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Made in Jura : le conseil départemental du Jura passe le relais aux chefs d'entreprises

Publié par Christiane Perruchot, le 26 octobre 2016

MARKETING TERRITORIAL/JURA. Les chefs d'entreprise du Jura prennent le relais du conseil départemental dans la promotion du label Made in Jura, dont le point d'orgue fut du 13 au 16 octobre dernier, le salon Made in Jura à Dole.

Exposant du salon, Traces Ecrites News est allée à la rencontre d'entrepreneurs qui ont livré leurs derniers développements.

Revue de salon : European Green Compound recycle les bidons en plastique en bacs à fleurs, clôtures et composteurs. Dixi Cylindre confirme son ancrage à Dole. L’imprimeur LIG investit 2 millions d’euros. Le groupe Francioli, artisan du nouveau hall exposition de Dole. Un food truck pour recréer de l’animation dans les villages. Missions RH pour TPE avec Elisabeth Dominiak.

 

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L'entreprise Emco à Dampierre fabrique des tapis de sols estampillés Made in Jura. © Traces Ecrites.


« La collectivité n'a plus vocation à s'occuper de développement économique suite à la loi NOTRe qui attribue cette compétence exclusivement aux Régions, mais le conseil départemental continuera à soutenir l’initiative »,  a déclaré Clément Pernot, président du conseil départemental du Jura, sans préciser de quelle façon il appuiera cette démarche de marque territoriale, dont le Département fut en 2003, un précurseur.


Déjà, l'association Made in Jura est portée par un pool de chefs d'entreprises, avec à sa tête, Laurent Chauvin, directeur général des Chalets Chauvin, à Mont-sous-Vaudrey. Une assemblée générale le 24 novembre designera un bureau élargi et les orientations à donner à cette politique de marketing territorial.

 

Un appel aux bonnes volontés est lancé. Ce qui est sûr : il n'y aura pas de salon Made in Jura en 2017, une trop lourde organisation pour devenir annuelle. Le salon qui a accueilli environ 50.000 visiteurs en quatre jours a été montée avec un budget de 240.000 € : 100.000 € provenant de la vente des stands et des partenariats, le reste étant financé par le conseil départemental.

 

Mais d'autres événements sont à imaginer afin de susciter l'adhésion des entrepreneurs « à cette marque ombrelle qui donne un sentiment d'appartenance à un territoire ».


Les adhérents sont aujourd'hui au nombre de près de 300. Le quart est constitué d'entreprises de moins de 5 salariés et un tiers n'en a aucun. Tous les secteurs sont représentés, avec une dominante pour la construction, le service et la mécanique.

 

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Laurent Chauvin, président de Made in Jura et directeur général de Constructions Chauvin, chalets en bois à Mont-sous-Vaudrey. © Traces Ecrites.

 

Les grandes entreprises, aujourd'hui peu nombreuses, sont aussi les bienvenues. Anselme Hoffmann, directeur d'Emco dont la maison-mère est allemande a témoigné de l'intérêt d'une marque territoriale même si le siège de l’entreprise se situe dans une autre région, voire à l'étranger.

 

Emco appose le label Made in Jura sur les tapis que l'entreprise fabrique à Dampierre. « Une production a été transférée d'Allemagne pour positionner le produit sur une gamme qualitative destinée au marché français », explique Anselme Hoffmann, le directeur.


La lunetterie et le jouet ont tout à y gagner, car à l’évidence ces secteurs traditionnels de l’économie jurassienne font appel depuis longtemps à une sous-traitance dans les pays moindre coût de main d’oeuvre.

 

Certains résistent et veulent prouver qu’une production locale est possible et rentable. A l’image de Brice Maitre, le créateur de La lunette Made in Jura, aujourd’hui vendue à environ 10.000 exemplaires par le réseau des Opticiens mutualistes. Son bureau d’études Concept Regard fait fabriquer les montures et les verres par des industriels locaux :  les montures chez Mandrillon à Saint-Pierre et les verres par Visioptimum à Lons-le-Saunier.

 

« Le label permet de résister à l'invasion des productions chinoises et le segment moyen de gamme est compris des consommateurs dès lors qu’il  leur est bien expliqué », estime le concepteur de la Lunette du Jura.

