L’association A.M.I.E 55 donne ses lettres de noblesses à l’insertion par l’activité économique

Publié par Philippe Bohlinger, le 11 janvier 2018

SOCIAL/MEUSE. Prestataire de service pour l’industrie, le BTP ou encore les éco-organismes, l’A.M.I.E 55 a créé 92 emplois à plein-temps principalement dans le département de la Meuse.
Elle conditionne papiers, vêtements et cartons issus du recyclage pour le compte d’industriels du Grand Est.
Son entreprise d’insertion intervient également dans la gestion des déchets de chantier, comme dernièrement au siège régional de la Banque Populaire à Metz.

 

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L’A.M.I.E 55 exploite une ressourcerie en face de la déchetterie intercommunale de Bar-le-Duc (Meuse). © Philippe Bohlinger.

 

A l’instar de l’Association meusienne d’information et d’entraide (A.M.I.E 55), le secteur de l’insertion par l’activité économique (IAE) se saisit des enjeux de recyclage dans le BTP. La loi de transition énergétique du 17 août 2015 a en effet fixé l’objectif ambitieux de revaloriser 70% des déchets de chantier à l’horizon 2020.

 

Basée dans l’agglomération de Verdun, à Belleville-sur-Meuse, l’A.M.I.E 55 s’est positionnée depuis plusieurs années sur ce champ. Acteur incontournable de l’insertion par l’activité économique en Lorraine, ce n’est pas un hasard si la Banque Populaire d’Alsace, Lorraine et Champagne (BPALC), lui a confié les fenêtres quasiment neuves d’un bâtiment voué à la démolition dans le cadre de la reconstruction de son siège à Metz.

 

Les menuiseries récupérées ont été valorisées pour bâtir le nouveau siège social de l’association, et à aménager des logements modulaires sur des terrains familiaux des gens du voyage.

 

Fondée en 1981 pour accueillir les sans domiciles fixes, sortants de prison ou encore jeunes marginaux, l’Association Meusienne d’Information et d’Entraide a rapidement investi dans leur réadaptation en misant sur l’insertion par l’activité économique.

 

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Elle emploie actuellement 92 équivalents temps pleins dont 77 en insertion. Outre la gestion d’un centre d’hébergement, elle compte 6 chantiers d’insertion et une entreprise d’insertion EIMA (Environnement Initiative Multi Activités) au statut de société coopérative. Cette dernière emploie 27 équivalents temps plein en insertion pour un chiffre d’affaires de 1,3 million d’€ en 2016.

 

« Nous avançons pas à pas en essayant de diversifier nos activités pour ne pas subir les aléas de nos différents marchés. L’association a également une vision prospective en cherchant à anticiper les évolutions règlementaires susceptibles de générer de nouveaux débouchés », analyse Jean Rizk, le directeur de l’A.M.I.E 55.

 

Veille sur les nouveaux débouchés

 

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Ancien chaufferie-livreur, Richard, 54 ans, fait partie des onze salariés en insertion de la ressourcerie. © Philippe Bohlinger.

 

Les objectifs de la loi de transition énergétique devraient booster l’activité de valorisation des déchets du BTP, encore balbutiante. « Nous sommes notamment intervenus en 2014-2016 sur l’agglomération de Nancy en sous-traitance d’Eiffage Construction dans le cadre du réaménagement d’un cabinet comptable en 20 logements », poursuit Jean Rizk.

 

Actuellement, l’essentiel du chiffre d’affaires de l’entreprise d’insertion est généré par le traitement du petit appareillage électrique et électronique en mélange issu de la collecte sélective. Pas moins de 13 salariés s’y attèlent en sous-traitance d’Envie 2E, co-titulaire du marché, sur le site de Derichebourg à Pagny-sur-Meuse (Meuse). EIMA est également positionnée sur les chantiers de construction et rénovation en second œuvre, en grande partie sur des marchés privés.

 

Les chantiers d’insertion ne sont pas en reste. A Bar-le-Duc, préfecture de la Meuse, l’un assure le conditionnement de déchets à destination d’industriels : les vieux papiers rejoignent le fabricant de pâte à papier recyclée Greenfield, les vêtements usagers le centre de tri Vosges TLC, les cartons la société DS Smith Kaysersberg.

 

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Les collectivités territoriales comptent aussi parmi ses clients. Pour la communauté d’agglomération Meuse Grand Sud, elle exploite depuis avril 2017 une ressourcerie, à proximité de la déchetterie intercommunale de Bar-le-Duc.

 

Le concept, en vogue, associe un atelier de rénovation d'objets issus de la récupération à un magasin de vente. Depuis son ouverture, 23 tonnes ont été sauvées d’une incinération ou d’un enfouissement certain et onze temps pleins ont été créés.

 

« Notre objectif premier consiste à professionnaliser les salariés sur une fonction de leur choix qui ne correspond pas forcément au poste qu’ils occupent à la ressourcerie » livre Laury Hochet, responsable de l’insertion à l’A.M.I.E 55. En effet, l’agrément pour les contrats à durée déterminée d’insertion (CDDI) n’est délivré par Pôle emploi que pour deux ans maximum...

 

Réfugiée syrienne et ingénieur-chimiste de formation, Dima est actuellement cheffe d’équipe en insertion à la ressourcerie. Elle va préparer une formation d’encadrant technique d’insertion sur un an.

 

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© Philippe Bohlinger.

Qui est Laury Hochet ?


Recruté en février 2017 par l’A.M.I.E 55 au poste de responsable de l’insertion, Laury Hochet a une conscience aigüe des enjeux de qualification des salariés pour réussir, dans un second temps, leur intégration sur le marché de l’emploi « traditionnel ».


Il a en effet été formateur pendant dix ans à l’AFPA (l’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes) dans le domaine de la sécurité au travail.


Le jeune responsable est également attaché à professionnaliser l’image des chantiers auprès de ses clients tout en gardant à l’esprit que l’insertion par l’économique « n’est pas positionnée sur un modèle économique, mais sur un modèle humain ».



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Grand Est, Meuse, DS Smith Kaysersberg, Banque Populaire Alsace Lorraine Champagne, ssociation meusienne d’information et d’entraide, A.M.I.E 55, insertion par l'économique, Environnement Initiative Multi Activités, Greenfield, Vosges TLC, communauté d’agglomération Meuse Grand Sud

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