La transition énergétique, c'est aussi l'affaire des entreprises

Publié par Christiane Perruchot, le 27 octobre 2015

ENERGIE/FRANCHE-COMTÉ. A un mois de la COP21, la conférence des Nations unies sur les changements climatiques du 30 novembre au 11 décembre à Paris, quelle est la contribution des entreprises à la croissance verte ?

Première ville de France à avoir obtenu le label Cit’ergie European Energy Award Gold en 2012, et dans les starting-blocks pour devenir, d’ici 2050, un territoire à énergie positive (TEPOS), Besançon et son agglomération sensibilisent les chefs d’entreprises à réduire la facture énergétique.

Témoignages entendus la semaine dernière au colloque : la transition énergétique en entreprise.

 

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Témoignages de chefs d'entreprises, le 22 octobre à la Cité des Arts à Besançon. ©Olivier Perrenoud.

 

Comme pour la pollution, les idées reçues ont la vie dure concernant la consommation d’énergie. L’industrie n’est pas la plus grosse consommatrice. L’habitat et le secteur tertiaire carracolent en tête avec 51% de l’énergie consommée en France, près des deux tiers à cause du chauffage. Le transport (hors transport aérien) 38%, l’industrie 21 %.

 

Cette vérité rétablie, les entreprises ne sont pas exemptes d’améliorations, d’abord parce qu’elles génèrent du trafic de marchandises et abritent leurs salariés dans des bâtiments. C’est le sens de l’action de sensibilisation que Le Grand Besançon mène auprès d’elles avec le club Face (*) et dont les travaux ont été restitués, la semaine dernière, dans le colloque «  la transition énergétique en entreprise ».

 

Encore timide, l’implication entrepreneuriale prend corps à différents niveaux.  Ange Brunner, gérant de Vibrasens a parié sur la localisation et la performance thermique de ses ateliers pour réduire son impact énergétique.

 

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A court terme, estime le dirigeant, sa facture d’électricité va passer de 3000 € par an à 500 € pour des locaux de 740 m2. Pour ce faire, il s’est fait bâtir un bâtiment passif - désormais à énergie positive grâce à l’installation récente de panneaux photovoltaïques sur le toit -, dont le coût de construction a été supérieur de 20% par rapport à un bâtiment normal.

 

Certes, précise t-il, « notre activité - la fabrication de capteurs de vibration et de accéléromètres piézoélectriques, Ndlr - est peu gourmande en énergie, mais la régularité de la température dans l’ensemble du bâtiment est un confort pour les salariés », explique-t-il.

 

Opposé à l’étalement urbain, le chef d’entreprise a également choisi de localiser son entreprise en ville - la zone Temis - plutôt qu’une zone industrielle en périphérie de Besançon, pour sa facilité d’accès par les transports en commun.

 

L’absence de culture énergétique

 

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Une des dernières grosses installations de l'électricien Eimi : la chaufferie au gaz dédiée aux ateliers du fabricant de turbines General Electric. ©Traces Ecrites.

 

Pour autant, la consommation d’énergie n’est pas facile à maîtriser, témoigne de son côté Frédéric Michel, dirigeant d’EIMI à Étupes, dans le Pays de Montbéliard (Doubs). Cet installateur d’installations climatiques emploie 500 salariés dans 13 agences locales en Franche-Comté et deux sites industriels, à Etupes et à Belfort.

 

« La performance énergétique globale qui est devenue notre métier en incluant la maintenance des équipements que l’on installe, n’est pas facile à transposer dans notre propre entreprise, car le coût de l’énergie sur le lieu de travail n’est pas une notion concrète pour les salariés ». Un projet d’entreprise sur trois ans doit aboutir à une certification 50 001.

 

Fabrice Gillotte

 

Avec un poste de carburant à 900 000 € par an, Eimi réfléchit à faire muter son parc de véhicules vers le gaz et/ou l’électricité et a mis en place un tableau de bord en temps réel des consommations de carburant. Un « acteur énergie » par agence est garant des efforts faits par les salariés et l’organisation de leur travail.

 

Cependant, « la technologie ne fait pas tout, ce qui manque, c’est la culture énergétique », estime le dirigeant. A preuve, dans l’un de ses deux sites industriels, la facture n’a pas fléchi tandis que l’autre a réduit sa facture de 30%.

 

Economie de mètres carrés

 

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Les dirigeants de MaHyTec devant une voiture à hydrogène. ©Olivier Perrenoud.

 

Le regroupement des locaux sur un seul site se présente comme une solution possible pour maîtriser des consommations d’énergies.

 

Jean-Georges Tonon, dirigeant de la société de marketing opérationnel et promotion commerciale Oz (chiffre d'affaires de 1,6 million d’€, 70 salariés), évalue à 100 000 € les économies de carburant, soit la moitié de ce poste budgétaire, qu’il fera grâce au regroupement, de ses six sites sur deux.

 

Depuis cet été, Besançon accueille le centre logistique et les ateliers sur 6000 m2, des économies qu'il dit vouloir « restituer à ses clients » en baissant le coût de ses prestations.

 

Quels que soient leurs choix, les chefs d’entreprises s’accordent sur un point :  « l’énergie devient plus que jamais une ressource stratégique pour rendre l’entreprise compétitive ».

 

D’autant que la technologie n’a pas dit son dernier mot. Dominique Perreux, co-gérant de MaHyTec, fabricant de réservoirs à hydrogène à Dole (Jura) insiste sur le fait que l’hydrogène, contrairement à l’électricité, peut se stocker et se combiner avec le gaz et l’électricité. Certainement une énergie d’avenir, mais qui reste aujourd’hui encore coûteuse.

 

(*) Les clubs Face sont des associations de chefs d'entreprises qui soutiennent des actions en faveur des territoires et des populations touchées par l’exclusion.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Environnement

Mots-clés : Besançon, Franche-Comté, énergie, Pays de Montbéliard, économies d'énergie, Vibrasens, Eimi, Mahytec, Oz, COP21, territoire à énergie positive, club Face

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