Fraenkische vient d’achever un investissement de 5 millions d’euros dans l’Aube

Publié par Frédéric Marais, le 01 février 2017

PLASTURGIE/AUBE. Le fabricant de tous types de tubes annelés en plastique vient de doubler sa capacité de production pour 5 millions d’€ et prévoit une dizaine d’embauches en 2017.
Depuis son implantation à Torcy-le-Grand, près de Troyes, en 2012, l’unique usine française du groupe allemand Fränkische, a étendu sa gamme à trois grands secteurs : la gestion de l’eau, le bâtiment et l’électricité.

 

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L'usine fonctionne en 3 X 8. © Frédéric Marais/Agence Info.

 

A côté d’une usine qui “sent” encore le neuf, se dressent sur l’immense aire de stockage des montagnes de canalisations et de drains multicolores, côtoyant des piles de blocs de traitement des eaux pluviales.

 

Entre 15 et 20 semi-remorques par jour viennent charger des produits qui seront livrés un peu partout en France - Dom-Tom inclus (Réunion, Guyane, Martinique) -, mais aussi en Suisse et dans le Maghreb. L’entreprise auboise est par exemple en train d’équiper la première ligne TGV du Maroc.


« Notre cœur de métier, c’est de reconstituer le cycle naturel de l’eau sur des surfaces imperméabilisées », explique Yann Nedellec, le président de Fraenkische France. A la base, cette filiale du groupe familial allemand Fränkische (*) fabrique en effet des systèmes de traitement ou de prétraitement des eaux pluviales, des systèmes de rétention-infiltration, des systèmes de régulation ou de limitation, des canalisations et des drains.


C’est le fonds de commerce de la PME lors de son ouverture en 2012 à Torcy-le-Grand, une petite commune rurale située à une trentaine de kilomètres au nord de Troyes. Un site choisi pour sa proximité avec l’autoroute et avec l’Allemagne.

 

Les travaux publics, le plus gros marché

 

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Fraenkische fabrique aussi bien des drains (parois perforées) que des canalisations (parois pleines). © Frédéric Marais/Agence Info.

 

Mais Fraenkische France s’est rapidement diversifiée en ajoutant plusieurs cordes à son arc : le drainage agricole, les gaines de protection des réseaux enterrés, les gaines de ventilation et les gaines de protection électrique dans les bâtiments.

 

« On est passé des réseaux extérieurs aux réseaux intérieurs », résume Yann Nedellec, même si bien sûr sa société continue à produire la totalité de la gamme. Les travaux publics, avec 80 % de l’activité, restent néanmoins le secteur dominant.


Cette expansion s’est traduite tout d’abord dans les chiffres. De 15 salariés au démarrage, l’effectif est passé à 47 aujourd’hui. « Mais on sera 56 à la fin de l’année, sachant que le potentiel est de 65 à 70 personnes », souligne le président. L’usine tourne d’ailleurs en 3x8. Le chiffre d’affaires a suivi la même courbe ascendante : 19 millions d’€ en 2015-2016, avec une prévision à 22,5 millions pour 2017-2018.

 

Cette croissance a justifié la construction en 2016 d’une extension de 2.600 m2 (ateliers, bureaux et locaux techniques), permettant à l’usine de doubler de surface. Le nombre de lignes de production est passé à 8, dont 2 en injection et 6 en extrusion.

 

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En six ans, la maison-mère a investi plus de 16 millions d’€ dans sa première et unique usine française à ce jour, dont 5 millions pour le bâtiment neuf et ses équipements. Cet agrandissement était prévu dès le départ. Il reste d’ailleurs de la place pour une seconde extension, pas encore programmée pour l’instant.

 

Le potentiel de production de l’usine auboise s’exprime en tonnes, en kilomètres et en mètres carrés. « On vend par exemple 300 km de canalisations par an et on pose plus de 50.000 m2 de blocs d’infiltration enterrés, marché sur lequel nous sommes leaders en France, signale Yann Nedellec. Nous avons également la capacité de produire 500 km de gaines électriques par semaine. »


Mais le chiffre à retenir, c’est celui du tonnage de la matière première qui rentre chaque année : 10.000 tonnes, pour l’essentiel sous forme de granules de plastique, transportés par camion-citerne et stockés dans des silos.

 

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La fabrication des tubes répond à un code couleur : bleu pour l’eau, rouge pour l’électricité, jaune pour le gaz(photo)  et vert pour les télécoms. © Frédéric Marais/Agence Info.

 

Une partie vient de France et une autre d’Allemagne, où Fränkische « regranule » (recycle) tous les déchets plastiques issus de la production. Le pourcentage de plastique recyclé reste un secret industriel. Les matières employées sont le PVC, le polypropylène et le polyéthylène.


Les clients finaux sont aussi bien des collectivités locales que des privés. Fraenkische France emploie 7 ingénieurs commerciaux chargés de démarcher les prescripteurs sur l’ensemble du territoire pour tenter d’imposer ses produits sur un marché à la fois très concurrentiel et pénalisé par la baisse de la commande publique depuis 2008.


Un recul de l’investissement qui n’a visiblement pas empêché l’entreprise germanique de réussir sa greffe dans l’Hexagone.

 

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Yann Nedellec dirige Fraenkische France depuis sa création en 2010. © Frédéric Marais/Agence Info.

Qui est Yann Nedellec ?

 

Yann Nedellec, 43 ans, a fait des études de droit. Après son service militaire, il est resté quelque temps à la base aérienne 133 de Nancy comme officier de réserve.


Puis il devient chargé d’affaires dans une société nancéienne de négoce de produits plastiques avant d’intégrer le groupe Fränkische en 2007 comme responsable marché France.


Il dirige l’usine auboise depuis son ouverture en 2012 et l’entité Fraenkische France depuis sa création en 2010.


(*) La différence d’orthographe entre Fränkische, la maison-mère allemande, et Fraenkische, la filiale française, s’explique par l’absence du “ä” dans la langue française.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Grand Est, plasturgie, Investissement, Troyes, travaux publics, Aube, embauches, Fraenkische France, Fränkische, Yann Nedellec, gaines plastiques

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