Dans le jouet aussi le label peut être un facteur de différenciation, estime Gilles Delatre,  dit Toyman, concepteur de jeux traditionnels et agent commercial de différents fabricants jurassiens de jouets en bois. « Quand je travaille en Suisse, Made in Jura prend une réelle signification », témoigne t-il.


Dans la nouvelle page que l’association est en train d’écrire, l’un des enjeux sera de définir avec précision les critères d’attribution du label Made in Jura.  A sa création, il a été établi que plus de la moitié de la fabrication doit être réalisée dans le Jura : « Il faudra se mettre d’accord sur cette notion, car une entreprise qui emploie plus d’une centaine de salariés pourrait y prétendre même si elle ne fabrique pas tout sur place ? », s’interrogent les animateurs de l’association.

 

LCR

 

 

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Didier Jalouzot a mis au point un composite PEHD et bois. © Traces Ecrites.

- European Green Compound recycle les bidons en plastique en bacs à fleurs, clôtures et composteurs.


Le nom n’est pas très jurassien, convient Didier Jalouzot, le créateur d'European Green Compound (EGC)  en 2012 à Publy, près de Lons-le-Saunier.

Il a mis au point un bio-composite à partir de plastique recyclé et de déchets de bois.

Provenant de la récupération de bidons usagés, les copeaux de plastique PEHD sont, une fois dépollués, mélangés à des fibres micronisées de bois issues, elles, des déchets de scierie.
« L’assemblage par extrusion de ces composants donne une molécule imputrescible et elle-même recyclable », explique le dirigeant qui situe son activité dans l’économie circulaire, dans un rayon d’une quinzaine kilomètres autour de Lons-le-Saunier.

Les bidons en plastique sont collectés par le Sictom du Jura, le syndicat de collecte des ordures ménagères, et transformés en copeaux par l’entreprise de collecte et de traitement de déchets industriels Chimirec Centre Est à Montmorot ; les déchets de bois proviennent de  la scierie Lignex à Patornay.
Cette matière première sert à fabriquer des produits finis pour le mobilier urbain : bacs à fleurs, poteaux, clôtures, panneaux d’affichage, et pour la petite construction : abris, brise-vue. Dernièrement, EGC a lancé un composteur collectif pour les immeubles de logements.

 

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- Dixi Cylindre confirme son ancrage à Dole.


Installée au Centre d’Activités Nouvelles (CAN) à Dole, pépinière d’entreprises gérée par Le Grand Dole, Cylindre SAS étudie une implantation propre, toujours dans l’agglomération. La décision de construire ses propres locaux, très certainement sur la zone d’activités Innovia, devrait être prise avant la fin de l’année.
Spécialisée dans l’usinage de précision, cette filiale du groupe suisse Dixi Cylindre, décolleteur au Locle, dans le canton de Neuchâtel (proche de la frontière avec le haut-Doubs) était arrivée à Dole en fin d’année dernière pour satisfaire un contrat avec un important client. Elle emploie une vingtaine de salariés.
Le groupe Dixi est déjà implanté en Franche-Comté depuis longtemps, avec Dixi Microtechniques à Besançon qui est en train de construire une nouvelle usine à Chaudefontaine, dans l’agglomération bisontine.

 

- L’imprimeur jurassien LIG investit 2 millions d’euros.

 

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Stéphane Cuisant sur son stand au salon Made in Jura. © Traces Ecrites.

 

Avec sa nouvelle encarteuse piqueuse, qui arrive au 15 novembre, Jean-Louis cuisant aura bouclé un programme de 2 millions d’€ d’investissement. Aux commandes de l’imprimerie familiale doloise depuis 2014, le dirigeant s’est aussi offert un logiciel de gestion de ses flux de production, une machine à fabriquer les plaques sans chimie et une presse offset travaillant à 18 000 feuilles par heure.

« Certains de nos matériels arrivaient en fin de cycle et je voulais améliorer la productivité, la qualité et le confort de travail pour nos dix collaborateurs », souligne Stéphane Cuisant. LIG, créée en 1988 par son père Jean-Louis a racheté au 1er janvier 2015 l’imprimeur haut-Saônois de Gray IVS. Les deux sociétés cumulent un chiffre d’affaires d’1,7 million d’€.

