François Rebsamen : « Dijon Métropole conforte la capitale régionale dans le triangle Strasbourg, Lyon et Paris »

Publié par Christiane Perruchot, le 01 juin 2017

INTERCOMMUNALITÉ/CÔTE-D’OR. La communauté urbaine du Grand Dijon s’est transformée en métropole, par décret du 25 avril 2017.
Son président (PS) François Rebsamen explique pourquoi ce statut était incontournable pour la capitale de la région Bourgogne-Franche-Comté.
Le projet métropolitain devrait être présenté aux élus communautaires fin juin. Le souhait de bâtir une « alliance » avec les territoires voisins de l’agglomération en fait sa singularité.

 

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François Rebsamen, maire de Dijon et président de Dijon Métropole. © Ville de Dijon.

 

• Pourquoi avez-vous tant oeuvré pour que trois ans après avoir été transformée en communauté urbaine, l’agglomération de Dijon puisse bénéficier du statut de métropole ?

 

L’agglomération de Dijon était avec celle d’Orléans, la seule capitale des nouvelles grandes régions à ne pas être une métropole ; son périmètre ne lui permettait pas d’avoir ce statut attribué aux agglomérations de 400.000 habitants et plus. Le bassin d’emploi de Dijon n’en compte que 390.000.

 

Le Parlement a corrigé cette inégalité le 16 février 2017 en prenant en compte le critère de la zone d’emploi au sens de l’Insee et le décret a été publié le 25 avril 2017.

 

La métropole donne un poids tout particulier à l’agglomération qui devient partenaire des autres collectivités territoriales, du conseil régional notamment, mais aussi de l'Etat qui prévoit une dotation spéciale de 10 millions d'€ pour un projet innovant, et de l’Europe.


Ce statut conforte aussi le positionnement économique et en terme d’image de Dijon, non seulement au cœur de la Bourgogne-Franche-Comté dont elle est la capitale, mais aussi dans le triangle des grandes villes que sont Strasbourg, Lyon et Paris.


L’établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre qui réunit 25 communes et 254.387 habitants était déjà une intercommunalité très intégrée depuis qu’elle était devenue une communauté urbaine le 1er janvier 2015, avec des compétences dans la voirie, l’urbanisme et l’énergie.

 

De nouvelles seront transférées d’ici la fin de l’année afin de les intégrer au budget 2018 qui augmentera en conséquence en dépenses et en recettes. En 2017, le budget primitif du Grand Dijon s’élève à 320,57 millions d’€.

 

• Quelles seront ces nouvelles compétences ?

 

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Le Marché de l'Agro, l'une des dernières importantes transformations des zones d'activité du Grand Dijon, à l'emplacement de l'ancien marché de gros. © Traces Ecrites.

 

Dijon Métropole prendra toutes les compétences prévues par la loi sous réserve de négociations équitables avec les autres collectivités territoriales, notamment le conseil départemental de la Côte-d’Or.

 

A l’exception des collèges que le président du conseil départemental François Sauvadet (UDI, ndlr) ne souhaite pas transférer ; si tel n'avait été le cas, la métropole aurait demandé au conseil régional la gestion des lycées implantés dans l’agglomération. Cela aurait apporté une cohérence au patrimoine éducatif.


L’agglomération va hériter des routes départementales situées sur son territoire, cela représente un linéaire supplémentaire de 10% par rapport à l’existant. Elle aura aussi des compétences dans le domaine social.


En terme de développement économique, Le Grand Dijon aura des compétences accrues qui lui permettront de renforcer son rôle pour développer son attractivité. Au conseil régional, j’ai proposé de prendre la maîtrise d’ouvrage de l’immobilier d’entreprise.

 

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• Vous avez l’intention d’élargir le projet métropolitain au-delà du périmètre des 25 communes de l’agglomération, pourquoi ?

 

L’originalité du projet de Dijon est qu’effectivement, il déborde du territoire institutionnel. Je propose aux communautés de communes du schéma de cohérence territorial (Scot) -  ndlr : une version déjà élargie de l’agglomération - une alliance des territoires, de façon à ce que ces zones périurbaines, aux portes de Dijon, se développent harmonieusement avec l’agglomération.

 

C’est une forme de solidarité qui pourra se traduire par une offre améliorée de transports collectifs, ou encore la gestion de l’eau et de l’énergie. Et bien sûr, le développement économique.

 

Proches de Dijon, ces territoires ont parfois l’impression d’être abandonnés par la grande ville et de ne pas bénéficier de son rayonnement. C’est une raison des scores impressionnants de l’extrême droite, dans le Val de Saône notamment. Cette zone périurbaine doit pouvoir se développer harmonieusement, avec des commerces sur place, des entreprises aussi.

