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La distillerie Massenez rajeunit son image avec des eaux-de-vie et des liqueurs végétales

Publié par Julie Giorgi, le 03 mars 2017

SPIRITUEUX/BAS-RHIN. Avec sa nouvelle gamme d’eaux-de-vie et liqueurs végétales, la distillerie de Villé, à une cinquantaine de kilomètres au sud de Strasbourg, montre qu’elle sait toujours innover et proposer des produits dans l’air du temps.

Petite soeur des Grandes Distilleries Peureux en Haute-Saône, la PME alsacienne qui fête bientôt ses 150 ans, a mis trois ans pour transférer son savoir-faire des fruits aux légumes.

 

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Préparation des ingrédients.

 

Des eaux-de-vie et des liqueurs au concombre, au thym, au basilic, à la carotte ou à la tomate séchée… il fallait oser ! La distillerie Massenez, implantée depuis 1870 dans le Val-de-Villé, à une cinquantaine de kilomètres au sud de Strasbourg, a relevé le pari et l’a très bien réussi. Partout où elle a été présentée, cette nouvelle gamme baptisée Garden Party, a séduit un public divers de barmen, de cuisiniers et de particuliers.

 

Lorsque la distillerie alsacienne présente ces nouveaux produits pour la première fois au salon Vinexpo à Hong-Kong, en mai 2016, on la qualifie de « start-up ». « Nous sommes une start-up qui a 150 ans ! Nous avons radicalement changé l’image de l’entreprise », s’amuse Bernard Baud, le président des distilleries Massenez et des Grandes Distilleries Peureux. Ces dernières situées à Fougerolles, en Haute-Saône, au pied des Vosges, fabriquent les fameuses Griottines®.

 

La gamme est divisée en trois familles  de végétaux : légumes, plantes aromatiques et épices. Elle s’adresse en premier lieu aux mixologistes, ces artistes du cocktail, toujours en quête de nouveautés. L’innovation touche également le conditionnement car les eaux-de-vie à 69°sont disponibles en spray.

 

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« Il y a toute une scénographie autour du cocktail, donc il fallait trouver un conditionnement en phase avec cet univers. Le spray ajoute un côté ludique, qui sublime le cocktail en fin de préparation », explique Bernard Baud.

 

Présentée au Salon international de l’alimentation (Sial) à Paris, en octobre 2016, puis au Sirha, salon de l’hôtellerie et de la restauration à Lyon, en janvier dernier, Garden Party a également intéressé les grands chefs qui parlent de « parfum d’assiette ».

 

La distillerie alsacienne a d’ailleurs remporté un grand prix de l’innovation au Sial, en octobre, puis a reçu un trophée d’Alsace Innovation en décembre 2016.

 

Trois ans pour adapter le savoir-faire des fruits aux légumes.

 

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Trois ans de recherche et développement.

 

Devant l’engouement rencontré aussi auprès du grand public, l’entreprise a sorti récemment un conditionnement en spray plus petit (10 ml contre 100 ml pour les professionnels). Le succès s’explique par la modernité du concept et par la qualité du produit, garanti 100% naturel, sans sucre ni artifices ajoutés.

 

Le cahier des charges comprend l’impératif d’utiliser seulement deux ingrédients : l’alcool et le végétal (légume, plante ou épice), auquel peut s’ajouter un colorant : il était impensable, par exemple, qu’une liqueur de carotte ne soit pas orange…

 

L’entreprise a dû définir les modalités de macération pour chaque végétal. Tout un processus de fabrication à inventer, qui a démarré dans les laboratoires de la distillerie Peureux en Haute-Saône, puis dans les alambics de la distillerie Massenez en Alsace. Le développement complet de la gamme a duré trois ans et a nécessité un investissement de 400.000 €.

 

Les 24 références devraient être rapidement enrichies. « Des grands chefs nous demandent de travailler sur des céréales comme le lin ou l’orge. Nous restons à l’écoute », précise le dirigeant. Il n’exclut pas de travailler aussi sur des assemblages ou des fleurs…

 

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Les sprays s'ajoutent aux conditonnements plus classiques.

 

Garden Party a permis à la distillerie Massenez de gagner de nouveaux clients et de montrer un nouveau dynamisme. « Nous sommes devenus avant-gardistes. Et le regard sur les eaux-de-vie de fruits qui est notre spécialité à la base, a changé aussi. Nous avons gagné en légitimité », assure Bernard Baud.

 

La nouvelle gamme profite du positionnement à l’export de l’entreprise qui réalise 70% de son chiffre d’affaires à l’étranger, principalement aux Etats-Unis, au Japon et en Australie.

 

En France, pour l’instant disponible dans la boutique en ligne de la distillerie et chez le glacier Emmanuel Ryon à Paris, elle devrait trouver place d’ici la fin de l’année chez des cavistes et dans des épiceries fines.

 

Devant l’accueil réservé à ces eaux-de vies végétales, le dirigeant se dit « très confiant sur l’avenir ». Aujourd’hui, la distillerie Massenez emploie 12 salariés et réalise un chiffre d’affaires de 2 millions d’€.

 

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© Julie Giorgi.

Qui est Bernard Baud ?


Bernard Baud a connu deux vies professionnelles : la première a démarré dans la musique. Il a été professeur de trompette et chef d’orchestre de 1986 à 1993.

 

La deuxième se déroule dans l’entreprise de son père, la distillerie Peureux, à Fougerolles en Haute-Saône. Il y entre en 1993 comme directeur de laboratoire et suit des études scientifiques.

 

Il y gravit les échelons au fur-et-à-mesure : directeur de production, commercial puis directeur général en 2000.


Président des Grandes Distilleries Peureux depuis 2002 (24,5 millions d'€ de chiffre d'affaires en 2015 avec plus de 80 personnes), il s’associe à la distillerie Massenez en 2010, et la rachète en 2015.

 

Photos non signées fournies par l'entreprise.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Haute-Saône, liqueurs, agroalimentaire, Grand Est, spiritueux, Bas-Rhin, Fougerolles, Trophées Alsace Innovation, distillerie Massenez , Grandes Distilleries Peureux, eaux-de-vie

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