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La tréfilerie Sodetal en quête d'un soutien des pouvoirs publics pour investir 25 millions d'euros

Publié par Philippe Bohlinger, le 26 octobre 2016

METALLURGIE/MEUSE. La tréfilerie Sodetal Advanced Wire Technologies à Tronville-en-Barrois (Meuse) peine à boucler un investissement de 25 millions d’€ pour renouveler son parc machines vieillissant.

Hier 24 octobre à Nancy, les délégués syndicaux de l’entreprise ont alerté la Commissaire au redressement productif, Sandrine Anstett, sur les conséquences en terme d'emploi de l’abandon d’un tel projet.

Reprise il y a deux ans par le holding russe Terwingo, l’entreprise s’apprête par ailleurs à lancer un fil à scie innovant.

 

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Les opérateurs aux 5x8 ont accepté de travailler un poste supplémentaire par mois. © Philippe Bohlinger.

 

Après plusieurs années à marcher sur la corde raide, la tréfilerie meusienne Sodetal Advanced Wire Technologies semble retrouver des couleurs sous la houlette de son nouvel actionnaire, Terwingo. Le holding russe avait repris l’usine au bord de la liquidation judiciaire en mai 2014 et négocié un plan social entraînant la suppression de 162 postes.

 

En contrepartie, il s’était engagé à investir 3 à 5 millions d’€ et à ne pas délocaliser les 200 machines les plus performantes du site de Tronville-en-Barrois (Meuse).

 

« Ces deux dernières années, nous avons investi 10 millions d’€ dans les machines et les infrastructures, dans la formation et dans le fond de roulement », insiste Artyom Bogoslavsky, président de Sodetal AWT (155 personnes, 34 millions d’€ de chiffre d’affaires).

 

Le fabricant meusien de « steelcords », des assemblages de 2 à 27 fils utilisés dans le renfort des pneumatiques, alimentent le marché ouest européen, son homologue slovène au sein du groupe se chargeant de la partie Est du continent.

 

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Confronté à la concurrence des filiales de fabricants de pneumatiques et des majors comme le belge Bekaert et le coréen Kis Wire, l’industriel a choisi d’investir dans la recherche et développement.

 

La somme de 1,8 million d’€ a été injectée dans un projet baptisé « ultra-cut » : Il vise à améliorer les performances d’un fil de 175 micromètres utilisé dans la découpe de plaques de silicium comme support pour une pâte diamantée.

 

Une production certes confidentielle par rapport aux steelcords, mais qui intéresse les fabricants européens de composantes électroniques et de panneaux solaires.


Soutenu à hauteur de 26% par la Région Grand-Est et le groupement d’intérêt public Objectif Meuse, la tréfilerie a mis au point dans son laboratoire « un fil déformé dans les trois plans pour entraîner davantage de pâte diamantée et ainsi à augmenter la vitesse de coupe », détaille Sébastien Vendrick, responsable administratif de Sodetal AWT. Son lancement devrait intervenir courant 2017.

 

En quête d’un soutien des pouvoirs publics

 

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Sodetal fabrique également des produits semi-finis pour le site slovène de Terwingo. © Philippe Bohlinger.

 

Parallèlement, Terwingo a bâti un plan d’investissement de 25 millions d’€ pour acquérir 250 machines flambantes neuves. La capacité de production de l’usine passera de 19.000 à 38.000 tonnes par an à l’horizon 2020 ce qui portera sa part de marché de 3,3 à 5,3%.

 

Le groupe de Saint-Pétersbourg aurait déjà réuni la moitié de la somme via les banques et son actionnaire. « La difficulté est maintenant de trouver un accord avec les autorités locales/régionales pour obtenir la moitié restante des prêts, les banques européennes étant peu enclines à soutenir une société fraichement sortie d’une procédure collective », déplore le P-DG.

 

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Les représentants syndicaux CGT et CFDT de l’entreprise ont évoqué ce projet le 24 octobre 2016 lors d’une rencontre à Nancy avec la Commissaire au redressement productif, Sandrine Anstett. 

 

« Nous avons subi un choc émotionnel il y a deux ans suite au plan social. Nous ne sommes pas loin d’en subir un second, si ce programme ne peut aboutir. Si Bpifrance ne donne pas son aval à la fin du mois, nous risquons de repartir dans une situation de crise », s’inquiète Fabrice Huot, délégué syndical CFDT chez Sodetal.

 

sodetaldirecteurQui est Sébastien Vendrick ?


Responsable administratif de Sodetal AWT, Sébastien Vendrick a gravi un à un les échelons en vingt ans de carrière au sein de la tréfilerie.

« Après une passe difficile, nous tirons aujourd’hui les bénéfices d’un actionnariat qui a étoffé les carnets de commandes, qui a investi sur le site et qui porte un programme de développement significatif », remarque-t-il.
Le responsable meusien insiste également sur les efforts consentis par les salariés via l’accord de compétitivité signé en avril 2015 par les deux organisations représentatives (CFDT et CGT).

Suite à cet accord, les opérateurs aux 5x8 travaillent un poste supplémentaire par mois.

 

(*) Le GIP Objectif Meuse gère un dispositif de soutien économique créé suite à la l’implantation du laboratoire de l’Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) à Bure (Meuse).



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Grand Est, Métallurgie, investissements, Bpifrance, tréfilerie, Meuse, Nancy, Sodetal, Terwingo, Sébastien Vendrick

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