Vuillemin, dernière entreprise de fabrication et de réparation d’horloges comtoises traditionnelles passe à la vitesse supérieure

Publié par Monique Clémens, le 02 juin 2017

HORLOGERIE/DOUBS. Reprise en 2010 par Philippe Vuillemin, la manufacture d’horloges comtoises fait perdurer le savoir-faire de la fabrication de mouvements dit « cage-fer » et mise sur le tourisme industriel, l’export et la déclinaison de modèles plus contemporains pour se développer.
En attendant ses nouveaux locaux, d’ici quelques mois en zone d’activité de Mamirolle, près de Besançon, on peut la découvrir ce week-end aux 24 heures du Temps, dans la cité comtoise.

 

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Vuillemin reviste l'horloge comtoise traditionnelle.

 

Si tout va bien, d’ici un an, la manufacture Vuillemin implantée historiquement à Châtillon-le-Duc aura déménagé. Elle devrait en effet quitter la commune située tout contre la zone commerciale bisontine de Valentin pour s’installer sur une zone d’activité communautaire du Grand Besançon, à Mamirolle, dans des locaux propres.


« Les devis sont en cours. Nos locaux réuniront l’atelier de fabrication et de réparation des horloges, la fabrication des balanciers qui étaient dans d’autres locaux et les visites touristiques », annonce Philippe Vuillemin, le gérant de la dernière entreprise de fabrication et de réparation d’horloges comtoises traditionnelles à mouvement dit « cage-fer ».


Les visites d’atelier et le tourisme horloger, c’est un élément auquel le dirigeant croit fort. Depuis qu’il a repris cette société, créée en 1969 sous le nom de Seramm en 2010, son nouveau gérant s’attache à la faire renouer avec son passé et à briller de nouveau.

 


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Dans les années 70, elle fabriquait jusqu’à 1.000 mouvements par mois. Aujourd’hui elle n’en fabrique plus que 500 par an, mais elle a conservé le précieux savoir-faire et tout l’outillage pour continuer à fabriquer le cœur du réacteur, roues comprises.


« On achète le laiton, on monte l’outillage sur des presses des années 70 que nous avons un peu rénovées, on découpe les roues puis on taille les dents qui vont devenir les rouages du mouvement », explique l’ancien commercial devenu horloger, qui apprécie cette autonomie : l’entreprise peut réparer toutes les pièces, fabrique elle-même ses aiguilles, ses œillets pour cadrans…


Dans la stratégie de réveil de la belle endormie figure aussi le made in France et le label « Entreprise du patrimoine vivant », qui fait mouche auprès des amateurs de métiers traditionnels.


Au salon de Bâle, fin mars, où la Manufacture Vuillemin a pu montrer ses dernières créations sur le nouvel espace « Les Ateliers », réunissant les petits horlogers indépendants, les contacts ont été prometteurs.

 

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L'atelier compte deux horlogers et deux mécaniciens.

Renouveler l’horloge comtoise traditionnelle


« Nous avions eu une aide de la Région pour venir à Bâle. Pour nous c’était une première, nous avions peu d’invités, mais le label nous a amené un peu de monde. Nous avons rencontré des prospects venus d’Asie, d’Italie ou de Porto-Rico et notre notoriété est montée d’un cran. Nous avons notamment signé un contrat de distribution avec une maison de pendulettes suisse et sommes passés du statut de grossiste à celui de fabricant. »


En attendant le déménagement, dans l’atelier de Châtillon-le-Duc, l’équipe composée de deux horlogers et de deux mécaniciens s’active à la fabrication, à la réparation et à la conception d’horloges traditionnelles ou plus contemporaines.


Car l’horloge comtoise remise au goût du jour – sur les traces de Philippe Lebru, l’audacieux créateur d’Utinam qui, le premier, a réinterprété l’horloge comtoise – c’est une autre axe de stratégie de la manufacture, qui pour cela s’adjoint la collaboration de designers et n’hésite pas à mêler mouvements traditionnels et caisses aux lignes épurées, en bois ou en métal thermo-laqué.


Le chiffre d’affaires 2016 a atteint 272 .000 € et la vente sur le site Internet, dont le volume double chaque année, atteint 10%. L’export, qui était de 8% en 2016, est lui aussi en train de grimper.


L’activité de négoce de coucous suisses, que Philippe Vuillemin a apporté dans l’entreprise depuis sa reprise, représente également 10% du chiffre d’affaires.

 

Le dirigeant, qui vient d’embaucher une cinquième personne pour assurer la communication de l’entreprise et la gestion du site Internet, espère aussi, un jour, pouvoir ouvrir une boutique bien placée à Besançon.

 

En attendant, on peut découvrir la Manufacture Vuillemin ce week-end aux 24 heures du Temps dans la cour du Palais Granvelle, à Besançon.

 

 

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philippevuilleminQui est Philippe Vuillemin ?


Né dans une famille d’horlogers du Russey, sur le plateau… horloger situé entre Besançon, Morteau et la Suisse, Philippe Vuillemin s’était tout d’abord spécialisé dans la fabrication de machines-outils pour un employeur suisse qui l’envoyait dans différents pays.


Dans les années 90, un premier virage professionnel l’avait conduit à devenir commercial, d’abord pour le groupe helvétique Dixi, puis pour un ami horloger de Villers-le-Lac, revenant ainsi dans le milieu professionnel familial et, du même coup, de ce côté-ci de la frontière.


Travaillant ensuite pour son propre compte, Philippe Vuillemin est devenu une sorte de colporteur, dit-il. « J’étais installé au Russey, sur le plateau horloger, et j’avais une activité de grossiste. J’achetais des coucous suisses, des mécanismes d’horloges et des caisses dans le Jura, je faisais mon assemblage et j’allais livrer coucous et horloges comtoises à des clients dans toute la France. Et petit à petit, j’ai racheté mes fournisseurs, excepté ceux de la partie ébénisterie. »


Entre 1992 et 2012, le commercial a ainsi peu a peu constitué sa propre société, avec le rachat de Seramm en jolie cerise sur le gâteau.

 

Photos fournies par l'entreprise.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Doubs, horlogerie, Grand Besançon, Utinam, horloges comtoises, Entreprise du Patrimoine Vivant, manufacture horlogère, Bourgogne Franche-Comté, tourisme industriel, Vuillemin, 24 heures du Temps

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