La Haute-Marne démontre toute l'étendue de ses savoir-faire industriels à Nogent

Publié par La Rédaction, le 18 juin 2018

INDUSTRIE/HAUTE-MARNE. Avec son salon biennal des savoirs-faire industriels qui s'est déroulé cette année les 15 et 15 juin à Nogent, la Haute-Marne montre l'étendue de tout son tissu industriel.

Bâtie sur les racines historiques que sont la métallurgie et la mécanique, l'économie locale fait émerger des expertises dans les instruments chirurgicaux, la prothèse médicale, l'aéronautique, l'automobile, l'automatisation, la robotisation.

Piloté par la CCI de la Haute-Marne, l'événement avait aussi pour ambition de permettre aux entrepreneurs locaux de mieux se connaître. Rencontres au fil de quelques stands...

Par Christiane Perruchot et Didier Hugue

 

 

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Le 6ème salon des savoirs-faire industriels de Haute-Marne qui s'est déroulé les 15 et 16 juin à Nogent accueillait 70 industriels, dont quelques uns des autres départements du Grand Est. © Traces Ecrites.

 

• La nouvelle forge de Lisi opérationnelle dans le milieu de 2019.


Emmanuel Vieillard, directeur général du groupe franc-comtois Lisi et président de Lisi Aerospace - la filiale dont font partie Les Forges de Bologne - avait fait le déplacement du siège de Grandvillars, dans le Territoire de Belfort, jusqu’à Nogent pour donner les dernières nouvelles du déménagement du premier employeur de Haute-Marne avec 750 salariés, de son site historique au nord de Chaumont vers le parc Plein’Est, à une dizaine de kilomètres.
La nouvelle forge de 40.000 m2 sur une parcelle de 10 hectares sera en travaux cet automne pour être opérationnelle à partir du milieu de 2019. A la dépense de 110 millions d’€ de l’industriel s’ajoutent 57 millions d’€ portés par la société d’économie mixte Haute-Marne Immo-bail – dont le conseil départemental est l’actionnaire majoritaire –, qui construira les bâtiments puis les louera à l’industriel.  

« Ce sera une forge ergonomique », a expliqué Emmanuel Vieillard à une assemblée de chefs d’entreprises, dont nombre de sous-traitants de la filiale de la division Lisi Aerospace (un milliard d’€ de chiffre d’affaires en 2017) qui fabrique principalement des fixations de fuselage des avions notamment pour Airbus et Safran. Comme les 46 autres usines du groupe, les Forges de Bologne seront organisées en centre de profit autonome. Les opérateurs travailleront en équipes avec un référent qui n'aura pas de pouvoir hiérarchique. Chaque équipe devant être capable de résoudre 80% des problèmes. 

Dans la nouvelle usine, il n'y aura plus de postes répétitifs et pénibles, a précisé le dirigeant, au profit d’une forte robotisation : de 15 robots aujourd’hui, les Forges de Bologne en compteront 50 et le parcours des pièces va être divisé par dix dans l'objectif d'un gain de productivité de 25%.

Un plan de formation important va précéder l’installation de la nouvelle forge pour adapter les compétences des opérateurs à la modernisation du process et 40 recrutements sont d’ores et déjà ouverts, des ingénieurs et des techniciens C.P.

 

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Emmanuel Viellard, directeur général du groupe Lisi : les nouvelles Forges de Bologne qui seront opérationnelles mi-2019 à l'est de Chaumont, seront fortement robotisées. © Traces Ecrites.

 

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• Artifil tord le métal et injecte le plastique.


Le métier historique d’Artifil à Semoutiers-Montsaon, près de Chaumont, est connu de toutes les ménagères. La PME de 60 salariés créée en 1985 par Xavier Boucknooghe et Delphine Ampe fabrique des fermetures métalliques pour les bocaux de conserve et autres boîtes à fermeture hermétique.

Tout part d’une bobine de fil qui est ensuite redressé pour former une barre, puis elle est pliée mécaniquement dans un moule ou selon un process plus adapté aux petites séries, par une machine à commande numérique.

 

 

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Maxime Grosjean, commercial d'Artifil : notre objectif est de diversifier l'activité pour ne pas être dépendant de l'industrie automobile. © Traces Ecrites.

 

Cette activité qui génère un tiers du chiffre d’affaires de 11 millions d’€ en 2017 est aujourd’hui supplantée par l’injection plastique (40%), un métier dont a hérité Artifil il y a trois ans avec l’acquisition sur dépôt de bilan de Geiss, à Biesles, également en Haute-Marne.

