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Mademoiselle Anne fait des montres pour apprendre à lire l'heure

Publié par Monique Clémens, le 17 décembre 2015

HORLOGERIE/FRANCHE-COMTÉ. Designeuse, Anne Frachebois a finalement créé sa propre marque horlogère.

L’idée de créer sa petite entreprise lui vint avec celle d'une montre pour apprendre à lire l’heure, dont les aiguilles seraient personnifiées par une tortue, un mouton ou un lapin.

En un an, Mademoiselle Age a déjà vendu 400 de ces garde-temps ludiques et pédagogiques. De quoi lui donner envie de poursuivre l’aventure. 

 

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Les montres pour enfants de Mademoiselle Anne sont accompagnées d'un livret pour apprendre à lire l'heure.

 

La première année d’activité de Mademoiselle Anne, une EIRL (entreprise individuelle à responsabilité limitée), en 2013, n’a pas été très productive. Anne Frachebois, designeuse passée par le service marketing de Maty, fabricant de bijoux à Besançon, et Trendy Elements, hologer dans la même ville, ne s’en est pas inquiétée outre-mesure.

 

Maman de deux enfants, elle venait de mener de front vie professionnelle et vie familiale et n’avait rien contre l’idée de souffler un peu. Mais cette première année fut riche en rencontres, se souvient-elle, rencontres durant lesquelles elle s’entendit plusieurs fois conseiller de créer sa propre marque de montres plutôt que d’en dessiner pour les autres.

 

A tel point qu’elle a fini par prendre ce conseil au sérieux. Mais par quoi commencer ?

 

« Par des montres pour enfants, à l’évidence, pour leur apprendre à lire l’heure. Je l’avais déjà fait pour Lulu Castagnette et d’autres marques de Trendy Elements, mon précédent employeur, mais que faire de plus ? »

 

annemontresLa nuit portant souvent conseil, Anne Frachebois s’est réveillée un matin avec un concept simple mais gagnant : des aiguilles-animaux, chacune des trois étant représentée par un animal. « La tortue sur les heures, le mouton sur les minutes, le lapin sur les secondes. Je n’en ai pas démordu et j’ai ensuite travaillé sur ces  personnages, avec leur univers. »

 

Hectorine la tortue, Marcelin le mouton et Sam le lapin sont devenus les personnages d’un livre-méthode qui accompagne la montre dans son coffret – vendu 89 €.

 

C’est Anne Frachebois qui en a écrit l’histoire, « et ça fonctionne bien auprès des enfants à partir de cinq ans. D’ailleurs apprendre à lire l’heure est au programme du CP-CE1 », explique la maman de Zoé, 8 ans et Nathan, 5 ans, ses premiers fans.

 

Fabrication partagée entre le Haut-Doubs et l'Asie

 

Les montres de Mademoiselle Anne sont fabriquées par un horloger de Morteau, dans le Haut-Doubs, qui a accepté de jouer le jeu avec des petites séries de 100 exemplaires, dès l’été 2014.

 

Vendues en pré-commandes et dans un réseau essentiellement privé, les 100 premières montres ont trouvé preneur en un mois et permis à Anne Frachebois de rentrer dans ses frais. Depuis, trois autres séries de 100 ont été lancées et vendues, et la jeune entrepreneuse en a recommandé 500 pour aborder la campagne de Noël 2015 sereinement.

 

C’est La Pratique, à Morteau, qui assure la fabrication délicate de ces aiguilles-animaux. « Les cadrans sont imprimés à Besançon, le petit livre aussi mais bracelets et mouvements viennent d’Asie », explique-t-elle.

 

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Les aiguilles-animaux sont fabriquées par la manufacture d'aiguilles La Pratique, à Morteau.

 

« Si les volumes des ventes gonflent et que je peux travailler avec davantage de sous-traitants locaux, j’adorerais, d’ailleurs c’est ce que je prévoyais au début, mais je suis un peu tombée des nues… D’ailleurs, pour l’instant, je ne vends pas encore suffisamment pour passer par un distributeur. »

 

En attendant, les premiers modèles sont en vente sur son propre le site mais aussi sur OFrance, une boutique en ligne de produits made in France, dans cinq points de vente en Franche-Comté (dont les boutiques de la citadelle de Besançon et du musée du Temps) et désormais aussi au Franc-Comptoir, un magasin de produits régionaux qui a ouvert ses portes dans le 11e arrondissement de Paris.

 

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Ce qu’Anne Frachebois aime dans le design horloger, c’est la complexité de la tâche. « J’aime les contraintes, il faut les contourner, les dépasser pour, malgré tout, arriver à faire quelque chose de beau. Là, le challenge était d’arriver à mettre aiguilles et animaux dans une ouverture de 20 mm, j’avais beaucoup de choses à dire dans une petite montre pour petit poignet ! »

 

La fondatrice de Mademoiselle Anne assure elle-même le montage des bracelets, l’emballage avec papier de soie et l'écriture à la main, le marketing et les expéditions.

 

Elle gère aussi site Internet et page Facebook. « M’approprier un univers et faire une communication globale, j’adore ça », avoue la jeune femme qui assure toujours, parallèlement, des missions d’agence graphique, ce qui lui permet de s’en sortir.

 

Mais en horlogerie, elle a d’autres projets : décliner la pendule créée dans la foulée de la première montre, écrire d’autres histoires pour d’autres univers.

 

Qui est Anne Frachebois ?

 

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©Olivier Perrenoud.

 

Après une enfance et une scolarité à Champagnole, dans le Jura, Anne Frachebois a suivi une mise à niveau aux arts appliqués (MANAA), à Besançon, avant de s’inscrire en BTS « design industriel » au lycée Duhamel de Dole (Jura), où elle a tout appris, dit-elle.

Son diplôme en poche, elle a un peu travaillé dans le design et l’infographie, notamment pour les repreneurs d’Aktéo, horloger à Besançon, avant de se faire embaucher chez le fabricant de bijoux Maty, en 2003, comme responsable produit au service marketing.

Petit à petit, et parallèlement, elle s’est fait connaître comme designeuse free-lance et a fini par quitter l’entreprise, en 2009, pour travailler à temps plein pour Trendy Elements.

 

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La jeune entrepreneuse a ainsi dessiné pas mal de montres pour les marques que dessine, fabrique et commercialise cette entreprise bisontine horlogère dont celles, pour enfants, de la marque Lulu Castagnette.

« Aux débuts, ils avaient un besoin ponctuel sur cette marque, et quand je suis partie, je travaillais sur cinq ou six. » Forte de cette expérience en design horloger, Anne Frachebois a fondé en juillet 2013 sa propre entreprise, l'EIRL Mademoiselle Anne, chez elle à Larnod, près de Besançon.     

 

Photos des produits fournies par l'entreprise.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Besançon, Franche-Comté, Doubs, design, horlogerie, Mademoiselle Anne, Anne Frachebois

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