L’industriel Plastigray avance sur le long chemin de l’innovation sociale

Publié par Christiane Perruchot, le 09 janvier 2017

PLASTURGIE/HAUTE-SAÔNE. En augmentant le bien-être au travail, la performance globale de l’entreprise progresse : avec son projet REVE, le plasturgiste Plastigray veut rendre concrètes ces bonnes intentions de l’innovation sociale.
A l’invitation du Pôle Véhicule du Futur, la direction a partagé son expérience, aujourd’hui à mi-chemin, à une quinzaine d’autres chefs d’entreprises et acteurs économiques.
Au-delà des sujets importants comme les conditions de travail, l’organisation, la gestion des compétences…, la démarche a permis de traiter les « petits cailloux dans la chaussure qui empoisonnent le quotidien de chacun ».

 

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Plastigray transforme à Gray, 1.200 tonnes de matière plastique par an. © Traces Ecrites.

 

Sur le papier, l’innovation sociale en entreprise est pleine de belles intentions : une démarche participative, avec une forte implication des salariés et un partage de valeurs communes.

 

Une notion plus complexe à traduire dans les faits que l’innovation technologique dont Plastigray (chiffre d’affaires de 26 millions d’€), fabricant de pièces techniques en plastique, à 60% pour l’industrie automobile, se veut un fer de lance.

 

L’entreprise implantée à Gray (Haute-Saône) maitrise notamment la technologie ISIM, pour Injection Sandwich in Mold, qui permet d’injecter simultanément deux matières différentes dans un seul moule, et le Heat & Cold, un refroidissement rapide du moule qui améliore l’aspect des pièces.

 

Plastigray s’est attelée au sujet de l’innovation sociale en 2015, en même temps que la mise en route du nouveau plan stratégique écrit pour trois ans avec sa maison-mère, le groupe Euronyl Plastics qui a repris cette entreprise familiale en 2008.

 

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« Nous sommes convaincus que le bien-être au travail et la performance globale de l’entreprise sont intimement liés », expose Emmanuel Gauss, directeur général à l’occasion d’une partage d’expérience auprès d’une quinzaine de chefs d’entreprises et acteurs économiques à la demande du Pôle Véhicule du Futur.


De meilleures conditions de travail, une communication fluide entre les différents échelons hiérarchiques, ainsi que la participation des salariés aux décisions améliorerait « naturellement » la rentabilité de l’entreprise et la qualité de sa production. Restait à mettre derrière ces mots un projet réellement partagé entre la direction et les salariés.

 

Culture du partage et délégation

 

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En plus d'un parc de presses à injecter, il y a aussi beaucoup de tâches manuelles de préparation et d'emballage. © Traces Ecrites.

 

Par modestie peut-être ou par ambition, le projet fut baptisé REVE et exposé au personnel en début d’année 2015. « Nous avons convenu que la première condition de réussite était de ne pas imposer le projet aux salariés, mais de les inviter à s’y intéresser sur la base du volontariat », explique Mélanie Gauss, directrice des ressources humaines. L’usine emploie 45 personnes, beaucoup de femmes et un certain nombre de fidèles avec 30 ans de boîte.

 

Les premiers groupes de travail ne font pas salle comble. Des membres du comité d’entreprise font les premiers efforts (il n’y a pas de syndicats chez Plastigray), avant d’attirer d’autres personnes.

 

Y compris parmi les cadres, l’adhésion ne s’est pas faite en un jour. « La culture du partage n’est pas forcément spontanée pour l’équipe de management qui doit se faire à l’idée d’autoriser les salariés à réfléchir ensemble pendant le temps de travail, accepter d’écouter et non plus délivrer sa solution, et s’obliger à déléguer », relate la DRH.

 

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Un an plus tard, Plastigray commence à recueillir des retombées concrètes. Par exemple, pour l’embauche définitive de trois intérimaires, le choix a été fait avec l’avis de la coordinatrice de l’atelier concerné qui sentait l’équipe plus apte à travailler avec telle personne plutôt qu’avec telle autre.

 

D’autres décisions ont été prises en commun, en particulier le calcul des primes de participation, la période de fermeture estivale de l’entreprise, la gestion du temps de travail. Des investissements ont été réorientés, comme l’achat de nouvelles presses à injecter moins bruyantes.

 

Productivité et motivation des collaborateurs

 

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Emmanuel Gauss, au centre, directeur général de Plastigray et Raphaël Viviant (à gauche), le directeur de la production, pendant la visite. © Traces Ecrites.

 

Pour élargir l’impact des ateliers de travail et attirer de nouvelles adhésions, l’état d’avancement des projets est porté à la connaissance de tous, sur des panneaux dans l’atelier, mis à jour toutes les six semaines. Les axes de progrès forment autant de pétales d’une fleur : avantages sociaux, conditions de travail, organisation, gestion des compétences etc.

 

Au-delà de ces sujets importants, l’expérience a permis selon la direction, de traiter les « petits cailloux dans la chaussure qui empoisonnent le quotidien de chacun », indique Raphaël Viviant, directeur de la production.

 

panneauA la fin de l’année, un bilan sera délivré après une enquête de satisfaction des salariés. Quelque soit le résultat, Emmanuel Gauss affirme vouloir poursuivre le travail sur la santé et la sécurité et « de toute façon communiquer ».

 

L’expérience de l’entreprise alimente par ailleurs une étude en cours avec l’organisation professionnelle Alizé Plasturgie et quatre autres industriels qui veulent expliciter les liens entre productivité et motivation des collaborateurs.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Haute-Saône, management, plasturgie, conditions de travail, Gray, innovation sociale, Plastigray, Bourgogne Franche-Comté, Allizé-Plasturgie Bourgogne Franche-Comté, RSE

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