JTD et Pöppelmann, fournisseurs automobiles performants

Publié par Christian Robischon, le 05 novembre 2013
JTD investit cette année 14% de son chiffre d'affaires dans des moyens plus performants de production.
JTD investit cette année 14% de son chiffre d'affaires dans des moyens plus performants de production.

AUTOMOBILE. Le décolleteur JTD de Perrigny (Jura) et le fabricant de pièces plastiques Pöppelmann de Rixheim (Haut-Rhin) ont reçu la semaine dernière au Musée Peugeot de Sochaux (Doubs), les Trophées de la performance version 2013 du Pôle Véhicule du Futur et de PerfoEst, l’association d’entreprises qui lui est liée. 

Derrière les différences de taille, de structure de capital et bien sûr d’activité, se cachent plusieurs points communs entre les deux lauréats : une part mesurée de chiffre d’affaires dans l’automobile, le courage de l’investissement dans les équipements et les personnes, et la capacité de rebond face à la crise.

A découvrir, méditer…, et à reproduire.

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Des marchés diversifiés pour JTD

Johann Thibaud a repris le flambeau de son père, fondateur en 1989 de JTD. La société implantée à Perrigny, près de Lons-le-Saunier, usine des pièces techniques de décolletage de 1 à 60 millimètres de diamètre : axes, bagues, raccords, embouts…

Son effectif de 30 salariés la classe sans conteste dans la catégorie des PME, mais le jeune dirigeant tient à ce qu’on ne se méprenne pas sur le terme.

Johann Thibaud dirige JTD.
Johann Thibaud dirige JTD.

« Nous ne sommes pas des artisans, nous nous considérons comme industriels, en tout cas nous nous sommes structurés pour fonctionner comme une Grande  : organisation par îlots de production, éléments de lean, revue régulière des performances, plan stratégique à long terme… On s’aperçoit que ce n’est pas si courant dans les PME. Le tout en gardant le profil d’entreprise familiale », décrit-il.

Au fil du temps, JTD est montée en gamme, ce qui change sa relation client, équipementier de rang 1 ou 2. « C’est comme cela que l’on passe d’un donneur d’ordre (NDLR : à comprendre dans son sens quasi-militaire du terme dans la bouche du dirigeant) à la conception en commun de pièces ».

La mutation s’opère au prix d’investissements élevés et surtout constants. Un élément fondamental, selon Johann Thibaud.

« Si vous n’investissez pas une année, vous ne rattrapez pas le train ensuite. Même pendant la crise, il faut, à notre avis, le faire. Cette année, nous investissons l’équivalent de 14 % du chiffre d’affaires, à comparer à la moyenne de 5 % dans le décolletage ». Le budget formation annuel représente en outre 4 à 5 % de la masse salariale.

Le chiffre d’affaires se situera cette année à 3,8 millions d’€. L’automobile pèse pour 25 % et JTD ne manifeste pas outre mesure le souhait de dépasser ce seuil. Car l’entreprise fournit par ailleurs les industries de l’armement, des biens d’équipement industriels, du médical…

Pendant la crise, JTD a trouvé dans l’export sa planche de salut. « C’est à ce moment que nous avons boosté l’activité hors de France. Elle est passée de 20 % à 50 % entre 2009 et 2012 », relate Johann Thibaud.

Ce développement s’est surtout concrétisé vers l’Allemagne et de façon générale vers les zones germanophones d’Europe.

Hubert Schaff, directeur général de Pöppelmann.
Hubert Schaff, directeur général de Pöppelmann.

Culture de la pièce technique chez Pöppelmann

L’Allemagne est parfaitement connue de l’autre lauréat, puisque Plastiques Pöppelmann France est la filiale de l’une de ces entreprises familiales emblématiques du « Mittelstand », fondée peu après la dernière guerre, et forte aujourd’hui de 1 550 salariés.

Comptant pour sa part 90 salariés, l’entreprise de Rixheim a été récompensée pour son développement constant depuis 2006.

Cette année-là, la construction d’un hall de production l’a fait passer du statut de simple distributeur de produits du groupe à celui de fabricant de pièces techniques.

« Nous avons démarré sans les certifications que nous avons ensuite décrochées en s’appuyant sur l’expertise du groupe. Il a fallu introduire toute cette culture de la pièce technique. C’est tout le mérite de nos salariés », relate Hubert Schaff, directeur général.

Le bilan est probant : taux de service de 97 %, zéro retours usine, etc. L’investissement représente 6,6 % du chiffre d’affaires en moyenne annuelle et la formation 3,55 % de la masse salariale.

Cette montée en gamme a permis de passer le cap de la crise. Là encore, l’automobile (constructeurs ou équipementiers) ne représente que 25 % du chiffre d’affaires oscillant entre 18 et 20 millions d’€ annuels.

Hubert Schaff manifeste le souci de ne pas « se laisser aspirer » par ce secteur, ni de tomber dans un lean dogmatique.

La spécialité de Pöppelmann, les pièces de protection, lui permet de voguer vers plein d’autres secteurs. Parmi ses productions, il en est une inattendue : des… pots de fleurs. Mais en  version high-tech, à paroi mince, pour les horticulteurs.

Il faut investir

La remise des Trophées s’est accompagnée de la présentation de l’enquête annuelle de performance des entreprises de la filière en Alsace/Franche-Comté. 

Le chiffre d’affaires comme les effectifs ont baissé respectivement de 15 % et 2,5 % en 2012 après deux années de stabilité ou d’augmentation.

Ce n’est pas une surprise.

Sur les 17 indicateurs, « nous craignions une nette dégradation au vu de la conjoncture de l’an passé, or 9 sont en amélioration », relève Jean-Luc Jacquot, directeur général du Pôle Véhicule du futur en charge de PerfoEst.

Au global, la filière locale poursuit son lent mouvement de rapprochement vers le niveau  « bon » à l’échelle mondiale. L’écart est passé en dix ans de 80 % à un peu moins de 50 %, il faudra au moins une nouvelle décennie pour  l’estomper.

« La moyenne cache des disparités avec nombre d’entreprises qui sont déjà très performantes, d’où l’importance d’une animation de réseau pour multiplier les échanges d’expérience afin de tirer tout le monde vers le haut », commente Denis Rézé, président du Pôle.

Dans le détail, les évolutions sont positives pour les indicateurs liés à la satisfaction du client, à la maîtrise des coûts/performance économique et à l’implication des salariés… sans que cela implique de s’endormir sur ses lauriers !

Les points de préoccupation viennent de l’optimisation des installations et surtout des  investissements. Toujours en moyenne, ceux-ci sont considérés comme insuffisants, même pour maintenir les équipements en état.

JTD et Pöppelmann étaient aussi mis en avant pour apporter le bon contre-exemple.

Crédit photos : Christian Robischon et JTD.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Franche-Comté, automobile, Alsace, Jura, Haut-Rhin, pôle véhicule du futur, JTD, Pöppelmann

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