Framatome embauche 300 personnes et investit 80 millions sur ses sites industriels de Saône-et-Loire

Publié par Didier Hugue, le 06 février 2018

NUCLÉAIRE/SAÔNE-ET-LOIRE. L’autorisation récente de fabriquer à nouveau des pièces forgées pour les centrales les nucléaires au Creusot donne lieu à un vaste programme de reconquête des capacités productives de l'ancienne Areva, récemment rebaptisée Framatome. 

Les trois établissements bourguignons de la filiale d’EDF en profitent, mais il ne s'agit toutefois que d'une remise à niveau suite à un plan de départ volontaire et de nombreuses démissions. Le contrat pour le futur EPR anglais les sauve d’un plan de licenciements secs.

 

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Soudeur en plain travail sur le site d'usinage de Saint-Marcel. © Framatome.

 

La série noire qui affectait ces deux dernières années les unités industrielles bourguignonnes de l’ancienne Areva prend heureusement fin. Les 2.200 salariés du spécialiste en conception et réalisation des principaux composants de réacteurs nucléaires retrouvent le moral, car les initiatives heureuses se succèdent pour les trois unités rebaptisées Framatome (une moitié de l’ex-Areva), implantées au Creusot et à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire).

 

La décision de l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) de permettre à nouveau au site du Creusot de produire viroles et autres grandes pièces forgées - parfois aussi moulées – après une interdiction suite au scandale de la découverte d'irrégularités, voire de « falsifications » dans les dossiers de suivi de fabrication – (Lire ici l'article de Traces Ecrites News) ouvre la voie à un vaste plan de reconquête.

 

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Pour reprendre sa marche en avant avec ses pleines capacités productives, l’industriel réembauche sur toute cette année à hauteur de 300 personnes, dont la moitié environ à Saint-Marcel, dans l’agglomération du Grand Chalon et une quarantaine au Creusot.

 

« Nous manquons d’opérateurs en fabrications : soudeurs, usineurs, chaudronniers, forgerons, mais également de techniciens de maintenance, de qualité ou encore de méthodes », indique Alexandre Cretiaux, délégué syndical CFDT central et secrétaire du CE Framatome de Saint-Marcel.

 

20 millions d’investissement par an pendant quatre ans

 

Cette décision résulte d’un vaste plan de départ volontaire (PVD) au sein du groupe, mais qui a concerné localement, entre 2016 et 2017, près de 340 personnes. Au niveau national, il en aurait touché pas moins de 4.000 et coûté la modique somme de 660 millions d’€ en raison des très bonnes conditions offertes.

 

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 Sortie de four à la forge du Creusot. © Jean-Marie Taillat / Areva.

 

Ce plan de départ volontaire et les incertitudes concernant l’avenir ont affecté la motivation et par effet induit, provoqué la démission d’une quarantaine de personnes à forte compétence, faute de perspectives d’évolution. « Je veux préciser que le contrat Hinkley Point C, le futur EPR anglais, a sauvé notre activité de licenciements secs et apporté de cinq années à six années de travail », assure le syndicaliste.

 

À ces compétences humaines, Framatome ajoute un renforcement au bénéfice de ses équipements à hauteur de 20 millions d’euros par an pendant quatre ans. Interrogé, un porte parole de la direction, ne confirme pas ce montant, indiquant juste 7,5 millions déjà injectés à la forge du Creusot.

 

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« Elle concerne une remise à niveau de nos équipements : bassin de trempe à froid, outillages..., faisant partie de notre plan d’amélioration qui a été très regardé par l’ASN », précise David Haguet, le directeur de Framatome Le Creusot.

 

Ces développements ne sont toutefois que la partie émergée de l’iceberg. A l’horizon 2021-2022, le fabricant de centrales nucléaires prévoit une refonte totale de sa vaste unité d’usinage de Saint-Marcel d’où sortent prêtes à l’installation les cuves, pressuriseurs et autres générateurs de vapeur. Il fait le pari de sa technologie avec la toute récente rénovation d’un bâtiment destiné à la finition des branches primaires.

 

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Savant percage d'une plaque entretoise. © Framatome.

 

Ces tuyauteries très élaborées, qui relient la cuve au générateur de vapeur, sont de nouveaux autorisées à la fabrication par l’ASN pour le parc français et représentent un savoir-faire très peu partagé dans le monde.

 

« Nous respirons beaucoup mieux avec pour horizon dégagé la rénovation des 24 autres centrales de 1.300 mégawatts et plus, du notre parc national, mais pour laquelle il faut savoir anticiper les besoins », souligne Alexandre Cretiaux.

 

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Soudeur au coeur d'un équipement et outils de perçage de plaques tubulaires. © Framatome.


Roger Martin BTP
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Mots-clés : Le Creusot, Chalon-sur-Saône, Saône-et-Loire, recrutement, Investissement, Areva, nucléaire, CFDT, Bourgogne Franche-Comté, Framatome, Alexandre Cretiaux

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2 réponse(s) à "Framatome embauche 300 personnes et investit 80 millions sur ses sites industriels de Saône-et-Loire"

  1. dijon-ecolodit :

    Un article bien optimiste en ce qui concerne l'avenir du nucléaire. Framatome investit, c'est à dire qu'EDF investit (détenteur à 75% de Framatome), c'est à dire que l'état français investit (détenteur à 85% d'EDF). Bref, nos impôts servent à concevoir un énergie de mort (accident) et sur de nombreuses générations (stockage des déchets). A quand une reconversion vers les énergies renouvelables de ces salariés ?

  2. Jean-Marc CONVERSdit :

    Merci de nous dire où en sont les enquêtes sur toutes les fraudes, qui rendent encore plus dangereuses et intermittentes la quasi totalité des centrales ? Et ré-orienter au plus vite les productions de ces usines vers des machines sans danger et utiles aux hommes : éolien, hydraulique, méthanisation ...

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