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Le fabricant de coffrages Hussor fait de la recherche et développement béton

Publié par Mathieu Noyer, le 25 mai 2016

INNOVATION/HAUT-RHIN. Comptant parmi les trois seules entreprises françaises spécialisées dans le coffrage métallique, Hussor entend se placer à l’avant-garde de son métier.
La PME alsacienne engage un programme de recherche et développement de 3,7 millions d’€ pour inventer « la banche du futur », plus ergonomique et plus sécutaire.
Elle s’appuie sur les compétences de ICube (sciences de l’ingénieur, de l’informatique et de l’imagerie) du CNRS à Strasbourg-Cronenbourg et le labo de photochimie et d’ingénierie macromoléculaire (LPIM) de l’Université de Haute-Alsace à Mulhouse.

 

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Chantier de construction de bâtiments sur le site de la station d'épuration Seine Aval à Achères, en Ile de France, réalisé par NGE. ©Josselin Bayot.

 

L’entreprise de Lapoutroie (Haut-Rhin), dans la vallée de Kaysersberg, initie « Ergoform », un programme de recherche dont la finalité consiste à inventer la « banche du futur » : un produit qui soit à la fois plus ergonomique et plus sûr d’utilisation.


« Et au final générateur de davantage de productivité, car je suis convaincu que celle-ci est la conséquence de la moindre pénibilité et de la plus grande sécurité », décrit Pierre Weinling, nouveau directeur général depuis le début de l’année, ayant succédé à Yves Couillard.


Ergoform vise à supprimer ou à réduire l’usage de plusieurs éléments qui alourdissent aujourd’hui le process du coffrage métallique : la pesante « clé de 36 » pour l’assemblage et le réglage des banches, la barre à mine, les échelles et les huiles de décoffrage, qu’on doit aujourd’hui appliquer régulièrement et qui ne sont un bienfait ni pour la santé, ni pour l’environnement.

 

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Chantier du centre commercial Passages Pasteur réalisé par Eiffage Grand Est dont la particularité était de se dérouler sous le niveau du Doubs. © Mevlüt Sen/Husso

Même si un premier brevet a été déposé, le projet d’une durée de trois ans ne fait que démarrer. Ce n’est donc pas par obsession de la discrétion que Pierre Weinling reste général dans sa présentation.


« Ergoform portera à la fois sur les questions de matériaux - l’apport que peuvent représenter les polymères par exemple - et sur la mécanique des banches ».

 

Le projet associe Hussor à deux laboratoires : ICube (sciences de l’ingénieur, de l’informatique et de l’imagerie) du CNRS à Strasbourg-Cronenbourg et le labo de photochimie et d’ingénierie macromoléculaire (LPIM) de l’Université de Haute-Alsace à Mulhouse.


La somme engagée souligne son ampleur : 3,7 millions d’€ dont près de 60 % d’aides des collectivités et de l’Etat (Fonds unique interministériel), avec une labellisation des pôles du Grand Est Fibres-Energivie et Materalia.

 

« Innover devient un facteur décisif pour développer du chiffre d’affaires dans notre secteur. De ce point de vue, le bâtiment reste en retard par rapport à l’industrie », observe Pierre Weinling, avec l’œil du nouveau dirigeant venu de la métallurgie et de la mécanique.

 

Le bâtiment en retard sur l’industrie 

 

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Train de banches sur le chantier du Pôle d'archéologie interdépartemental rhénan, sur les berges de l’ILL à Sélestat (Bas-Rhin), en juillet 2015 – © Mevlüt Sen/Hussor.


Car le marché traditionnel, lui, n’est pas sur une pente ascendante, ou du moins il connaît des hauts et des bas. « L’évolution de notre chiffre d’affaires suit assez fidèlement la courbe des mises en chantier de logements collectifs », relate Pierre Weinling.

 

Pour la SAS alsacienne, cette réalité a entraîné deux fortes chutes d’activité en 2008 et, à degré moindre en 2014. Dans le premier cas, le chiffre d’affaires s’est effondré des deux tiers en un an pour tomber à 12 millions d’€. Après être remonté, il est redescendu à 16 millions en 2014. La légère reprise observée depuis l’a fait se relever à près de 20 millions lors du dernier exercice, clos fin mars dernier.


Au niveau des effectifs, Hussor a pu limiter les effets : la PME est passée en six ans de 130 à 110 salariés, par les départs naturels. « Pour le reste, nous avons réagi par de la modulation horaire (28, 33 ou 38 heures) et le chômage technique, auquel nous avons encore dû recourir au printemps 2015 », relate son dirigeant.

 

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Soudeur dans l'atelier de Hussor.

Les compétences de la métallurgie 


Le coffrage métallique fait appel aux compétences bien répandues dans la métallurgie : découpe, usinage, soudure et assemblage. Il requiert la mise à jour régulière des équipements : l’an dernier, Hussor a investi 1 million d’€ dans une nouvelle machine de découpage laser sur tubes.


Par rapport au coffrage traditionnel, le métallique est plus volumineux, plus lourd, plus cher et plus complexe, mais il est plus durable.

 

Selon Hussor, il permet 1.000 réemplois contre 50 pour la version bois. Impossible, par contre, de fixer des accessoires avec des clous. Des aimants sont nécessaires et une grue est indispensable pour les opérations de manipulation.


En conséquence, le coffrage métallique est destiné aux chantiers de plus grande taille et plus techniques, qui utilisent par exemple du béton architectonique, aux exigences de qualité de coffrage élevées.


Parmi ses références des dernières années, la PME compte ainsi des piles de pont de la LGV Bretagne, les fondations et le parking des Passages Pasteur à Besançon, la station d’épuration d’Achères en Ile-de-France, ou le Louvre-Lens.

 

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Pierre Weinling, nouveau directeur général. © Traces Ecrites.

Sur son site de Lapoutroie-Hachimette au croisement des routes du col du Bonhomme et du col d’Orbey,  Hussor SAS côtoie deux sociétés presque homonymes : Hussor Erecta, fabricant d’échafaudages, et Husson, spécialiste des mobiliers extérieurs pour les collectivités.


Toutes trois ont été créées dans les années 1960 par la famille Husson qui a revendu les deux premières une vingtaine d’années plus tard, d’où leur léger changement de nom. La société de coffrage est la propriété partagée d’un fonds d’investissements et des cadres dirigeants.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises
Innovation

Mots-clés : bâtiment, Haut-Rhin, Métallurgie, Université de Haute-Alsace, CNRS, investissements, Pôle Fibres Grand Est, Alsace, Champagne-Ardenne, Lorraine, Husson SAS, ICube, découpage laser, coffrage métallique

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