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L’année économique 2017 en Bourgogne-Franche-Comté et dans le Grand Est vue par Traces Ecrites News. 3/3.

Publié par La Rédaction, le 05 janvier 2018

ECO)BREF. Troisième et dernier volet de la rétrospective 2017 de l’actualité économique en Bourgogne-Franche-Comté et dans le Grand Est.
La maroquinerie de luxe se porte bien. Des usines en suspens à Dijon, dans la Nièvre et à Mulhouse. L’industrie du futur trace sa voie. Des investissements en Lorraine, dans les Ardennes, et dans le Doubs. Dijon confie à Bouygues son devenir de ville connectée.


• La maroquinerie de luxe se porte bien.

 

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Le 3ème atelier de la maroquinerie Hermès en Franche-comté, dont la construction s'achève sur la zone de Technoland, dans le Pays de Montbéliard. © Traces Ecrites.


La maroquinerie SIS surfe sur la bonne santé du marché du luxe et construit deux nouvelles manufactures, l’une à Avoudrey, le village du Doubs où elle est née en 1998, l’autre non loin de là, à Etalans.
L’entreprise compte aujourd’hui 840 salariés et pourrait atteindre le millier d’ici 2020 avec les deux nouvelles constructions, Etalans devant être livrée l’été 2018 et Avoudrey, à la fin de l’année. Pour de la main d’oeuvre, malgré la création de sa propre école de maroquinerie.

Toujours en Franche-Comté, une nouvelle manufacture d’Hermès doit ouvrir au printemps 2018. Construite dans la zone de Technoland, dans le Pays de Montbéliard, elle deviendra le 3ème site de fabrication du couturier installé depuis longtemps à Seloncourt (Doubs) - en 1996 - , et depuis 2016, à Héricourt (Haute-Saône). Avec les 280 personnes qui devraient à terme être embauchées, la filière cuir comptera près de 800 personnes dans le nord Franche-Comté.


• Des usines en suspens à Dijon, dans la Nièvre et à Mulhouse.

 

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La Chocolaterie de Bourgogne fabrique des confiseries, des tablettes de chocolat et des barres de céréales. © Chocolaterie.

 

Le 11 janvier 2018 est très attendu pour les 185 salariés de la Chocolaterie de Bourgogne à Dijon qui a connu 4 propriétaires en 10 ans. Seul à avoir présenté une offre à la dernière audience du tribunal de commerce fin 2017, l’espagnol Lacasa (chiffre d’affaires de 150 millions d’€, 700 salariés) est invité à « améliorer son offre ». Il propose de ne conserver qu’un quart de l’effectif.
Déjà reprise à la barre du tribunal en 2015 par un consortium formé des fonds d’investissements néerlandais Varova et Nimbus, accompagnés de Plot Enterprise Ghana Limited, fournisseur africain de cacao, l’entreprise n’a pas réussi à réduire ses pertes.

 

Dans la Nièvre, la vente par Vallourec, fabricant de tubes sans soudure, de son activité Produits de forage au groupe américain National Oilwell Varco (NOV), exclut Vallourec-Drilling à Cosne-sur-Loire qui emploie 120 personnes. Vallourec a missionné un cabinet pour trouver un repreneur « dans les deux mois ». Le site a comptabilisé en 2017, 800 heures chômées et déjà subi une réduction d’effectifs de 84 personnes.

 

A Mulhouse, l’équipementier d'armement Manurhin a obtenu le 6 décembre 2017 la prolongation pour six mois de sa période de sauvegarde judiciaire, statut sous lequel il a été placé en juin dernier.

Pour la direction de l'entreprise de 190 salariés, le délai « permettra de poursuivre les discussions en cours avec un industriel européen de premier plan du secteur de la défense, en vue d'assurer la pérennité des activités ».

Sans donner le nom de ce partenaire... Manurhin est détenu majoritairement (52 %) par son management depuis le retrait, début 2016, des actionnaires publics Bpifrance et Giat Industries.

 

BPALC


• Les deux sites de Francéole poursuivent leur route séparément.

 

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Francéole fabrique encore des mâts d'éoliennes à Dijon, mais l'usine du Creusot est reconvertie dans la construction métallique. © Traces Ecrites.