« Notre atout est de combiner la transformation du fil métallique et le surmoulage », explique Maxime Grosjean, commercial. Cette double compétence lui vaut de réaliser des pare-soleil pour l’automobile, des sous-ensembles faits de pièces en plastique et d’une armature en métal, pour lesquels une usine basée en Tunisie intervient au niveau de l’assemblage.
Le reste de l’activité épouse toutes sortes de besoins en structures métalliques. Les supports de palissage pour les vignes - à champagne notamment - ont le vent en poupe en ce moment ainsi que les crochets pour la culture hors sol. Un secteur que l’entreprise veut développer pour se protéger des cycles de l’industrie automobile. C.P.

 

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• Soldamatic : l'apprentissage du soudage par simulation.

 

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Démonstration de formation au soudage. © Traces Ecrites.

 

Traces Ecrites News décrivait cette méthode d'enseignement et de perfectionnement au soudage, suite à une rencontre avec André Bertrand à la cinquième édition du salon des savoir-faire industriels de Haute-Marne. Pour ces sixièmes rencontres, ce citoyen belge qui la commercialise en France, est revenu avec un système de simulation plus performant.

Il ressemble à un poste à souder avec de vraies torches et un masque qui permet grâce à la réalité augmentée de combiner objets réels et images générées selon les différents exercices à effectuer.

Le coût de 20.000 € HT est assez vite amorti, explique le concepteur de Soldamtic, en raison d’un apprentissage plus rapide, d'une sécurité totale, une formation plus complète, un suivi plus précis de l’évolution et une économie appréciable de consommables. Ajoutons aussi un volet ludique, version jeux vidéo, qui motivera les plus jeunes. D.H.

 

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• Avec Gascar Martin Prost, la forge devient très high tech.

 

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Charly Gascard, l'homme au chapeau, en compagnie de Pascal Riel, son directeur commercial. © Traces Ecrites.

 

Si vous cherchez Charly Gascard sur un salon industriel, repérez un chapeau sur une tête et ce sera certainement lui. Le président de l’entreprise Gascard Martin Prost, installée à Neuilly-l’Évêque, au nord-est de Langres, sort toujours couvert en public.

Spécialisé dans la forge, l’estampage et le traitement thermique avec 38 salariés et environ 4 millions d’€ de chiffre d’affaires, Gascard Martin Prost poursuit un développement à marche forcée. « Nous nous rééquipons en matériel de traitement thermique à hauteur d’un million d’€, auquel s’ajoutent 800.000 € pour de l’usinage à commande numérique », explique le dirigeant.

Grâce à un outil industriel performant, Charly Gascard assure une diversification d’activité dans des secteurs aussi exigeants que le médical et le nucléaire. Les pièces techniques produites en petites et moyennes séries vont de 10 à 70 kg.

L’homme ajoute en ce moment une autre corde à son arc en reprenant la coutellerie d’art Jacques Mongin, située à Biesles, entre Chaumont et Nogent. Cette pépite emploie quatre salariés et était tenue par un meilleur ouvrier de France (MOF). D.H.

 

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• Jacquier se partage entre sous-traitance et produits propres.

 

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Jérôme Rat, la relève chez Jacquier. © Traces Ecrites.

 

Émile Jacquier (75 ans), fondateur de l’entreprise qui porte son nom à Frignicourt (Marne), ne regrette pas le passage progressif de flambeau à son petit-fils Jérôme Rat (30 ans).

Le chaudronnier, mécano-soudeur, usineur et co-inventeur, de surcroît, avec la société TR’AX, des premiers essieux directionnels pour poids lourds semi-remorque, voit l’activité évoluer à parité entre le métier d’origine et le développement de produits propres.

Jacquier conçoit, fabrique et commercialise des têtes d’abattage d’arbres pour le bois énergie (plaquettes) qui permettent une coupe franche et un empilage rapide des troncs. Très fiable, elles sont économes en maintenance.

L’industriel passe maintenant à la vitesse supérieure et va doter ses têtes d’électronique et d’informatique par souci d’une meilleure gestion de chantier des forestiers.

Grâce à une application sur smartphone, ces derniers connaîtront le nombre d’arbres abattus sur différentes parcelles à un instant T et donc le stock disponible. Jérôme Rat présentera ces développements en cours au salon Euroforest, les 21,22 et 23 juin prochains, à Saint-Bonnet-de-Joux (Saône-et-Loire). D.H.

 

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• Biocetis fait repousser l’os avec une poudre magique.

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La poudre à base de phosphate de calcium (dans les tubes) est compactée en parallépidèdes ou cyclindres avec plusieurs  phases de traitement avant de devenir des substituts osseux. © Traces Ecrites.

