KME polit ses cuivres avec bonheur depuis 200 ans

Publié par Christian Robischon, le 19 juin 2013
Les couronnes : le cuivre en forme enroulé tel qu’il ressort de la presse à l’issue de la phase à chaud, avant de passer en phase à froid.
Les couronnes : le cuivre en forme enroulé tel qu’il ressort de la presse à l’issue de la phase à chaud, avant de passer en phase à froid.

INDUSTRIE DU CUIVRE. Franchir les portes de KME à Niederbruck (Haut-Rhin), c’est entrer dans tout un pan d’histoire industrielle locale.

L’usine nichée dans la vallée de la Doller au pied du Ballon d’Alsace affiche sans complexe ses 202 ans d’activité.

L’usine alsacienne a été confirmée comme la spécialiste française du groupe italien dans la transformation de cuivre en barres pleines.

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Plus de deux siècles qu’on transforme ici le cuivre seul ou marié à d’autres métaux, comme le rappelle la dénomination Cuivre et alliages sous laquelle toute la population locale continue à désigner l’usine, même si elle s’efface progressivement des murs extérieurs.

En fait d’alliage, il faudrait parler plus exactement de « nuance », car les quantités d’autres métaux éventuellement incorporées sont infimes.

Le directeur le plus célèbre fut Joseph Vogt à la fin du XIXème siècle avant qu’il ne découvre la potasse au début du siècle suivant.

L’étiquette d’aujourd’hui, c’est KME, du nom du groupe italien propriétaire. Issu de la fusion des sociétés Kabel Metall et Europa Metalli. Un véritable poids lourd avec 6 250 salariés, 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel et  485 000 tonnes annuelles transformées.

Les effectifs de Niederbruck se sont érodés avec le temps, mais il reste 155 salariés qui ont produit environ 14 000 tonnes l’an dernier. Pour l’heure, le sentiment sur place est que l’intégration à KME a du bon.

L’usine alsacienne été confirmée comme la spécialiste française du groupe dans la transformation de cuivre en barres pleines, pour former un ensemble cohérent avec ses consoeurs de Givet (Ardennes) et de Boisthorel (Orne) qui se dédient respectivement aux tubes et à la transformation du laiton.

Le groupe possède aussi un centre de refendage plus modeste à Devecey, près de Besançon (Doubs).

Cette année, Niederbruck  bénéficiera d’un investissement d’1,2 million d’€, « signe de la confiance des actionnaires », selon Laurent Aubriot, le directeur de l’usine.

La modernisation de l’outil qui en résulte (four, presse à filer…) « permettra la fabrication de produits plus complexes, la réduction des chutes (déchets) dans le process et une meilleure maîtrise des températures », détaille le directeur. Elle générera une économie d’énergie de 3,5 %.

La suite du process, début de phase à froid.
La suite du process, début de phase à froid.

Pour cette entreprise énergétivore, chaque point de pourcentage compte. Le grand enjeu sur cette question, c’est le raccordement au gaz naturel de ville qui arrive déjà quelques kilomètres en aval à Masevaux  le chef-lieu de canton.

Ceci pour en faire le mode d’alimentation du site, en remplacement  du gaz  stocké en cuves, plus cher.

Dans ce dossier crucial, l’usine peut compter sur le soutien du député de la circonscription Michel Sordi et du conseiller général Laurent Lerch qui ont confirmé leur mobilisation lors d’une récente visite.  Le dossier attend depuis deux ans une issue favorable auprès du Syndicat départemental du gaz du Haut-Rhin.

L’échéance de concrétisation semble désormais fixée : automne 2014.

Il est temps : « Nous avons besoin de nous battre avec les mêmes armes que la concurrence, sur des marchés devenus européens voire mondiaux. Aujourd’hui, tel n’est pas le cas », plaide Laurent Aubriot.

Les vertus antimicrobiennes du métal rouge

Pour le reste, et malgré une position géographique quelque peu à l’écart des grands axes routiers, l’usine de Niederbruck cumule les facteurs de compétitivité. A commencer par des outils de production et une main d’œuvre dont on admire la dextérité tout au long du process.

Arrivant en billettes depuis la fonderie de Givet sous forme matière première ou recyclée, le cuivre est chauffé en presse pour se transformer en barre ou en « couronne », produit enroulé.

La phase suivante à froid va l’étirer pour l’amener à sa dimension finale (tige, barre…) avant d’éventuelles autres transformations : perçage, poinçonnage, pliage, taraudage….

« On peut aussi le recouvrir d’une couche de métal, par exemple l’étain ou encore l’argent pour augmenter sa conductibilité », précise Antoine Méthia, chef de production.

« Nos atouts résident dans la production cumulée de semi-produits et de produits finis, et dans l’intégration du parachèvement sur place », souligne Laurent Aubriot.

Laurent Aubriot, directeur de l’usine.
Laurent Aubriot, directeur de l’usine.

La diversité caractérise également les applications, dans le bâtiment et les installations électriques : armoires, sectionneurs, etc.

L’entreprise s’adapte : le filon de la connectique pour les panneaux solaires se tarit pour l’heure, mais de nouvelles voies s’ouvrent vers les éoliennes et le véhicule électrique.

Ou encore vers le médical du fait des vertus antimicrobiennes du métal rouge.

« On redécouvre chaque jour les propriétés du cuivre », souligne Laurent Aubriot. Tant mieux pour l’avenir de l’usine.

Photos : Christian Robischon.

 

Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Alsace, Haut-Rhin, cuivre, KME

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