 

En dépôt de bilan pour la seconde fois en 5 ans, le fabricant de mâts d’éoliennes Francéole est cédée en deux parties. Les ateliers du Creusot (anciennement Siag) sont repris en septembre 2017 par le constructeur d’ouvrages d’art Matière (Cantal) : ils ne fabriqueront plus de mâts d’éoliennes mais des ponts métalliques.
Le mois suivant, Francéole à Dijon est cédé au fonds d’investissement néerlandais Nimbus (qui possède une partie du capital de La Chocolaterie de Bourgogne) et poursuit l’activité d’origine avec 55 salariés.

L’entreprise avait été reprise en 2013 à la barre du tribunal de commerce par Jean-Pierre Gorgé, via son holding Pélican Venture.

 

Nicéphore Cité

 

• ArcelorMittal investit 67 millions d’€ à Florange.

 

ArcelorMittal Atlantique Nord a annoncé en septembre 2017 un investissement de 67 millions d’€ sur son site de Florange (Moselle). Il porte sur un changement de technologie. A l’horizon 2019, une ligne de galvanisation permettra de produire des aciers de grande largeur (1,85m) au rythme de 600.000 tonnes par an.

 

• Le forgeron Manquillet-Parizel investit 4 millions d’€ dans les Ardennes.


Pièce maîtresse d’un îlot de fabrication fortement automatisé, mis en service en septembre 2017, un marteau-pilon de 25 tonnes devrait ouvrir d’autres marchés que le ferroviaire à cette PME familiale implantée à Hautes-Rivières (Ardennes). Ce nouvel équipement lui permet de forger des pièces de 50 à 100 kg.
Manquillet-Parizel (chiffre d’affaires de 11 millions d’€, 90 salariés) a investit 4 millions d’€ pour diversifier sa clientèle constituée essentiellement des équipementiers et fabricants de matériels roulants (Alstom, Knorr-Bremse).

 

LCR

 

• Le Lorrain Cetal agrandit ses ateliers pour 6 millions d’€ et concrétise une croissance externe en Alsace.

 

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L'atelier de laquage de Cétal. © Cétal.

 

Le fabricant de portails et clôtures en aluminium a inauguré en novembre 2017 une extension de 4.000 m2 de son unité de production (12.000 m2 au total) installée dans la zone d’activités de Velaine-en-Haye (Meurthe-et Moselle), une ancienne base de l’OTAN.
L’investissement s’élève à 6 millions d’€, un gros challenge pour cette menuiserie d’une centaine de salariés (chiffre d’affaires de 15 millions) qui vient de faire une croissance externe en Alsace, avec le rachat du fabricant de volets Volpro (chiffre d'affaires de 1,5 million d'€) à Spechbach-le-Bas (Haut-Rhin).

 

• Delfingen implante un centre d’expertise technique du tube dans le Doubs.

 

Delfingen, l'équipementier automobile qui emploie 2.000 salariés dans le monde dont plus de 200 à Anteuil (Doubs) officialise un projet de centre d’expertise technique du tube qui devrait engendrer une centaine d’embauches d’ici 3 ans. Les postes porteront essentiellement sur des ingénieurs et autres profils hautement qualifiés pour la R&D.

 

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• L’industrie du futur trace sa voie.

 

CEA Tech Metz, l’une des six plateformes régionales de l’accélérateur de l’innovation au service de l’industrie mis en place par le CEA (Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives) et l'Etat suite à la fermeture d'ArcelorMittal à Florange, en 2013, a inauguré en janvier 2017 ses installations dédiées à l’usine du futur, sur le site de PSA Trémery (Moselle).

Parmi les autres partenaires industriels de cette plateforme de 1.000 m2 baptisée FFLOR pour Future Factory @ Lorraine, le fabricant allemand de colonnes de direction Thyssenkrupp, le fabricant vosgien de cuisines en kit WM 88, le chaudronnier Fives-Nordon et l'Alsacien Sew Usocome.

 

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Le vosgien WM88 étudie sur la plateforme CEA Tech Metz, l’intégration d’un cobot sur une ligne de packaging de ses cuisines en kit. © Jérôme Baudouin.


