La miroiterie Flabeg prend la pénibilité à bras le corps

Publié par Mathieu Noyer, le 23 mars 2016

COMPTE PÉNIBILITÉ/BAS-RHIN. L’entreprise nichée dans l’Alsace bossue s’est fait une petite notoriété dans le Landerneau de l’industrie régionale, de par sa capacité à anticiper la prise en compte de la pénibilité.
Cette miroiterie appartenant au groupe allemand Flabeg a basé tout son travail sur l’observation précise des postes au quotidien, afin de faire disparaître les situations pouvant générer les risques les plus élevés.

 

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Flabeg est l'un des principaux fabricants mondiaux de verre pour l'automobile.

 

Aux confins de l’Alsace et de la Moselle, Flabeg France mène sa barque avec discrétion mais efficacité. Cette entreprise de 150 salariés fabrique principalement des miroirs de rétroviseurs à Sarrewerden (Bas-Rhin). Depuis 2007, elle appartient au groupe allemand Flabeg (1 500 salariés, 100 millions d’€ de chiffre d’affaires annuel consolidé), qui l’avait reprise à son concurrent Glaverbel, lui-même ayant succédé aux héritiers du fondateur du site qui remonte à la fin du XIXème siècle, dans la miroiterie classique.


Au sein d’un groupe internationalisé (les huit sites de production se répartissent entre Allemagne, France, Tchéquie, Hongrie, Etats-Unis, Brésil et Chine), l’usine de Sarrewerden ne manque pas d’atouts.

 

« Notre process est très intégré : nous rassemblons la découpe, le bombage du verre, sa métallisation (la transformation en miroir par dépose de couche, NDLR) et le façonnage. Aucun autre site européen du groupe n’est aussi complet, de l’achat du verre au rétroviseur », expose Olivier Fahd, directeur administratif et financier.


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Flabeg France fait aussi valoir son « expertise technologique en dépôt de couches de verre ». L'équipe R&D et le bureau d’études (six personnes au total) planchent sur quelques sujets d’avenir comme les systèmes de vision. « Nous sommes aussi le site concepteur de logiciels de contrôles automatiques des miroirs pour la détection et la mesure de défauts sur les produits, à l'échelon de tout le groupe », ajoute Olivier Fahd.


Le chiffre d’affaires de la filiale française se situe à 15 millions d’€ annuels. Cet acteur de rang 2 de la filière automobile vend ses produits à des équipementiers (Magna, Ficosa, SMR…).


L’entreprise nichée dans l’Alsace bossue s’est fait une petite notoriété dans le Landerneau de l’industrie régionale, de par sa capacité à anticiper la prise en compte de la pénibilité. Sujet complexe, rebutant pour plus d’un, à laquelle elle s’est attelée avec conscience…, au point de devoir composer avec les va-et-vient législatif et réglementaires. Au final, elle ne regrette pas outre mesure sa promptitude.


36 opérations en une minute sur un poste

 

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Reconfiguration d'un poste de travail.

 

« L’exercice nous a dotés d’un outil de mesure fiable et transparent. Il nous sert pour les 4 critères de la première phase de la loi et nous facilite la tâche à présent que nous abordons les six autres, en particulier la mesure du bruit », expose Olivier Fahd, qui est également directeur des ressources humaines.


L’usine a marié technologie et bon sens. « La base de données mise au point courant 2015 s’appuie sur notre progiciel ERP. Mais son contenu vient de l’observation précise des postes au quotidien », souligne Patrick Klein, responsable sécurité-environnement.


Dès qu’un petit doute s’est fait jour sur la potentielle pénibilité d’un poste, les équipes de Flabeg l’ont filmé en détail. Dix-sept vidéos de « décorticage » ont ainsi été produites sur l’enjeu principal pour le site : le travail répétitif. Le film a par exemple comptabilisé 36 opérations en une minute sur un poste donné, soit six de plus que le plafond du décret.


L’autre défi consistait à prendre en compte la polyvalence afin de traduire les résultats à l’échelle de chaque salarié. L’entreprise l’a résolu en se basant sur sa « feuille de journée », document par lequel chaque opérateur retrace l’activité de sa journée, dont le type de poste occupé et le temps qu’il y a passé.

 

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Verre pour rétroviseur.

 

Le site n’était de loin pas novice sur les sujets. Au sein d’un groupe de prévention entre le management et les salariés, il traite la question des TMS (troubles musculo-squelettiques) avec méticulosité depuis 2008, en mariant la cartographie des postes selon leur degré de risque, la grille d’étude Apact (Association Promotion de l'Accessibilité et de la Conception pour Tous) qui passe 22 critères au crible, la méthode dite Rula et, là encore, l’observation précise sur le terrain.


« Nous avons fait disparaître toutes les situations de niveau 3 et 4, correspondant aux risques les plus élevés », se satisfait Anthony Spielmann, le technicien sécurité qui anime le groupe de prévention.

 

Photos fournies par l'entreprise.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Bas-Rhin, recherche et développement, équipementiers automobile, Alsace, Champagne-Ardenne, Lorraine, prévention de la sécurité, miroiterie, Flabeg, troubles musculo-squelettiques, pénibilité, compte pénibilité

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