La société de biotechnologie lorraine Biolie extrait les principes actifs des végétaux

Publié par Philippe Bohlinger, le 03 octobre 2017

BIOTECHNOLOGIE/MEURTHE-ET-MOSELLE. Rafles de maïs, graines de chicorée, feuilles de salades, etc. La technologie d’extraction enzymatique exploitée par Biolie permet d’extraire les principes actifs de tous les végétaux… ou presque pour la cosmétique et les compléments alimentaires.
Les travaux de la jeune pousse sur les micro-algues seront présentés le 5 octobre au séminaire sur la « bioéconomie » organisé par l’Ademe.

 

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Les végétaux broyés sont placés dans une cuve réactionnelle de 3.000 litres (à l’arrière) en présence d’un cocktail d’enzymes « sur-mesure ». © Philippe Bohlinger.

 

Le marché en plein essor des micro-algues ouvre l’océan des possibles à Biolie. La société de biotechnologies basée à Vandœuvre-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle) cherche à extraire leurs ingrédients actifs.

 

Ses investigations sont soutenues par l’Ademe via l’appel à projets « Graine » destiné à améliorer la valorisation de la biomasse. Les 26 consortiums lauréats seront présentés le 5 octobre prochain à l’occasion d’un séminaire sur la « bioéconomie ».

 

La société de biotechnologie s’appuie sur une technique d’extraction enzymatique brevetée en 2009 n’utilisant aucun solvant pour capter les molécules de différentes micro-algues, mais aussi de nombreux végétaux : rafles de maïs, noyaux d’abricots, faînes de hêtres, etc.

 

Créée en 2012 par Nicolas Attenot, Lionel Muniglia et Guillaume Ricochon, Biolie compte aujourd’hui 8 salariés, un catalogue de 25 produits et cible un chiffre d’affaires d’un million d’€ en 2018.

 

Les cofondateurs ont commencé par proposer leurs services en R&D à des laboratoires cosmétiques (Clarins, Lierac, etc.), mais aussi des fabricants d’ingrédients ou « ingrédientistes » en quête d’innovation.

 

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« Notre technologie permet de capter des actifs que nos concurrents n’arrivent pas à extraire. Par ailleurs, nous sommes aussi capables d’extraire en une seule étape une huile et un extrait aqueux », se félicite Nicolas Attenot, président de Biolie. Deux ans après sa mise sur orbite, la jeune pousse a franchi un cap supplémentaire, en fabricant et commercialisant elle-même ses actifs (20% du chiffre d’affaires).

 

Dans son atelier, les végétaux sont broyés, puis placés dans une cuve réactionnelle de 3.000 litres en présence d’un cocktail d’enzymes « sur-mesure » représentant environ 5% du poids de la matière première. Après 4 heures de centrifugation à une température de 50°C, l’huile et/ou les solutions aqueuses sont extraites et filtrées.

 

Investisseurs du secteur forestier

 

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L'huile de graines de chicorée, un actif régénérant riche en acides gras oméga 6, est obtenue à partir de coproduits de l’industrie semencière. © Philippe Bohlinger.

 

La technologie intéresse les professionnels régionaux de l’agroalimentaire dans une perspective d’économie circulaire. Par exemple, les pétales de crocus issus de la production du safran livrent, sous l’effet des enzymes, un actif anti-âge.

 

Les rafles de maïs ? Biolie en extrait un cicatrisant. L’actif « Greentense » extrait des feuilles de salades périphériques, pas conditionnables en agroalimentaire, a même été salué cette année par un Green Ingredients Awardde bronze au salon In-Cosmetics Global de Londres en avril dernier pour son action anti-vergetures.

 

« Habituellement, ce sont les gros ingrédientistes qui remportent ces prix, cette récompense est très importante pour nous notamment à l’international », analyse le dirigeant.

 

Dans le Grand-Est où la forêt de production représente 11,6% de la production nationale, les explorations de Biolie sont encouragées par le fonds d’investissement Forinvest Business Angel dédié aux investissements dans le domaine du bois. Il a rejoint au capital de Biolie les 3 associés et le fonds Starquest.

 

Ecole des vins

 

Fortement présente sur le marché des cosmétiques, l’entreprise vient ainsi de s’ouvrir le marché des compléments alimentaires en lançant un produit à base d’aiguilles de sapin. Elle a également développé une gamme de colorants destinés à la cosmétique.

 

L’international ? Nicolas Attenot y pense fortement. Le jeune président compte y essaimer en commençant par l’Amérique du nord : « L’idée est que la bioraffinerie soit proche du lieu de production de la matière première », livre-t-il. La vente d’une licence de brevet pourrait permettre à une start-up canadienne de construire courant 2018 une unité capable d’exploiter la biomasse locale.

 

Qui est Nicolas Attenot ?

 

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© Philippe Bohlinger.


Nicolas Attenot est passé de l’autre côté du miroir ; autrement dit le président de Biolie a migré de l’accompagnement de start-up à la création d’une société innovante.
Chargé de projet à l’Incubateur lorrain (Université de Lorraine), ce diplômé de l’Esirem, école d’ingénieurs en matériaux et infotronique de l’Université de Bourgogne, a détecté le potentiel des recherches conduites par Lionel Muniglia, enseignants-chercheurs à l’Université de Lorraine et Guillaume Ricochon, doctorant.
Les deux scientifiques associés au laboratoire d’ingénierie des biomolécules de l’Université de Lorraine LIBio travaillaient sur la technologie d’extraction enzymatique.

Le durcissement de la règlementaire européenne sur l’utilisation des solvants, source d’émission de composés organiques volatiles (COV), a encouragé le trio à se lancer dans l’aventure « Biolie ». 



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises
Innovation

Mots-clés : Grand Est, biotechnologies, Meurthe-et-Moselle, laboratoire LIBio, compléments alimentaires , Biolie, cosmétiques

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