John Deere recrute, investit et innove à Gray

Publié par Didier Hugue, le 15 mai 2013
440 personnes travaillent sur le site de Gray et 70 autres vont progressivement intégrer l'entreprise.
440 personnes travaillent sur le site de Gray et 70 autres vont progressivement intégrer l'entreprise.

MACHINISME AGRICOLE. La Haute-Saône accueille avec John Deere, implantée à Gray, l’une de ses plus dynamiques entreprises industrielles.

Le département comtois s’est d’ailleurs fait une jolie notoriété dans le machinisme agricole avec d’autres fabricants comme, Quivogne à Jussey, Robust 2000 à Saint-Loup-sur-Semouse ou encore S2B Constructions à Lure.

Portrait de l’usine comtoise du numéro un mondial de l’agroéquipement en compagnie de Bruno Rodique, son directeur.

Cliquez sur les photos pour les agrandir.

La bonne santé du machinisme agricole en France, comme en Europe (lire notre encadré ci-dessous), fait le bonheur de l’Américain John Deere, numéro un mondial du secteur (36,16 milliards de $ de chiffre d’affaires, en hausse de 11,5%, plus de 65 000 salariés).

Et profite pleinement à son usine de Gray (Haute-Saône), l’un des dix sites européens du constructeur d’engins à la robe verte rehaussée de jaune. En témoigne, la cinquantaine de recrutements réalisés ces 15 derniers mois et les 70 à venir ces prochaines années.

Car pour Bruno Rodique (40 ans), directeur de cette unité de 440 CDI et jusqu’à 150 intérimaires depuis avril 2011, « ce qui fait la différence au final, ce sont les femmes et les hommes », souligne t-il.

D’où la recherche permanente de savoir-faire. En ce moment, les profils souhaités sont dans la robotique, les automatismes, mais également le soudage et l’ingénierie en matière de méthodes et de développement.

Ici, à Gray, l’entreprise rachetée en intégralité par John Deere en 1968, fabrique des presses à balles rondes dédiées à la récolte du fourrage, des chargeurs frontaux (engins de manutention), et des faucheuses conditionneuses.

L’innovation porte la croissance du site. Pas moins de 45 ingénieurs et techniciens travaillent au service R&D et le résultat est là.

L'entreprise a particulièrement développé ses postes de soudage.
L'entreprise a particulièrement développé ses postes de soudage.

250 brevets déposés en dix ans

La dernière presse à balles rondes (Série 900) aux panneaux latéraux amovibles, toute droite sortie des ateliers graylois, peut produire jusqu’à 127 unités à l’heure. « Le gain de productivité atteint les 20%, voire les 30%, en raison de sa rapidité et du fait qu’on peut faire des bottes plus grosses et de plus forte densité», indique le directeur.

A lui seul l’engin totalise 20 brevets sur les 250 déposés ces quinze dernières années. Dans les douze prochains mois, l’unité sortira une presse à chambre fixe toute aussi innovante, ainsi qu’une nouvelle gamme de chargeurs.

Dans ce contexte pour le moins dynamique, l’investissement va aussi bon train. John Deere Gray injecte chaque année entre 3 et 5 millions d’€ dans l’amélioration de son outil industriel.

« Nous sommes passés de 5 à 23 robots de soudure et allons continuer à en acquérir », illustre Bruno Rodique.

Le chiffre d’affaires du fabricant en France s’élève à 1,295 milliard d’€, dont 475 millions à l’exportation. Gray est l’une des deux usines nationales du machiniste agricole. À Saran, près d’Orléans (Loiret) sont fabriqués des moteurs diesels non routiers de 3,4 et 6 cylindres.

Le site de Gray s'étend sur 16 hectares, dont 4 hectares d'ateliers.
Le site de Gray s'étend sur 16 hectares, dont 4 hectares d'ateliers.

Un marché qui creuse son sillon

Le marché de l’agroéquipement est en plein boum. Selon notre confrère Les Echos, il atteint au niveau mondial 85 milliards d’€, dont 60% pour l’Europe et 12% pour les États-Unis. En 2012, l’augmentation des ventes en Europe a atteint 5% et la bonne santé du secteur devrait se confirmer cette année avec une hausse estimée à 3%.

Plusieurs facteurs expliquent cette heureuse situation. Les exploitants pratiquent de plus en plus une agriculture de précision ce qui nécessite des engins dotés d’équipements high-tech et conduit au renouvellement du parc. (Source : Les Echos)

Portrait de John Deere avec sa maxime favorite qui se passe de traduction.
Portrait de John Deere avec sa maxime favorite qui se passe de traduction.

Qui était Monsieur John Deere ?

Le fondateur du groupe qui porte son nom est né à Rutland en 1804 dans le Vermont. Forgeron ingénieux mais aussi ambitieux, il suit des pionniers et s’installe dans l’Illinois où le travail ne manque pas. Les paysans du cru lui expliquent les difficultés à labourer avec des charrues en fonte, un sol où la terre collait en permanence au soc.

John Deere trouve la solution en imaginant une charrue à versoir en acier poli avec celui issu d’une vieille lame de scie. Nous sommes en 1837 et c’est le début d’une grande aventure industrielle. John Deere s’éteint à Moline, siège de l’entreprise, à l’âge de 82 ans. Source : Valeurs Economiques Haute-Saône.

Crédit photos : John Deere et Traces Ecrites.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Franche-Comté, Haute-Saône, agriculture, Gray, John Deere, Bruno Rodique, machinisme agricole, presse à balles rondes, chargeur frontal

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2 réponse(s) à "John Deere recrute, investit et innove à Gray"

  1. Didier Huguedit :

    Mea Culpa Gérard, vous avez entièrement raison. Cette commune limitrophe de Gray possède une vaste zone industrielle où est implanté le machiniste agricole John Deere. On est jamais trop précis.

  2. gérarddit :

    John Deere n'est pas à Gray mais à Arc-Lès-Gray.

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