L’Ecomusée d’Alsace lance un appel à dons pour sauver un ancien séchoir à tabac

Publié par Julie Giorgi, le 18 janvier 2018

PATRIMOINE/ALSACE. L’Écomusée d’Alsace a lancé une campagne de souscription publique destinée à sauver un séchoir à tabac datant du début du XIXe siècle.
Soutenue par la Fondation du Patrimoine, cet appel à dons doit servir à restaurer et démonter ce bâtiment basé sur la commune de Lipsheim, au sud de Strasbourg et à le remonter sur le site de l’Ecomusée à Ungersheim, près de Mulhouse.

 

sechoiralsacetete
Le séchoir à tabac situé à Lipsheim, dans le Bas-Rhin, va être démoli et reconstruit dans l'Ecomusée d'Alsace, à Ungersheim, près de Mulhouse. © Écomusée d'Alsace.

 

Au XVIIIe et XIXe siècle, le tabac noir alsacien a participé à l’essor économique de la région. Mais depuis les années 1970, cette activité a fortement chuté, même s’il reste encore quelques producteurs et industries dans le domaine.

 

A Lipsheim, dans le Bas-Rhin, le séchoir à tabac situé en plein cœur du village, a cessé son activité depuis 1958. Voyant son état se dégrader, ses propriétaires ont souhaité l’offrir à l’Ecomusée d’Alsace pour lui redonner une seconde vie.

 

« Le devis pour la restauration et le transfert de ce bâtiment sur notre site était au-delà de nos capacités financières », raconte Eric Jacob, le directeur de l’Ecomusée d’Alsace situé à Ungersheim, près de Mulhouse. Ne baissant pas les bras, les propriétaires du séchoir se sont alors rapprochés de la Fondation du Patrimoine.

 

Sur un budget total estimé à 75.000 €, celle-ci a accordé une subvention de 35.000 € avec son programme national “Patrimoine Emploi”. Afin de trouver les 40.000 € restants, l’Écomusée et la Fondation du Patrimoine ont lancé conjointement le 15 décembre 2017, une campagne d’appel à dons vers tous les Alsaciens et au-delà de la région, aux amoureux du patrimoine.

 

cfailorraine

 

Les travaux qui consistent à démonter et remonter le séchoir seront assurés par six personnes de l’association d’insertion Patrimoine et Emploi, basée à Husseren-Wesserling (Haut-Rhin), avec l’appui d’un maçon et d’un charpentier de l’Écomusée. Le chantier espère aussi obtenir le soutien et l’aide des Compagnons du devoir. A condition d’avoir réuni 90% du budget, les travaux doivent démarrer en avril et se terminer en octobre prochain.


« Tous les acteurs que nous avons rencontrés nous confirment qu’il s’agit d’une opération remarquable. Elle envoie des messages de solidarité et de préservation de nos racines, tout en les projetant dans l’avenir », affirme Eric Jacob.


Le bâtiment viendra ainsi compléter les collections du plus grand musée de plein air français. Il accueillera une exposition sur l’histoire de l’industrie du tabac en Alsace aux XIXe et XXe siècles et sera utilisé pour faire sécher du tabac et du houblon car l’Ecomusée possède des champs de tabac et de houblons exploités par des agriculteurs.


L’histoire pour mieux questionner le présent

 

ecomuseezoom
Le bâtiment qui n'a plus d'activité depuis 1958 s'est fortement dégradé. © Écomusée d'Alsace.

 
Le séchoir à tabac s’inscrira parfaitement dans le projet “Théâtre de l’agriculture”, démarré à l’Écomusée en 2016. Il s’agit d’un parcours avec des panneaux explicatifs sur l’évolution de l’agriculture depuis le début du XXe siècle : le passage des animaux au machinisme, le productivisme, les conséquences sur l’état des sols, etc.

 

« Nous essayons de raconter le passé tout en nourrissant des débats sur l’agriculture de demain. Car certaines pratiques et certains savoir-faire restent pertinents aujourd’hui dans l’objectif de mieux produire et s’alimenter », explique le directeur.

 

L’emplacement exact du séchoir n’est pas encore défini, mais le chantier sera visible dans toute sa durée aux visiteurs de l’Ecomusée « pour que les gens se rendent compte que ce patrimoine peut être sauvé », poursuit le directeur. Qui rappelle aussi que cette opération de transfert vers un autre lieu reste exceptionnelle.

 

LCR

 

ecomuseedirecteur
Eric Jacob, directeur de l'Écomusée. ©Ecomusée.

« Le bâti traditionnel doit rester où il est. Le patrimoine doit être préservé. A nous de réfléchir pour en trouver d’autres usages. C’est ce qui constitue notre attractivité touristique n°1 et pourtant 300 à 400 maisons alsaciennes traditionnelles continuent d’être démolies tous les ans, selon les chiffres de l’Asma (Association pour la sauvegarde de la maison alsacienne ndlr). Que va-t-on léguer aux générations du XXIIe siècle ? », met en garde Eric Jacob.

 

Les questions autour du patrimoine traditionnel impliquent un ensemble d’enjeux culturels, sociétaux et économiques tout à fait actuels.

 

Si vous souhaitez accompagner cette restauration :

https://www.fondation-patrimoine.org/les-projets/sechoir-a-tabac-de-lipsheim



Roger Martin BTP
Article classé dans : Territoires

Mots-clés : Alsace, Mulhouse, Grand Est, patrimoine, Strasbourg, financement participatif, Fondation du patrimoine, Écomusée d’Alsace, Patrimoine et Emploi, entreprise d'insertion, séchoir à tabac

Découvrez également les articles associés :

Naissance de la SEM Henri Poincaré : l'économie mixte comme outil du développement économique dans le Grand EstNaissance de la SEM Henri Poincaré : l'économie mixte comme outil du développement économique dans le Grand Est
Are you Made in Jura ? Sept entreprises qui se développent à Dole  le revendiquentAre you Made in Jura ? Sept entreprises qui se développent à Dole le revendiquent
Avec les derniers équipements de l’Institut Image et le projet de Cité du numérique, Chalon-sur-Saône amplifie sa vocation sur l’image Avec les derniers équipements de l’Institut Image et le projet de Cité du numérique, Chalon-sur-Saône amplifie sa vocation sur l’image
En Saône-et-Loire, Mecateamcluster inaugure la première halle mutualisée de maintenance ferroviaireEn Saône-et-Loire, Mecateamcluster inaugure la première halle mutualisée de maintenance ferroviaire

Commentez !


Combien font "10 plus 6" ?

Envoyer votre commentaire