L'Alsacien Sacred Europe investit dans le caoutchouc technique

Publié par Mathieu Noyer, le 10 mai 2017

CAOUTCHOUC/HAUT-RHIN. Installé dans le Haut-Rhin pour devenir fournisseur de PSA, le transformateur de caoutchouc a non seulement diversifié sa clientèle automobile avec des constructeurs allemands, mais a également réussi une diversification vers l'industrie électrique au bon moment, en pleine crise de 2008.

Afin de rester un fabricant de joints techniques performant pour l'industrie automobile et doper sa plus récente activité d'isolants en caoutchouc pour les transformateurs électriques, Sacred Europe investit 800.000 €.

 

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Une nouvelle machine faisant partie de la première phase d'investissement, terminée l’an dernier, d'un programme de 800.000 €. © Traces Ecrites.

 

Sacred Europe, c’est l’histoire plutôt exemplaire de l’une de ses nombreuses entreprises qui doivent au groupe PSA leur arrivée en Alsace, mais qui y su grandir par ailleurs sans délier la relation avec leur puissant client historique.

 

Transformateur de caoutchouc, le groupe français Sacred (Société d’application des caoutchoucs, des résines et dérivés) a créé cette nouvelle filiale en 1989 à Vieux-Thann (Haut-Rhin), pour livrer les usines PSA de Mulhouse et Sochaux, lui qui s’était développé dans la galaxie de Renault à partir de son siège normand (Saint-Lubin-des-Joncherets, en Eure-et-Loir).

 

La nouvelle unité avait reçu également pour mission de démarrer la prospection des constructeurs allemands. Un bon quart de siècle plus tard, ces objectifs sont atteints et le site s’est enrichi de nouvelles compétences, dans et hors de l’automobile.

 

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Un investissement de 800.000 € en deux phases - une première livrée en fin d’année dernière, une seconde étalée sur deux ans - aidé par le conseil régional du Grand Est, ainsi que des investissements complémentaires autofinancés, viennent donner des atouts supplémentaires.

 
« La modernisation des installations conforte notamment notre développement dans les soufflets d’amortisseurs ainsi que notre diversification vers l’industrie électrique », annonce Cédric Gilliouard, le directeur du site.

 

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Cédric Gilliouard, le directeur du site de Vieux-Thann. © T.E.

Le premier volet vient compléter, depuis plusieurs années maintenant, la palette d’offre pour l’automobile, constituée depuis l’origine par des joints techniques pour l’amortissement acoustique (limitation du bruit du moteur par des joints d’axes de colonnes de direction), les liaisons au sol, l’étanchéité de la mécanique et de la carrosserie.

 

Le second comprend des isolants caoutchouc qui s’insèrent dans les pièces conductrices dans les transformateurs électriques.


Sacred Europe s’est engagée dans cette nouvelle voie juste au moment de la crise automobile de 2008/09… « pour notre grand bénéfice », souligne Cédric Gilliouard.

 

Le jeune directeur salue ici le « flair » du dirigeant emblématique de Sacred, Didier Fegly, pour lequel il ne cache pas son admiration.

 

 

20% de l'activité dans l'industrie électrique

 

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Pièces en caoutchouc qui équipent les véhicules. © Traces Ecrites.

 

Celui-ci a su prendre un peu (ou beaucoup) avant ses concurrents les bons virages, depuis 1984 et sa reprise en tant que cadre de l’entreprise fondée il y a 70 ans, en 1947.

 

Il l’a rapidement redressée puis l’a engagée sur de nouveaux chemins, d’où la création de l’usine alsacienne, de quatre unités en Roumanie, au Maroc, en Chine et au Mexique et le rachat de deux PME spécialisées dans les caoutchoucs techniques, Gouillardon Gaudry à Corbas (Rhône) et la Bertoise de caoutchouc à Bert (Allier).


Ainsi, le groupe Sacred est devenu une conséquente PME de 550 salariés aujourd’hui et un peu plus de 50 millions d’€ de chiffre d’affaires annuel. Elle élabore en France ses propres matières de caoutchouc, à destination de toutes ses usines dans le monde.

 

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A Vieux-Thann les effectifs sont de 58 salariés pour un chiffre d’affaires qui a été porté à 7 millions d’€ l’an dernier, contre 5,4 millions en 2015. « La croissance vient de l’activité exercée pour l’industrie électrique, qui représente 20 % de notre total », explique Cédric Gilliouard. L’atelier dédié fournit en particulier Schneider Electric.


Mais l’automobile reste un pilier solide. En accord avec sa dénomination Sacred Europe, la filiale de Vieux-Thann est devenue la tête de pont de sa maison-mère pour la fourniture du Vieux continent. La volonté vite affichée par Didier Fegly de ne pas rendre le site alsacien dépendant de PSA a connu sa traduction bien réelle.

 

Livré en direct (en rang 1), le constructeur français représente 20 à 25 % de son activité. En rang 2, le portefeuille clients du site s’est enrichi d’équipementiers allemands qui livrent in fine les sociétés du groupe VW, ou encore Maserati.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Haut-Rhin, Grand Est, industrie automobile, investissements, PSA Peugeot Citroën, industrie électrique, caoutchouc, Sacred Europe

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