Chez Plast-Moulding à Besançon, l’usine 4.0 s’illustre par l’intégration d’un logiciel MES (Manufacturing Execution System) de suivi de la production.

Conçu pour relier l’opérateur aux autres composantes de la chaîne numérique, il associe l’amélioration de la compétitivité et une démarche d’amélioration continue des processus.

Dans l’usine bisontine d’injection plastique pour l’automobile (48 salariés pour un chiffre d’affaires de 8 millions d’€), chaque îlot est équipé de deux écrans dotés de codes couleurs qui informent de l’arrêt des machines.

 

Chez Flowtec (groupe suisse Endress+Hauser) à Cernay (Haut-Rhin), loin d'une usine 4.0 qui déploierait une profusion de robots, la digitalisation vient s'instiller dans le process.

Elle s'incarne en quelques équipements comme une nouvelle découpeuse de pièces, mais se met surtout au service d'un mot-clé : la traçabilité.
Chaque pièce dispose d'une étiquette de traçabilité scannée sur un smartphone qui permet de remonter jusqu'à la première coulée de matériau, indique Thierry Weissgerber, le directeur du site qui emploie 330 salariés.
Le process de fabrication passe des postes de contrôle de la conformité de la qualité des composants et des produits finaux par rapport à l'ordre de commandes.

 

 

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Les deux espaces “Usine du futur” du Pôle de formation des industries technologique de l'UIMM Lorraine sont représenté un investissement de 780.000 € cofinancé par la Région Grand-Est, la taxe d’apprentissage des entreprises et l’organisme collecteur agréé pour l’industrie de la métallurgie. © Philippe Bohlinger.

 

Le développement des technologies de l'industrie du futur s'accompagne de formations dont l'UIMM Lorraine (Union des industries et métiers de la métallurgie) a décidé d'en être le porte-drapeau dans le Grand Est. Son Pôle de formation des industries technologiques a  inauguré en décembre 2017 deux espaces ”Usine du futur” sur ses sites de Maxéville (Meurthe-et-Moselle) et Yutz (Moselle).

Les équipements industriels fournis par Schneider Electric consistent en une succession d’îlots dédiés à la fabrication additive, à la cobotique, à la maintenance par la réalité virtuelle, etc.

Ils servent d’outils pédagogiques aux élèves du centre de formation des apprentis de l’industrie (CFAI), de l’association pour la formation continue des salariés (AFPI) et accueille des élèves ingénieurs en alternance venus de 6 écoles au travers de l’Institut des techniques d’ingénieur de l’industrie (ITII).

 

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Cetim-Cermat a imaginé une ligne révolutionnaire de revalorisation des thermoplastiques, offrant des matériaux nettement plus résistants que ceux d’origine. En dehors du process de recyclage (Thermosaïc®), inspiré de la fabrication des panneaux de bois lamellés, la ligne produit des composites thermoplastiques, selon la technologie ThermoPRIME®. Il s’agit d’associer des renforts de fibres longues, fibres de verre par exemple, ou de tissus, avec des matières plastiques de recyclage pour produire des composites. Ces derniers offrent une résistance mécanique cinq à dix fois supérieure. Les équipes du Cetim sont ici intervenues en matière d’estampage des composites. © Traces Ecrites.

 

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• Création d’une Place Financière Bourgogne-Franche-Comté.

 

Après Nancy, Strasbourg et Châlons-en-Champagne, une Place Financière est née en octobre 2017 en Bourgogne-Franche-Comté. Cette sorte de communauté de la finance est sensée fédérer toutes les institutions financières au bénéfice de l’entreprenariat régional.

Deux chefs d’entreprises la président : le Bourguignon Jean-Philippe Girard, PDG d’Eurogerm à Dijon et président de l’ANIA (Association nationale des industries agroalimentaires), et le Franc-comtois Emmanuel Viellard, président de Lisi Automotive à Grandvillars (Pays de Montbéliard).

 

• Dijon confie à Bouygues son devenir de ville connectée.

