L’Alsacien Alsapan met son usine de Moselle à la pointe de la technologie

Publié par Mathieu Noyer, le 07 mars 2017

MENUISERIE/ALSACE/MOSELLE. La ligne d’enrobage que le fabricant de meubles alsacien a inaugurée la semaine dernière dans son usine de Boulay (Moselle) doit apporter des gains de productivité et d’énergie.
Sur un linéaire de pas moins de 100 mètres, l’équipement habille les panneaux de particules qui deviennent placards et meubles de cuisine.
Cécile Cantrelle, sa dirigeante, signe là un investissement de 5,8 millions d’€, en attendant une nouvelle ligne d’emballage, en sortie de la nouvelle enrobeuse. Visite.

 

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La nouvelle ligne d'enrobage combine 11 machines sur 100 mètres. © Alsapan.

 

A entendre son propriétaire, elle n’a pas d’équivalent en Europe. La ligne d’enrobage que le fabricant de meubles Alsapan a inaugurée la semaine dernière dans son usine de Boulay (Moselle) se distingue par un modernisme dernier cri, au service d’une compétitivité accrue du site.

 

Celui-ci produit des dressings (placards aménagés) et des meubles de cuisine pour les grandes surfaces de bricolage. Il emploie 165 salariés et a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires de 28 millions d’€.

 

Conçue par l’allemand Homag, la nouvelle enrobeuse améliore des opérations et en économise d’autres. « Elle fait gagner en productivité, elle facilite le sur mesure et elle fait économiser de l’énergie », souligne Claude Dauendorffer, responsable de la production, fier de faire visiter le bijou qui aura coûté 5,8 millions d’€.

 

Faire le tour du propriétaire ne se règle en effet pas en quelques minutes et nécessite de marcher un peu : la ligne s’étire sur pas moins de 100 mètres. « C’est en fait un ensemble de 11 machines », précise Claude Dauendorffer.

 

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Fondamentalement, l’enrobage consiste à habiller les différents surfaces d’un panneau de particules mais si on entre dans le détail, les transformations sont bien plus nombreuses. Parmi les principales, le panneau mélaminé est extrait de sa pile (il est « dépilé ») pour rentrer un par un dans une machine d’usinage.

 

A l’issue, il prend son profil : en angles droits, en coins légèrement arrondis ou en forme d’aile d’avion. Il est ensuite débarrassé de ses pores, ces petits orifices non désirés. La nouvelle ligne comprend une zone de bouche-pores au dernier fait de la technologie, « cela procure un état de surface quasi-parfait », poursuit le responsable production.

 

Les faces et les côtés traités en même temps

 

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Le calandrage consiste à presser sur le panneau de particules, une feuille de papier qui lui donne un aspect décoratif. © Alsapan.

 

Vient ensuite la phase-clé du calandrage. Elle consiste à appliquer une feuille de papier en la pressant sur le panneau pour donner à celui-ci sa couleur et son état plus ou moins mat et brillant, plus ou moins imitateur du bois - le papier est parfois remplacé par une couche en PET.

 

Le nouvel investissement apporte ici sa principale avancée technique : il combine en une opération, le calandrage et le recouvrement des chants du panneau. Pour faire court, il traite en même temps les faces et les côtés.

 

Les étapes aval de transformation avant emballage font encore l’objet d’autres améliorations. Le panneau avance au rythme de 40 mètres par minute et trois régleurs suffisent à piloter la ligne.

 

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Cet investissement incarne le redressement du site, engagé par Alsapan depuis qu’il l’a repris il y a dix ans au groupe allemand Welle.

 

Vis-à-vis de la clientèle, toutes ces améliorations aboutissent à un produit plus précis et plus individualisé, les dimensions finales à partir d’un standard de 5,6 mètres x 2,2 mètres sont démultipliées. « C’est notamment un atout pour se développer à l’export en s’adaptant aux dimensions propres à chaque pays », conclut Claude Dauendorffer.

 

L’Export, levier de croissance

 

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A côté du process très automatisé, Alsacien préserve une ligne de peaufinage à la main. © Traces Ecrites.

 

Cela tombe bien, l’export est l’un des leviers sur lesquels Alsapan compte, de façon générale, pour poursuivre sa croissance. Il représente 10 % de l’activité de meubles et de plans de travail de l’entreprise, et 25 % dans l’autre grande branche, le revêtement de sols.

 

Alsapan est présent au Moyen-Orient, en Espagne, en Italie, en Russie, mais les meilleures progressions récentes viennent de la Grande-Bretagne… avec l’espoir que le Brexit ne fera pas souffler un vent contraire. Les trois pans d’activité forment un ensemble de 800 salariés et un chiffre d’affaires de 210 millions d’€, en hausse de 6 % sur un an. La légère baisse enregistrée auparavant est enrayée.

 

« Cette année, nous prévoyons une augmentation de 10 % », annonce Cécile Cantrelle, présidente de l’entreprise redevenue 100 % familiale après un passage en Bourse – l’actuelle dirigeante est la petite-fille de l’un des fondateurs.

 

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Cécile Cantrelle, présidente de l’entreprise familiale. © Alsapan.

Cette perspective de croissance amène Alsapan à pousser plus fort ses investissements, au bénéfice simultané des cinq sites de production : Boulay, La Courtine en Creuse (meubles) et dans le Bas-Rhin, Marlenheim (revêtements de sols), Erstein (meubles en kit) et Wasselonne ( plans de travail).


Les 15 millions d’€ de l’an dernier représentaient un effort exceptionnel, mais cette année, ce sont à nouveau 12 millions qui sont engagés.

 

Boulay reçoit 1 million d’€ pour se doter d’ici au printemps prochain d’une nouvelle ligne d’emballage, en sortie donc de la nouvelle enrobeuse.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : menuiserie, Grand Est, filière bois, industrie du meuble, investissements, Alsapan, Moselle, meubles, Cécile Cantrelle

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