La performance énergétique, le critère le plus visible

Publié par Christiane Perruchot, le 27 janvier 2011

Avis d'expert. Les salons de l'habitat ont le vent en poupe. Les prochains au calendrier, du 11 au 14 février 2011 :  l'Expo habitat de Waldighoffen, près de Mulhouse, et le salon de l'habitat, au parc des expositions de Dijon. Président de la fédération départementale du bâtiment de Côte-d'Or, Jean-Louis Paquet livre les enjeux de sa profession à l'aulne du Grenelle de l'Environnement.

Principale préoccupation des ménages, les économies d'énergie sont un enjeu économique pour les professionnels du bâtiment. Comment convergent les intérêts des uns et les autres ?

Les ménages sont de plus en plus nombreux à s'intéresser aux économies d'énergie, d'autant que la performance énergétique va devenir un des critères de qualité les plus visibles. Une étiquette indiquant la consommation conventionnelle d'énergie et les émissions de gaz à effet de serre est déjà obligatoire lors d'une transaction immobilière ou une location. Sur le stand de la fédération départementale du bâtiment de Côte-d'Or au salon de Dijon, un jeu interactif permettra aux visiteurs de simuler une rénovation énergétique (1) et de se poser des questions sur les choix à faire.

De leur côté, les entrepreneurs adaptent leurs compétences. La marque collective "Les Pros de la performance énergétique", promue par la fédération du bâtiment, est une reconnaissance de leur savoir-faire puisque, pour y prétendre, les entrepreneurs suivent une formation assez lourde, débouchant sur une mention économie d'énergie, ou une certification en offre globale "rénovation énergétique".

Cela signifie que ces entrepreneurs sont capables de conseiller leurs clients sur l'ensemble du bâtiment, de la conception à la réalisation sans oublier la maintenance. Et pas seulement commercialiser un produit particulier, comme les panneaux solaires et photovoltaïques vendus ces dernières années comme des produits financiers.

Surtout, ces entrepreneurs s'engagent sur la performance énergétique conventionnelle après travaux. Il faut savoir qu'une étanchéité à l'air d'un bâtiment mal réalisée représente 40% des pertes d'énergie.

Les industriels ont-ils la même préoccupation que les ménages, sachant que beaucoup d'usines et ateliers sont de véritables passoires thermiques ?

Auprès de ce public, il y a un gros travail de sensibilisation à faire. En effet, on estime à 30 millions de mètres carrés en France, la surface de bâtiments industriels et tertiaires qui ont des déperditions énergétiques.

La nouvelle réglementation thermique n'arrive t-elle pas à point nommé pour donner un coup de fouet au marché du bâtiment, aujourd'hui en berne ?

La rénovation de l'habitat représente traditionnellement la moitié du marché du bâtiment. L'autre moitié, la construction neuve, se partage entre l'immobilier de bureaux et le logement. Tous ces secteurs sont concernés par la réglementation thermique 2012 à des degrés différents. Tous offrent en effet un potentiel énorme au secteur du bâtiment qui ne connaît pas encore la reprise.

Or, aujourd'hui, parce que leurs carnets de commande ont des difficultés à se remplir, certaines entreprises vendent leurs prestations jusqu'à 30% moins cher. C'est une attitude suicidaire qui impacte toute la profession, puisqu'elle donne la tendance du marché. Mieux vaut réduire le chiffre d'affaires que prendre un marché à perte, au risque de fragiliser durablement l'entreprise.

Plus globalement, quasiment toutes les entreprises ont perdu des effectifs, à commencer les intérimaires. À preuve, les cotisations des adhérents de la fédération du bâtiment de Côte-d'Or basées sur les salaires, ont baissé de 1,5%.

(1) Le jeu interactif Simu Rénov mis au point par la FFB de Rhône-Alpes : www.simurenov.com/



Roger Martin BTP
Article classé dans : Avis d'expert

Mots-clés : bâtiment, Côte-d'Or, énergie

Découvrez également les articles associés :

En entreprise, comment réagir face à un éventuel risque de radicalisationEn entreprise, comment réagir face à un éventuel risque de radicalisation
Des taux historiquement bas, le paradoxe d’une croissance sans inflationDes taux historiquement bas, le paradoxe d’une croissance sans inflation
Nous allons mieux associer les chefs d’entreprises de Bourgogne-Franche-Comté aux stratégies de l'Agence Économique Régionale Nous allons mieux associer les chefs d’entreprises de Bourgogne-Franche-Comté aux stratégies de l'Agence Économique Régionale
La Banque de France et la Région du Grand Est proposent une formule d'ingénierie financière pour le développement des entreprisesLa Banque de France et la Région du Grand Est proposent une formule d'ingénierie financière pour le développement des entreprises

Commentez !


Combien font "1 plus 4" ?

Envoyer votre commentaire