 

C’est un peu de la magie que font les deux salariés de Biocetis. La petite entreprise née d’un transfert technologique entre deux laboratoires de recherche universitaire du Nord-Pas-de-Calais et qui a déménagé en 2012 à Nogent, fabrique des substituts de tissus osseux.

La matière est une poudre d’hydroxyapatite (HA) et de phosphate tri calcique (en résumé du phosphate de calcium) qui possède une composition chimique proche de celle de l’os. Compactée et cuite jusqu’à 1400°C selon un procédé cousin de la céramique, elle devient un support poreux taillé en différentes formes pour les greffes et les implants osseux et favorise (en 10-15 ans) la repousse de l’os originel.

La poudre dont la composition a fait l’objet de brevets, sert aussi à la fabrication de médias de sablage et à l’impression 3D. « Nous faisons beaucoup de R&D », confie Frédéric Lozé, responsable de production substituts osseux. La petite entreprise travaille notamment sur la qualité des vis en titane qui servent à fixer les implants.
Biocetis est adossée au groupe Upperside, un conglomérat familial de 35 sociétés de la santé (avec notamment Biotech Dental en Rhône-Alpes), de la cosmétique et de l’aérospatiale qui réalise un chiffre d’affaires de 84 millions d’€. C.P.

 

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• 3 D Morphoz fait de la fabrication additive à partir de tous matériaux et bientôt des cellules humaines.

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Mehdi Sellami, docteur en immunologie est co-fondateur de 3D Morphoz.

 

Fabriquer des tissus, voire des organes humains avec une imprimante 3D, cela peut relever de la science fiction. C’est pourtant le sujet qui fait phosphorer en ce moment les deux fondateurs de 3D Morphoz Engineering, Jean-Baptise Ohl, ingénieur en informatique et Morphoz, Mehdi Sellami, docteur en immunologie. « On sait déjà faire de l’épiderme, on saura faire un coeur ou un poumon d’ici 10 à 20 ans ; c’est en tout cas notre cap », explique ce dernier.
En attendant, l’équipe de 4 personnes de la start-up de Reims, attirée par le salon en raison de la présence du réseau Health Tech (start-up du médical) en Haute-Marne, fait de la fabrication additive à partir de polymères, de résines et de poudre métallique pour trois marchés : l’industrie (prototypes, petites séries, pièces de remplacement), le secteur médical (orthèses et empreintes dentaires) et la communication (objets).
Un troisième associé va bientôt rejoindre le duo fondateur, avec comme bagage la mécanique. Ce sera l’occasion de créer une nouvelle société dédiée à la R&D et une troisième pour le secteur de la santé. « Cette organisation anticipe d’importantes levées de fonds auprès d’investisseurs ciblés », confie Mehdi Sellami. C.P.

 

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• Needabot et ses robots au service du personnel soignant.

 

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Adrien Datas, ingénieur de recherche chez NeedaBot et son collègue Lucas Cuinet en compagnie de Tiago, un robot démonstrateur. © Traces Ecrites.

 

A l’hôpital de Châlons-en-Champagne (Marne), on peut croiser Cabot, petit robot mutin qui se faufile partout, se cache en cas d’obstacle incontournable pour repartir de plus belle à sa destination finale.

Il vient en aide au personnel soignant, non pour accomplir des tâches médicales évidemment, mais pour transporter médicaments, dispositifs médicaux et autres objets, grâce à son coffre contenant jusqu’à 10kg.

Il faut dire qu'à Châlons-en-Champagnee, la distance à parcourir entre la pharmacie et l’hôpital est de 600 mètres aller et retour. Tout est évidemment sécurisé, car pas question que ce coursier d’un monde nouveau se perde en route.

Cabot est le bébé de Jacky Vauthier et Lucile Peuch, les deux associés de l’entreprise NeedaBot, installée à Saint-Martin-sur-le Pré, qui emploie au total 7 salariés.

Cette start-up entend multiplier ce type d’offres robotisées, sachant que les personnels hospitaliers et plus globalement de soins, régulièrement débordés, perdent un temps fou en déplacements non stratégiques, eu égard à leur mission première.

NeedaBot, au chiffre d’affaires non encore significatif recherche des partenaires financiers, dans l’espoir de lever 1 million d’€ et convaincre, non seulement en France et en Europe, mais aussi le marché asiatique. D.H.

 



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : industrie, Champagne-Ardenne, Métallurgie, usinage, soudage, Haute-Marne, Lisi Group, Marne, Nogent, Reims, Artifil, Forges de Bologne, Lisi Aerospace, prothèses médicales, salon des savoir-faire industriels de Haute-Marne, Soldamatic, forge, estampage, traitement thermique, Charly Gascard, Gascar Martin Prost, Biocetis, 3 D Morphoz

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