 

Dijon Métropole a attribué pour 12 ans au groupement composé de Bouygues Energies & Services (filiale de Bouygues Construction), mandataire, et Citelum (filiale du groupe EDF), avec Suez et Capgemini, un contrat de conception, réalisation, exploitation et maintenance (CREM) d’un poste de pilotage connecté des équipements de l’espace public des 24 communes de l’agglomération.
L’investissent annoncé s’élève à 105 millions d’€, Dijon Métropole engageant en complément 53 millions qui porteront en plus du poste de pilotage, des équipements de connection des bus aux feux tricolores, de sécurité (caméras, sécurisation des bâtiments publics), des éclairages connectés, 140 km de fibre optique et des capteurs de température et de pollution.

 

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• La friche industrielle Rhodiaceta en voie de disparition.

 

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La ville de Besançon a mis des années à récupérer la maîtrise du devenir de cette friche industrielle, située à l'orée du centre-ville. © Jean-Charles Sexe.


Début 2019, il ne restera plus rien ou presque des 60.000 m2 de bâtiments abandonnés de la Rhodiaceta à Besançon, depuis 1982, date de l’arrêt de l’activité de Rhône-Poulenc qui fabriquait là du fil polyester et nylon.

La ville qui veut faire un parc urbain naturel de ce site de 5 hectares situé le long du Doubs, a démarré en juillet 2017, les travaux de désamiantage évalués à plus de 2 millions d’€.

Les anciens ateliers des soieries de Chardonnet (l’entreprise originelle) ainsi que la “cathédrale” (une tour d’une vingtaine de mètres) seront conservés pour une affectation non encore déterminée.

 

• Le Clos de Tart vendu à un prix record pour le vignoble bourguignon.

 

Il comptait déjà parmi les vins les plus chers du monde ; ses amateurs vont être encore davantage triés sur le volet. Le vignoble du Clos de Tart, 7,5 hectares d''un monopole en grand cru Côte de Nuits à Morey-Saint-Denis, est racheté par la famille Pinault qui possède le groupe de luxe Kering (Gucci, Yves Saint-Laurent, Boucheron).

Le montant de la transaction qui sera effective début 2018 n’a pas été communiqué, mais les chiffres de 250 voire 270 millions d’€ circulent.
La famille Pinault, ou plus exactement sa société d'investissement Artémis, possèdait déjà les 6,5 hectares du domaine d’Eugénie, à Vosne-Romanée, toujours dans la Côte de Nuits et depuis 2012, quelques rangs de vignes dans le Montrachet.

 

BGE

 

• La Cité des vins de Bourgogne sur les rails.

 

Double bonne année 2017 pour les vins de Bourgogne : le retour d’une récolte “normale” avec une estimation de production à 1,45 million d’hl (mis à part le vignoble de Chablis, dans l’Yonne, durement touché par le gel et la grêle), et le bouclage du dossier de la Cité des vins, ouvert il y a 3 ans avec l’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco des Climats de Bourgogne.

Le Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté est le plus important financeur de ce projet de 16,6 millions d’€, avec 4 millions d’€, suivi du Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgone (BIVB) pour 3,5 millions, le conseil départemental de la Côte-d’Or, la ville de Beaune et l’agglomération Beaune Côte et Sud pour chacun 2 millions d’€.
La Cité des vins et des climats de Bourgogne occupera trois lieux. Beaune accueillera le plus gros équipement (3.500 m2), construit à proximité du palais des Congrès. Les deux autres cités seront installés à Chablis, dans l’Yonne, et à Mâcon, en Saône-et-Loire.

 

• Jean Rottner, nouveau président du Conseil Régional du Grand Est.


Le maire (Les Républicains) de Mulhouse depuis 2010, âgé de 50 ans, succède le 20 octobre 2017 à Philippe Richert. Elu président du Conseil Régional du Grand Est en 2016, l’ancien ministre des collectivités territoriales sous le gouvernement Fillon, se sentant accusé de ne pas défendre l’Alsace (qu’il avait présidé de 2010 à 2015), abandonne la vie politique après 35 ans de mandats électifs, y compris son siège de conseiller régional.
Mulhouse trouve un nouveau maire en la personne de Michèle Lutz qui était première adjointe de Jean Rottner.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Eco)Bref

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