 

Un exemple qui pourrait se dupliquer est celui de Crossject qui a son siège et son centre de recherche à Dijon et son usine à Gray, en Haute-Saône, à moins d’une heure de Dijon.

 

Je propose aussi un rapprochement sur les thématiques de développement économique et de la mobilité, avec les villes de Chalon-sur-Saône, Mâcon et la communauté urbaine Creusot-Montceau, avec lesquelles le Grand Dijon a déjà mené des actions de promotion communes, comme leur présence au Simi (salon de l’immobilier d’entreprise).

 

Et que Besançon en fasse de même avec l’aire urbaine Montbéliard-Belfort. Ensuite, les conditions seraient réunies pour bâtir un pôle métropolitain Bourgogne-Franche-Comté.

 

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Vue aérienne de la place de la République en 2007 (à gauche) et en 2013 (à droite). © Esri.

 

• Que contiendra le projet métropolitain qui sera présenté à la session communautaire fin juin ?

 

Les élus et les services travaillent actuellement sur les insuffisances et les améliorations possibles des compétences de l’agglomération. Plusieurs projets émergent dont la métropole serait le maître d’ouvrage ou le chef de file.

 

Par exemple, elle pourra réaliser le parking silo nécessaire à la Cité de la gastronomie. Autres pistes, un centre de tri régional, renforcer l’accessibilité du pôle gare de Dijon.


Le plus promoteur et qui est déjà en route, à l’initiative de l’ancienne communauté d’agglomération est la gestion centralisée de l’espace public. Un marché de conception, réalisation, entretien et maintenance sera attribué fin juin pour gérer les feux tricolores, l’éclairage public, les transports en commun, les ordures ménagères.

 

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Vue aérienne du Grand Dijon en 2013. Carte consultable ici.

 

Dijon Métropole en chiffres

 

Budget primitif 2017 = 320,57 millions d’€. Fonctionnement = 225 millions d’€. Investissement = 95,5 millions d’€.
Le budget de fonctionnement progresse de 11,1 % en dépenses et 9,1% en recettes (+ 9,1%) en raison de nouvelles compétences depuis le 1er janvier 2017 : Promotion du tourisme, dont la création d’offices de tourisme et distribution publique d’électricité.


Principales dépenses d’investissement :
- 11,8 millions d’€ : eaux pluviales et aménagement des espaces verts accessoires de voirie.
- 10,65 millions d’€ : environnement (usine d'incinération des ordures ménagères, déchetteries, centre de tri, centre de traitement des déchets d'activités de soin à risque infectieux),
- 9,8 millions d’€ : habitat, logement social, politique de la Ville et la rénovation urbaine.
- 9,1 millions d'€ : politique culturelle et sportive d'intérêt communautaire ;
- 7,5 millions d’€ : déplacements et de transports publics urbains.
- 3,1 millions d’€ : soutien au développement économique.
- 2,5 millions d’€ : parkings en ouvrage.
- 2,45 millions d’€ : politique foncière et urbanisme (dont frais d’élaboration du plan local d'urbanisme intercommunal – PLUi) ;
- 3,25 millions d’€ : économies d'énergie et travaux sur les bâtiments.
- 2 millions d’€ : travaux sur les secteurs de l'eau et de l’assainissement.


Population : 254.387 habitants, dont Dijon, 157.182 habitants.

47% de la population de Côte d’Or - 15% de la population de Bourgogne.

15.328 établissements - industrie, construction, commerce, transports, administration. (Source Insee). 139.400 emplois.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Territoires

Mots-clés : Côte-d'Or, François Rebsamen, Grand Dijon, coopération intercommunale, Bourgogne Franche-Comté, Dijon Métropole

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1 réponse(s) à "François Rebsamen : « Dijon Métropole conforte la capitale régionale dans le triangle Strasbourg, Lyon et Paris » "

  1. Denis Hascaldit :

    Si je comprends bien, la nouvelle métropole, à peine créée, utilise les 2/3 de son budget pour son fonctionnement... Et pire : l'accroissement des compétences coûte cher, puisque les dépenses augmentent plus que les recettes ; ce sont donc la fiscalité et l'endettement qui vont compenser. Tout cela pour obtenir des domaines d'activité qui ne seront pas forcément mieux assurés. Deux exemples : TOUS les acteurs de l'immobilier d'entreprise se plaignent de l'action plutôt paralysante de l'agglo en matière d'implantation d'entreprises, notamment venant de l'extérieur. Et la voirie, quand on voit l'état de nombreuses rues de Dijon, même en centre ville (rue Devosge, boulevards), on s'inquiète de voir des km supplémentaires être gérés de la même façon !

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