Kabélec conjugue le verbe câbler au féminin

Publié par Christian Robischon, le 21 mai 2014
Emilie Rabieczynski et son père Philippe Rosfelder.
Philippe Rosfelder (à gauche), fondateur de l'entreprise.

SUCCESSION. Kabélec, c’est beaucoup une affaire de femmes. Elles sont 9 parmi les 12 salariés de la PME d’assemblage de câbles à Aspach-le-Haut (Haut-Rhin).

La féminisation ne s’est pas arrêtée aux ateliers.

Emilie Rabieczynski est la directrice générale de l’entreprise fondée il y a 14 ans par son père Philippe Rosfelder.

La future successeure s'assigne un joli objectif : en quatre ans, doubler le chiffre d’affaires, soit 4 millions d’€ contre 2 en 2013.

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La minutie du travail sied bien à ces dames, dont on admire la dextérité à manipuler ces tourets, connecteurs et gaines de petite section (jusqu’à 4 mm2) pour réaliser selon le cas des opérations de découpe, sertissage, soudure, résinage, étamage qui aboutissent à assembler des câbles, des faisceaux, des cordons, des torons…

La féminisation ne s’est pas arrêtée aux ateliers.

Emilie Rabieczynski est la directrice générale de l’entreprise fondée il y a 14 ans par son père Philippe Rosfelder. C’était à Richwiller, avant le déménagement-extension dans 800 m2 il y a près de 3 ans à Aspach-le-Haut près de Thann, moyennant près d’un million d’€ d’investissement.

Le toujours président reste présent dans les bureaux, mais il sait mélanger discrétion et conseils bienveillants avec suffisamment de tact pour faire gagner sa fille en autonomie et lui transmettre doucement le flambeau.

Le duo se donne encore quelques années pour passer complètement le témoin. « Nous confrontons nos visions, puis les décisions se prennent vraiment à deux », relate Emilie.

La PME d’assemblage de câbles compte 9 femmes parmi les 12 salariés, sans compter la directrice générale.
La PME d’assemblage de câbles compte 9 femmes parmi les 12 salariés, sans compter la directrice générale.

Doubler le chiffre d'affaires en 4 ans

La formation de la jeune femme ne prédestinait nullement à devenir chef d’entreprise : son diplôme, c’est un DESS en muséologie du patrimoine ! Mais quelques désillusions dans ce domaine et les attaches à la famille ont changé le cours de sa carrière, si bien que le changement de cap, d’abord évoqué sur le ton de la plaisanterie, est devenu on ne peut plus sérieux. Relire ici l'article de Traces Ecrites News sur l'école des managers de Mulhouse.

La directrice générale apporte une vision stratégique à moyen terme assorti d’un joli objectif : en quatre ans, doubler le chiffre d’affaires, soit 4 millions d’€ contre 2 en 2013.

S’il est atteint, les effectifs devraient également augmenter dans une même proportion.

La croissance à venir reposera en toute logique sur deux piliers.

La consolidation de la clientèle actuelle d’une part  : un peu plus de 60 % de l’activité s’écoule auprès des industriels du contrôle et de la mesure (câbles pour débitmètres, etc.), puis 12 % dans le médical (application dans les défibrillateurs, les appareils d’échographie…), 9 % dans l’industrie électrique et 7 % dans le bâtiment.

D’autre part, la conquête de nouveaux marchés, par exemple d’autres pans du médical ou bien l’aéronautique dont Kabélec n’est pas absente. D’ores et déjà en témoigne ses torons assemblés pour Airbus.

La minutie du travail sied bien à ces dames.
La minutie du travail sied bien à ces dames.

Savoir-faire dans câble coaxial

Autre booster possible : l’intégration des produits dans des ensembles ou sous-ensembles complets.

La PME entend surtout cultiver son savoir-faire du câble coaxial, une technologie délicate qu’elle estime particulièrement bien maîtriser.

« Nous resterons dans la petite et moyenne série de produits techniques. Notre atout réside dans la faculté d’adapter les montages aux souhaits de chaque client. A ce titre, nous avons fait le choix depuis longtemps de ne pas tenter notre chance dans l’automobile  », ajoute la dirigeante.

Ce développement passe par la mise en place d’une politique commerciale en bonne et due forme, ce que Kabélec ne pratiquait pas jusqu’alors.

« Pendant de longues années, nous avons vécu de la croissance de nos clients, sans publicité particulière. Nous souhaitons franchir un palier », poursuit Emilie Rabieczynski.

Pour la mettre en œuvre, Kabélec a recruté un responsable commercial, début avril : Alain Schimpf. Enfin un homme !

Photos fournies par Kabélec.

 

Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : bâtiment, Alsace, Haut-Rhin, médical, Kabelec, câbles, industrie du contrôle, industrie électrique, Aspach-le-Haut

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