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L’horloger Utinam veut passer du modèle start-up à celui de PME

Publié par Monique Clémens, le 17 janvier 2017

HORLOGERIE/BESANÇON. En 2017, la petite entreprise spécialisée dans les horloges contemporaines et monumentales change de dimension.
Après avoir ouvert un concept-store en face du Musée du Temps - qui fait une belle place à d’autres horlogers créateurs -, Philippe Lebru, son créateur, s’apprête à accueillir un actionnaire, à ajouter des complications à son mouvement, à embaucher trois personnes de plus et à ouvrir un site de vente en ligne.
2017, l’année du décollage pour le précurseur du renouveau horloger à Besançon ?

 

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L'atelier au fond de la boutique et à gauche, gros plan sur le mécanisme des horloges comtoises version Philippe Lebru.

 

Dans l’atelier de fabrication, de montage et de pendulerie installé depuis 24 ans dans la friche industrielle de la Rhodiaceta, à Besançon, devenue friche artistique, une petite armée d’horloges Hortense et Pop’Up de toutes les couleurs se dresse fièrement, comme de bons petits soldats.

 

Le tic-tac des mouvements maison répond au bip-bip des instruments de chronométrie servant à ajuster le balancier. C’est ici que Philippe Lebru dessine, conçoit, assemble et ajuste ses horloges de parquet ou murales très librement inspirées des horloges comtoises.

 

Chaudronnier de formation, il est tombé dans la marmite de l’horlogerie en 1993 et n’en est plus jamais ressorti. Il avait lancé Utinam en créant des montres insolites (aux aiguilles tournant à l’envers ou au cadran taillé dans une météorite) avant de se pencher sur l’horloge contemporaine puis monumentale.

 

Artisan majeur du renouveau de l’horlogerie bisontine, il veut aujourd’hui passer d’un mode de fonctionnement de start-up à celui d’une PME, et pour cela s’apprête à accueillir un actionnaire.

 

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Car depuis 2015, les choses s’accélèrent chez Utinam. Cette année-là, son créateur était parti installer à Tokyo, sur la façade d’un grand magasin, l’horloge monumentale commandée par un Japonais tombé sous le charme de celles qu’il avait créées à Besançon pour l’arrivée du TGV Rhin-Rhône (gare TGV et place de la Révolution).

 

Fin 2015, ensuite, Philippe Lebru a ouvert une boutique-atelier au centre de Besançon qui vient de boucler son premier exercice plein. Verdict ?

 

« On tient l’objectif, on est même un peu au-dessus, l’affaire est viable », assure l’horloger. « La position géographique, en face du Musée du Temps, l’atmosphère qui s’en dégage, entre passé et futur, et l’atelier en fond de boutique, qui redonne une vérité à l’horlogerie bisontine, tout cela fonctionne. »

 

Les montres Utinam sont vendues exclusivement dans ce magasin, avec un horloger qui assure le montage au fond de la boutique. Il y a aussi quelques horloges maison, dont les dernières Pop’Up, plaquées de palissandre, gainées de cuir de crocodile, rouillées façon Corten ou transparentes comme le verre.

 

Montres à complications et et embauches

 

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La boutique-atelier a été symboliquement implantée en face du Musée du Temps à Besançon.

 

Montres et horloges maison représentent 50% du chiffre d’affaires. L’autre moitié est réalisée avec la production d’autres créateurs. « Fob Paris et March LA. B, par exemple, qui assemblent à Besançon mais aussi depuis quelques jours Olivier Jonquet, ou encore les Bisontins Humbert-Droz et Dodane », raconte Philippe Lebru.

 

« L’idée est celle d’un concept store avec une marque qui rayonne dans la capitale horlogère et s’entoure de créateurs de même acabit : de petites structures qui vivent de leurs créations horlogères en France, en Allemagne ou en Suisse. »

 

Boostée par son titre de manufacture horlogère obtenu en 2016 pour son mouvement de deuxième génération, la petite entreprise va maintenant pouvoir mettre au point des complications (fonctionnalités ajoutées au mouvement de la montre, fuseaux horaires, alarmes, rythme des marées etc.), en collaboration avec des étudiants de l’ENSMM, l’école d’ingénieurs micromécanique bisontine.

 

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Son plan de développement de 2017 prévoit aussi l’embauche de trois personnes : un développeur de marchés, un spécialiste de marketing, un technicien. Aujourd’hui, Utinam fait travailler quatre personnes (boutique comprise) pour un chiffre d’affaires de 500.000 €. Philippe Lebru vise le million d’€ en 2019.

 

Autres actualités toutes proches : l’ouverture d’un site de vente en ligne, courant février, et le salon mondial de l'horlogerie à Bâle, fin mars, pour la troisième année consécutive. « Mais cette fois dans le hall 1, le hall prestige, qui rassemble tous les créateurs de l’horlogerie mondiale. »


Une démarche artistique qui a du sens

 

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Montres et horloges maison représentent 50% du chiffre d’affaires. L’autre moitié est réalisée avec la production d’autres créateurs.

 

Précurseur du renouveau horloger à Besançon, Philippe Lebru connaît le tissu horloger local mais aussi l’état de la création française. A la question du réveil de l’horlogerie française, que l’ex-capitale horlogère pose de façon récurrente depuis quelques années, il apporte une réponse éclairée.

 

« Le renouveau ? Aujourd’hui je dirais oui, je le touche vraiment du doigt, avec de petites entreprises et de belles personnes, jeunes, talentueuses, qui y croient et qui veulent fabriquer en France même si, ramené à l’échelle mondiale, cela ne représente pas grand chose. Cela tient à quelques personnes mais depuis 24 ans cela n’a jamais été aussi pertinent. (…) »

 

« Il faut bien un début et on est dans un vrai début. Pas dans une démarche d’industrie lourde mais plutôt une démarche artistique et qui a du sens. Ce n’est pas du consensus mou, il y a des prises de risques de ces petites entreprises de une à dix personnes. »

 

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Philippe Lebru peut être considéré comme l'artisan du renouveau de l'horlogerie à Besançon.

Outre le talent, le renouveau tient aussi dans la forme, selon le dirigeant d’Utinam, avec des créateurs en chair et en os et non un vague concept de groupe, de vrais individus qui viennent à la rencontre des clients dans la boutique du 117, Grande Rue, et participent aux 24 heures du Temps.


« Des personnes à qui on peut serrer la main, pour moi c’est important. Le côté humain donne du sens au produit. »

 

Photos fournies par l'entreprise.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Besançon, horlogerie, Utinam, ENSMM, Philippe Lebru, Dodane, Bourgogne Franche-Comté, Reparalux

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1 réponse(s) à "L’horloger Utinam veut passer du modèle start-up à celui de PME"

  1. Mir Bentadit :

    Bravo à la jeune et talentueuse entreprise et à son créateur, vu il y a quelques années dans un salon au Louvre. Ayant préalablement apprécié dans une banque de Besançon une horloge Utinam Succès mérité à confirmer en France et étranger. M.B

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