 

gctables- GC Tables veut donner un coup de jeune au meuble massif.

 

Repreneur de l'entreprise GC Tables que dirigeait Hubert Cattenoz, Pierre Marchand veut rajeuner la gamme de tables qu'il continue à fabriquer en bois massif à Ney, près de Champagnole.

Pour faire face à la concurrence du kit et du pas cher et à un segment de clientèle qui se rétrécit, le nouveau dirigeant entreprend d'ajouter de l'innovation à ce type de moblier tradiitionnel.

Les tables se déroulent à l'infini par un système d'allonges sur rail ou par emboîtement, comme cette table ronde qui se déplie sur une dizaine de mètres, un pied central en métal assurant son équilibre. Et pourquoi pas demain, grâce de la connectique.

Il s'est récemment entouré un jeune designer, également technicien du bois et revoit les canaux de distribution.

 

- Le groupe Francioli, artisan du nouveau hall exposition de Dole.


C’est à ce petit groupe familial, Francioli à Lavans-lès-Dole qu’est revenu la difficile tâche de transformer les 18.000 m2 de l’ancienne usine de sanitaires d’Idéal Standard à Dole en halle des expositions. Entreprise réussie, témoignent ceux qui connaissaient les lieux qui jouxtent  encore une activité de logistique de l’industriel belge.
Avec trois autres sociétés, Francioli SAS réalise un chiffre d’affaires de l’ordre de 8 millions d’€ : en plus de l’entreprise de gros oeuvre, il regroupe DBTP, une entreprise de terrassement et assainissement rachetée il y a quelques années, F2TP, fabricant d’éléments en béton et ARMA2F, fabricant d’armatures pour le béton.

 

 

- Un food truck pour recréer de l’animation dans les villages. 

 

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L’Intermède du Jura fait une campagne de financement participatif sur la plateforme régionale My Courte Echelle © Traces Ecrites.


Plus qu’un lieu de vente de produits du terroir jurassien, le commerce ambulant que Christiane Alonso veut concrétiser par le financement participatif a l’ambition de créer de l’animation dans les villages du Lédonien où il circulera au printemps prochain.
« Je suis en train d’établir des partenariats avec des communes pour faire un circuit régulier qui devienne un rendez-vous pour la population ; des tables à la belle saison inviteront les gens à s’attarder une fois leurs achats réalisés comme ils le faisaient lorsqu’il y avait des commerces ou un bistrot », explique la porteuse de projet à qui il manque 5.400 € afin de compléter son budget de 20.000 € pour acheter non seulement le camion (d’occasion), mais aussi une banque réfrigérée et une machine à café.
Son projet L’Intermède du Jura est accueilli jusqu’au 12 décembre sur la plateforme régionale de financement participatif My Courte Echelle créée par un collectif d’entrepreneurs et de collectivités locales franc-comtoises. Il a déjà financé un autre projet présent au salon, Jura Folle Des Burgers, food-truck qui circule dans les environs de la station des Rousses.

 

Ecole des vins

 

- Missions RH pour TPE avec Elisabeth Dominiak.

 

Après une carrière dans la logistique et les ressources humaines, Elisabeth Dominiak lance à Arbois où elle réside, une activité de consultante en ressources humaines, spécifiquement pour les TPE de Bourgogne-Franche-Comté.

« Les petites entreprises n'ont pas toujours la possiblité d'embaucher un responsable du personnel, je leur propose de remplir cette mission » : recrutement, nouvelles lois sociales, modulation du temps de travail, dossier pénibilité..., sont quelques-unes de ses compétences exercées en profession libérale, sous son nom.

 



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises
Territoires

Mots-clés : Made in Jura, Ressources humaines, marketing territorial, IVS, salon Made in Jura, European Green Compound, Dixi Cylindre, imprimerie LIG, Francioli, Elisabeth Dominiak, L’Intermède du Jura, My Courte Echelle, GC Tables, Laurent Chauvin

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