L’ancien hôpital de Besançon transformé en cité des savoirs et de l’innovation

Publié par Christiane Perruchot, le 05 mai 2017

URBANISME/DOUBS. Quasiment libéré des services hospitaliers, le site de Saint-Jacques, au centre-ville de Besançon, va faire l’objet d’une opération d’urbanisme de grande ampleur.
Baptisée “Cité des savoirs et de l’innovation”, elle pourrait devenir, selon les volontés de la ville,  « un marqueur territorial ».
Le centre hospitalier régional universitaire (CHRU), propriétaire des lieux, a lancé un appel à projet pour recruter un aménageur-promoteur.

 

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L'entrée de la cour d'honneur, visible depuis la rue formée par des bâtiments du 17ème siècle, qui pourraient devenir logements et bureaux. © CHRU.

 

Un appel à projet est en cours jusqu’au 19 mai concernant l’aménagement du site de l’ancien hôpital Saint-Jacques au centre-ville de Besançon. Le centre hospitalier régional universitaire (CHRU), propriétaire des sept hectares, veut recruter un aménageur-promoteur qui prendra réalisera l’opération.


Il devra s’entourer d’une équipe pluridisciplinaire formée d’un promoteur spécialiste de la reconversion de bâtiments historiques, d’un architecte-urbaniste, d’un architecte des monuments historiques et d’un paysagiste. Cinq équipes sont sélectionnées en juin et départagées en février 2018. La promesse de vente du foncier est prévue dans le milieu de 2018.


Associée à la réflexion, la ville de Besançon veut faire de ce morceau de centre-ville, situé à côté de l’hôtel de ville, « un marqueur territorial » de la cité. « Il s’agit d’une opération d’urbanisme majeure, mais son contenu est aussi important que la transformation physique du quartier », affirme Dominique Schauss, conseiller municipal délégué au projet.


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Son nom de baptême, “Cité des savoirs et de l’innovation”, résume son contenu. Il y aura bien sûr des logements - un potentiel de 350 à 600 -, mais aussi des équipements culturels et universitaires bien identifiés.


La proximité de l’Université des Sciences Humaines, en face, qui partage avec le CHRU la propriété du quartier de l’Arsenal, conduit à l’implantation d’une grande médiathèque de 12.000 m2. Elle va jumeler, par un accueil commun, une bibliothèque municipale et la bibliothèque universitaire.


Seront également réunis des établissements de formation : l’Ecole Supérieure de Professorat et de l’Education (ex-IUFM) sera transférée sur le site ainsi que le Centre Régional de Documentation Pédagogique (CRDP-Canopée) et le Centre de Linguistique Appliqué (CLA).


35.000 m2 de bâtiments historiques

 

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Image d'ambiance des lieux à forte connotation patrimoniale. © Traces Ecrites.

 

Le concept “Innovation” est illustré avec le Village By CA, la pépinière de start-up du Crédit Agricole installée provisoirement depuis quelques semaines sur le site universitaire, juste en face. Des bureaux pourront également accueillir de jeunes entreprises. Le programme comprend aussi un centre de congrès de 200 à 500 places, un hôtel et des commerces de proximité.


L’innovation doit aussi se traduire par la diversité des hébergements : résidence étudiante, pour séniors voire maison médicalisée.


Dans ce programme ambitieux, le CHRU cherche à optimiser la charge foncière afin de « préserver sa capacité à investir dans  la recherche, de nouveaux équipements et moderniser ses locaux », indique sa directrice générale Chantal Carroger.

 

Le centre hospitalier a investi ces dernières années près de 200 millions d’€ pour regrouper tous ses services sur le site de Minjoz, à l’entrée Est de Besançon. Les derniers services médicaux y ont déménagé l’année dernière.

 

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Quelques services administratifs demeurent au centre-ville, le temps de rénover la grande tour de bureaux Minjoz et de construire un nouveau bâtiment tertiaire. L’école d’infirmières et des sages-femmes attend, elle, de nouveaux locaux que le conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté doit lui construire dans le quartier des Hauts de Chazal, près du centre hospitalier.


La dimension urbanistique de l’opération située en secteur sauvegardé, prend tout son sens à la lecture des lieux. La suppression des murs d’enceinte va permettre aux Bisontins de se réapproprier un ensemble patrimonial qu’ils connaissent mal.

 

La moitié des 70.000 m2 de bâtiments sont classés ou inscrits Monuments Historiques. Le plus ancien - 16ème siècle -, est l’hôtel particulier Montmartin. La partie la plus important du patrimoine protégé remonte au 17ème siècle - date de construction sur la volonté d’Antoine-Pierre de Gramont, archevêque de Besançon en 1686 - et forme une cour carrée visible depuis la rue.

 

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L'apothicairerie de l'ancien hôpital restera accessible au public. © Traces Ecrites.

 

« Logements ou bureaux, nous n’avons aucun à priori pour les bâtiments protégés, nous laissons aux maîtres d’oeuvre toute liberté d’interprétation », indique Pierre-Yves Siramy, chef de projet au CHRU. Eligibles à la loi Malraux, une partie des bâtiments anciens offrent des opportunités de défiscalisation qui peuvent attirer des promoteurs spécialisés, estiment les porteurs du projet.

 

Au total, ce sont 80 à 85.000 m2 de surface de plancher qui seront, pour moitié réhabilités, pour l’autre reconstruits après démolition des bâtiments hospitaliers les plus récents.

 

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La ville va donner la priorité aux piétons à la place qui sépare les sites hospitalier Saint-Jacques et universitaire Arsenal. © La Fabrique Urbaine.


Un jardin public traversera les lieux jusqu’aux rives du Doubs, actuellement occupées par un parking. Un élément qui changera réellement la physionomie du quartier, tout comme la place Saint-Jacques, largementr endue aux piétons.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Territoires

Mots-clés : Besançon, urbanisme, promotion immobilière, Monuments historiques, Bourgogne Franche-Comté, CHRU Minjoz, Cité des savoirs et de l'innovation

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