Franche-Comté : la deuxième vie industrielle de Gilles Devillers

Publié par Didier Hugue, le 12 juin 2014
Gilles Devillers remonte un groupe industriel avec Sermap et Métalhom.
Gilles Devillers remonte un groupe industriel avec Sermap et Métalhom.

MÉTALLURGIE. Voilà un dirigeant qui ne laisse pas indifférent, à plus d’un titre.

Repreneur de l’entreprise Sermap, spécialisée dans le machinisme agricole à Pierrefontaine-les-Varans (Doubs), Gilles Devillers investit actuellement 12 millions d’€ dans Métalhom, une nouvelle société entièrement imaginée par ses soins près de Montbéliard, toujours dans le Doubs.

Portrait et parcours d’un entrepreneur au look et au style décoiffants.

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Avec sa casquette américaine rivée sur la tête, sa tenue de baroudeur et une voix rocailleuse à la Lemmy Kilmister (*), Gilles Devillers campe un patron aux antipodes des canons du genre.

« Au début, cela m’a desservi auprès des administrations et des banques un rien rigides dans leurs relations, mais aujourd’hui, je m’en fous complètement », confesse Gilles Devillers.

Et il a raison de s’en moquer, car chez lui l’habit ne fait pas le moine. Surtout que l’on découvre à mieux le connaître, un vrai entrepreneur, un visionnaire lucide et aussi un sacré humaniste.

Alors qu’il aurait pu couler une retraite très anticipée après la revente en 2006 de son groupe S2I, Gilles Devillers relance des entreprises, en épaule d’autres comme Spaleck Industries et monte de toutes pièces Métalhom, inaugurée en février dernier, à l’aune d’un investissement de 12 millions d’€.

Tout commence en 1992, à Héricourt (Haute-Saône), avec Devillers Oxycoupage (découpe de tôle).

En 2000 et 2001, naissent deux filiales : Transfométal (soudage) et Usinov (usinage) qui forment, avec Stalobrex en Pologne et une société nantaise de logistique, S2I, reconnu pour son savoir-faire, de la pièce unitaire à la grande série, de l’élément basique au composant très élaboré.

Gilles Devillers, qui atteint en 2006 les 100 millions d’€ de chiffre d’affaires et emploie 500 personnes, décide alors de le revendre tout en restant salarié et actionnaire minoritaire.

Trois ans plus tard, après avoir purgé sa clause de non-concurrence, il le quitte définitivement et s’accorde un peu de repos.

Mais bien vite ce diplômé en génie mécanique de l’IUT de Besançon de 46 ans s’ennuie. Il entend relever de nouveaux défis et échafaude de nombreux projets.

Mirobot : la dernière innovation de Sermap pour nettoyer les étables.
Mirobot : la dernière innovation de Sermap pour nettoyer les étables.

Traitement et transfert des déjections animales

En octobre 2011, Gilles Devillers jette son dévolu sur l’entreprise Sermap, spécialisée dans le machinisme agricole à Pierrefontaine-les-Varans (Doubs), dont il reprend la majorité du capital.

Avec ses marques Miro et Maurycuretable, le fabricant est le numéro un français des systèmes de traitement et transfert de déjections animales.

Pour faire simple, ce type d’équipement racle et pousse des étables les abondants excréments des bovins.

Le dernier-né de la gamme est un petit bijou de technologie. Baptisé Mirobot, il travaille seul grâce à un guidage entièrement automatisé. D’installation rapide, l’équipement requiert peu de maintenance et se recharge sur batterie. « Sa conception et mise au point nous a pris deux ans et demi », confesse Gilles Devillers.

Sermap (13 millions d’€ de chiffre d’affaires, 80 salariés) produit aussi des épandeurs à fumier et des tonnes à lisier. L'entreprise les distribue dans un réseau de 400 concessionnaires, dont 300 en France, et s’appuie sur une équipe de huit inspecteurs commerciaux intégrés.

 20% de l'activité relève aussi de la sous-traitance auprès de confrères comme John Deere qui exploite une importante unité à Gray (Haute-Saône).

Métalhom bénéficie d'un investissement de 12 millions d'€ en matériel ultraperformants.
Métalhom bénéficie d'un investissement de 12 millions d'€ en matériel ultraperformants.

Une usine à son image

D’ici à trois ou quatre ans, Sermap va s’offrir un lifting complet en réorganisant tous ses flux de production, à ce jour peu cohérents au sein d’un bâtiment vaste de 12 000 m2.

Avec Métalhom, une tôlerie pour pièces moyennes et lourdes lancée en juillet dernier, Gilles Devillers sait qu’il joue gros. Et ce n’est pas pour lui déplaire.

L’investissement global, qui sera complètement opérationnel en septembre 2014, atteint les 12 millions d’€, sans compter les besoins en fonds de roulement (BRFR).

Implantés sur la zone de Technoland II, à Étupes, dans le Pays de Montbéliard (Doubs), les 7 500 m2 d’ateliers s’équipent progressivement.

« J’ai souhaité avoir l’outil de production le plus performant possible », souligne le dirigeant en énumérant grenailleuses, îlots de découpe laser et les nombreuses machines d’usinage.

Très prochainement, la tôlerie intègrera en première mondiale une tête de découpe laser à fibre avec deux têtes chanfrein pour les grandes pièces très épaisses.

Métalhom ne rencontre pas de difficultés à recruter dans le Pays de Montbéliard.
Métalhom ne rencontre pas de difficultés à recruter dans le Pays de Montbéliard.

Pays de Montbéliard : des facilités à recruter

Grâce à ce savoir-faire très pointu et à une unité savamment étudiée selon ses vues, l'industriel compte séduire une clientèle dans les secteurs de l’énergie, des travaux publics, du ferroviaire, de la manutention ou encore du génie électrique.

« Nous livrons de la pièce primaire à l’élément complet, avec pour objectif final la conception et réalisation de produits à très haute valeur ajoutée », explique Gilles Devillers.

Le choix du Pays de Montbéliard, fortement industrialisé, n’est pas étranger à cette stratégie. Notamment pour les recrutements qui, dit-il, ne posent ici aucun problème.

De 20 salariés au départ à 45 cette année, Métalhom veut s’appuyer d’ici à 2016 sur un effectif de 140 personnes et réaliser 29 millions d’€ de chiffre d’affaires, dont 30 % à l’exportation.

De quoi satisfaire l’appétit débordant d’un patron qui aime par-dessus tout la liberté d’entreprendre.

(*) Chanteur, bassiste et leader du groupe Motörhead.

Crédit photos : Sermap et Traces Ecrites

   

Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises
Innovation

Mots-clés : Montbéliard, Franche-Comté, Doubs, Métallurgie, Investissement, Spaleck Industries, machinisme agricole, Metalhom, Sermap, Gilles Devillers

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4 réponse(s) à "Franche-Comté : la deuxième vie industrielle de Gilles Devillers"

  1. MADEIRA Micheldit :

    Bravo à vous Mr DEVILLERS , un ancien de DEVILLERS OXYCOUPAGE, contrôleur qualité.

  2. Guy alaindit :

    Bravo Gilles décidément tu ne tiens pas en place A guy

  3. Philippe PENILLARDdit :

    Tout simplement chapeau bas !

  4. JAKUBZAKdit :

    Toutes nos félicitations à Gilles Devillers, que de nombreux autres chefs d'entreprise suivent son exemple.

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