En marge du salon Florissimo, la filière horticole se cherche un terreau plus fertile

Publié par Didier Hugue, le 20 mars 2015

rougeot_1HORTICULTURE/FRANCE. L'exposition ornementale Florissimo qui va ouvert ses portes hier à Dijon, jusqu'au 29 mars, offre l’occasion de dresser le bilan de l’horticulture française.

Un secteur qui souffre, mais multiplie les initiatives pour redresser la tête. : labels, manifeste, recherche et développement...

La filière horticole dans le Grand Est reste marginale sur le territoire national.

 

La mise en lumière de la filière horticole à l’occasion du salon Florissimo qui se  déroule tous les 5 ans à Dijon, ne doit pas masquer ses difficultés. Au fil des ans, les ventes de plantes et fleurs s’érodent. En 2013, 78% des ménages ont effectué au moins un achat dans l'année, contre 79% en 2012 et 80% en 2011. Sur la même période, le budget annuel moyen s’est réduit de 127,70 € à 123,10 €. 

 

potsdefleurs

 

« La crise explique en grande partie cette baisse, car nous ne proposons pas des produits indispensables à la vie quotidienne et ce, malgré la multiplication d’événements festifs comme la fête des grands-mères, des secrétaires… », indique Christophe Thibault, président de la section horticole de la Fédération française de la coopération fruitière, légumière et horticole, membre de l’interprofession Val'hor, et à la tête de la Coopérative Fleuron d'Anjou (100 producteurs, 70 millions d'€ de chiffre d'affaires, 240 salariés).

 

Au ralentissement de la consommation s’ajoute une production française qui souffre de la mondialisation sans bénéficier des garanties offertes par la Politique Agricole Commune (PAC). Le secteur des fleurs coupées a ainsi quasiment disparu du territoire national, à l’exception notable du département du Var où une poignée d’horticulteurs résistent avec la culture de fleurs comme la pivoine, la renoncule ou encore le Mimosa.

 

La filière horticole dans le Grand Est reste marginale sur le territoire national. France AgriMer a recensé en 2012, sur les régions Alsace, Bourgogne, Champagne-Ardenne, Franche-Comté et Lorraine, 463 producteurs qui vendent toutefois annuellement environ près de 300 millions d'€ de plantes et arbres, dont 18% en négoce. Ils emploient un peu plus d'un milliers de salariés permanents.

Un tiers sont des pépinéristes, les autres des producteurs de plantes en pots et pour massifs. Toujours selon France AgriMer, le bassin Grand Est a connu en 2012 un mouvement de contraction des structures de production qui s’est traduit par la disparition de 31% des entreprises.

 

« Les approvisionnements, favorisés par une logistique attractive en raison du peu de volume et d’un faible poids, proviennent de pays à bas coût de main d’œuvre : Colombie, Éthiopie ou encore Kenya », constate Christophe Thibault.

 

Multiplication des labels

 

La filière horticole, qui ne produit plus dorénavant que 15% des besoins globaux du marché, tente de réagir. Sur une idée de Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, elle vient de lancer officiellement, le 19 février, le label Fleurs de France. Seuls les bouquets avec 100 % de fleurs produites dans l’hexagone pourront en bénéficier.

 

fleurssuspendues 

 

Il complète celui né en 2011 dans le cadre du Grenelle de l’Environnement et baptisé Plante Bleue, garantissant une provenance française éco-responsable. « Nous développons également le label rouge, certifiant d’une qualité supérieure, notamment pour les bulbes de dahlias, les pieds de rosiers, les géraniums », indique Jean-Marc Vasse, délégué général de Val’hor.

 

Très en amont, une activité florale tire son épingle du jeu : celle des obtenteurs qui créent les nouvelles variétés. C’est le cas de Cyclamen Morel, implantée à Fréjus (Var) et spécialiste mondial du Cyclamen Persicum.

 

« La France est très dynamique dans ce domaine et nous pouvons compter sur la communauté de chercheurs que fédère le pôle de compétitivité Végépolys basé à Angers », souligne Guy Schertzer, le directeur général.

 

fleursannuelles 

 

L’interprofession surfe aussi sur les tendances du moment avec le développement des potagers urbains et des jardins partagés sur les espaces collectifs qu’intègrent aujourd’hui les urbanistes. Elle a fait appel à l’écrivain Erik Orsenna pour présider son Manifeste pour une Cité Verte qui ambitionne, en dix mesures, de mettre à l’honneur le végétal en ville.

 

Article du même auteur à lire aussi dans Les Echos du 19 mai.

 

Crédits photos : Coopérative Fleuron d'Anjou.

 

Chiffres clés :

 

En 2013, la filière horticole française rassemblait 4 154 entreprises de production. Leur chiffre d’affaires s'élevait à 1,57 milliard d'€, dont 1,31 milliard en production propre et comptait 21 224 emplois. Les achats de végétaux d'ornement par les ménages durant l'année 2013 sont estimés à 3,1 milliards d'€.

 

Le chiffre d'affaires pour la même année du secteur du paysage pour les particuliers, collectivités et entreprises atteint 5,25 milliards d'€. Au total, les entreprises spécialisées dans la production, l'utilisation ou la vente de végétaux emploient 160 000 personnes.

 

Sources conjointes : Val’hor et FranceAgriMer

 

potageres

 

 

 

 

 



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises
Evasion

Mots-clés : horticulture, Val'hor, fleurs, plantes, Fleur de France

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