Ilaria Casillo (**), présidente de la commission particulière du débat public sur le projet Voie Ferrée Centre Europe Atlantique (VFCEA), la série de réunions et ateliers renforcée par des débats itinérants, dans le train (le premier le 6 janvier entre Nevers et Dijon), vise à cerner les priorités : les voyageurs ou les marchandises, ainsi que le phasage du projet.

 

Car il est peu probable que la VFCEA soit réalisée en une seule étape. Le budget de 560 millions d’€ (estimation 2012) n’est pas réuni. Le contrat de plan Etat Région (CPER) 2015-2020 a budgété la somme de 247,2 millons d’€. Soit moins de la moitié de la dépense.


Lors de la première réunion publique le 15 décembre 2016 au Creusot, SNCF Réseau a d’ailleurs présenté l’estimation des différentes étapes possibles : l’électrification des 160 km entre Nevers-Chagny pour 250 millions d’€, le raccordement à la gare TGV et la construction d’une halte TER entre 231 et 332 millions d’€ selon la variante, et le système de communication GSM-R, pour 13 millions d’€.

 

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Cliquer sur l'image pour l'agrandir. © Systra/SNCF Réseau.

 

Les élus de Saône-et-Loire ont déjà posé des jalons. Dans un voeu, les délégués de la communauté urbaine Creusot-Montceau ont rappelé leur position.

 

« Conformément à ce qui a été acté dans le cadre du CPER (2015-2020) avec l’Etat et la Région Bourgogne Franche-Comté, le phasage est décomposé de la manière suivante : une première phase d’électrification allant de Chagny à Creusot-Ville, et la création d’une gare de correspondance TGV-TER pour en faire un hub ferroviaire et surtout permettre aux voyageurs de la communauté mais aussi de Chalon, du Nord de la Saône-et-Loire, de Nevers et de Bourges, de bénéficier d’un accès direct aux TGV Lyon-Paris. »

 

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Dans son exposé le 15 décembre au Creusot, la SNCF a quant à elle qualifié de « rentabilité socio-économique positive », l’électrification de l’ensemble de l’itinéraire Nevers-Chagny (pour 232 millions d’€) sans l'interconnexion à la LGV, tandis que la variante (pour 342 millions) comprenant l’électrification partielle entre Montchanin et Chagny + le raccordement à la LGV et la gare d’interconnexion TER est jugée de « rentabilité négative ».


« Deux tiers des projets sortent modifiés d’un débat public, car chacun peut peser sur la décision », indique Ilaria Casillo, présidente de la commission particulière du débat public sur le projet Voie Ferrée Centre Europe Atlantique (VFCEA).

 

C’est sur les conclusions de ce débat qui s'achève le 20 mars 2017, que SNCF Réseau décidera début 2018 de poursuivre ou non, tout ou partie du projet.

 

(*) Palais Ducal de Nevers, place de l'Hôtel de Ville, le jeudi 5 janvier à 19h. Puis ateliers thématiques (impact sur l'environnement, mise à gabarit, effets sur le trafic régional des voyageurs) les 16 janvier à Decize, 17 à Luzy et le 18 à Nevers. Ateliers dans le train le 6 janvier sur le trajet Nevers-Dijon 11h32-13h55 et le 11 sur le trajet Strasbourg-Lyon 11h33-15h26.

 

(**) Chercheuse au CNRS ISH (Institut des Sciences de l'Homme).

 

Pour participer au débat, contributions possibles sur le site internet https://vfcea.debatpublic.fr où se trouve aussi le calendrier des réunions.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Territoires

Mots-clés : transport ferrovaire, conseil régional, Saône-et-Loire, Nièvre, Nevers, Commauté Urbaine Le Creusot-Montceau, fret ferroviaire, SNCF Réseau, Bourgogne Franche-Comté, Voie Ferrée Centre Europe Atlantique, transport de marchandises, commission nationale du débat public

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