Européenne de Condiments fête les 200 ans de sa marque de moutarde Bornier

Publié par Didier Hugue, le 26 septembre 2016

AGROALIMENTAIRE. La filiale depuis 2002 de l’entreprise familiale allemande Kühne, célèbre durant ce dernier semestre un anniversaire particulier : le bicentenaire de sa création sous le nom de Bornier, devenu une marque.

Européenne de Condiments qui l’exploite atteint avec 27.000 tonnes annuelles le second rang des producteurs de moutarde de Dijon et rayonne sur les marques de distributeurs (MDD).

Ses moutardes propres, estampillées Bornier et Téméraire, ne sont plus vendues aujourd’hui qu’à l’étranger.

Portrait d’une vieille dame très en forme.

 

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© Traces Ecrites.

 

Tout commence avec un certain Denis Bornier en 1816. Ce maître moutardier fonde la maison qui porte son nom au moulin de Messigny, non loin de Dijon. La capitale de la Bourgogne et ses environs hébergent à l'époque de très nombreux moutardiers.

 

Philippe Louvrier rachète ensuite l’entreprise et l’installe en 1971 à Couchey, dans l'agglomération de Dijon, en lui donnant le nom d’Européenne de Condiments (EDC).

 

L’homme est un visionnaire et un développeur : jusqu’en 2001 durant ses « 30 glorieuses », fait passer la production de 2.500 tonnes à 23.000. L’essor de la grande distribution et des marques de distributeurs (MDD) expliquent cet envol.

 

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Le groupe familial allemand Kühne, implanté à Hambourg, reprend progressivement la PME de 1986 à 2001 et met ses pas dans les siens. Le volume produit atteint actuellement les 27.000 tonnes, faisant de EDC le second producteur de moutarde de Dijon, une recette non protégée qui peut être fabriquée partout dans le monde, mais dont l'image reste ancrée à la capitale de Bourgogne Franche-Comté.

 

Les MDD pèsent toujours très lourd dans les 55,1 millions d’€ de chiffre d’affaires réalisés en 2015 avec 113 salariés, générant près 1,7 million de résultat net. Mais pas uniquement. Car avec l’arrivée de Michel Liardet en 2006, le fabricant affine une stratégie de développement qui met aussi en avant ses marques propres, principalement Bornier et très bientôt Téméraire.

 

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Contrôle du bon tamisage de la pâte de moutarde. © Traces Ecrites.

 

Une soixantaine de recettes différentes

 

« Avec Bornier, nous célébrons le bicentenaire de notre fondation, mettant en avant nos racines et nos valeurs, même si la marque n’est plus commercialisée qu’à l’exportation depuis une vingtaine d’années », argumente Michel Liardet, le président de l’entreprise qui réunissait son personnel ce vendredi 23 septembre au Château de Saulon-le-Rue (Côte-d'or), avant de rencontrer ses acheteurs étrangers du 16 au 20 octobre lors du prochain Sial (salon international de l'alimentation) à Paris Villepinte. Et de leur organiser un événement près de la Tour Eiffel.

 

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Sous son impulsion, Bornier bénéficie chaque année d’une croissance à deux chiffres grâce à une bonne implantation dans les pays de l’Est (Tchèquie, Bulgarie, Russie), dans les pays nordiques (Suède, Danemark), au Japon et aussi en Algérie (70% de parts de marché).

 

Le dirigeant entend aussi relancer, toujours à l’international, la marque Téméraire, très présente en Allemagne et en Afrique. L’autre axe de développement concerne Kühne. « Nous avons réussi à positionner les cornichons de notre maison mère, grâce à des campagnes régulières de publicité, de 2,5 % de parts de marché à 14% », explique Michel Liardet.

 

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Une étape de la chaîne de fabrication avant l'étiquetage. © Traces Ecrites.

 

Le groupe Kühne emploie 1.500 salariés et exploite cinq sites dans le monde, dont un en Pologne et un autre en Turquie. Il pointe dans les deux premiers producteurs de vinaigre en Europe, mais fabrique également des moutardes aigres douces, des sauces, de la mayonnaise et du ketchup.

 

EDC reste aussi mobilisé sur ces recettes. Pas moins de 60 figurent au catalogue et sortent d’un outil industriel qui bénéficie chaque année d'n million d’€ d'investissements pour le rendre plus flexible.

 

Des moutardes qu’il faut redemander « deux fois plutôt Kühne », comme l’affirme le dernier slogan publicitaire.

 

Qui est Michel Liardet ?

 

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© Traces Ecrites.

 

Un commercial et un homme du marketing, devenu depuis 2006 un entrepreneur. A 54 ans, ce diplômé de l’école de management et de commerce (EM) de Lyon, débute sa vie professionnelle chez Quaker Oats France dont la maison mère américaine est filiale du groupe PepsiCo.

Il y reste cinq années et demi et occupe les postes de chef de secteur, puis chef de région, pour finir responsable de la promotion des ventes. Canderel, du groupe américain Merisant, producteur d’édulcorants de table, l’accueille ensuite deux ans comme responsable commercial.

Michel Liardet signe après pour un bail qui dure près de douze ans chez Balsen, entreprise allemande mondialement connue pour ses biscuits d’apéritif. Une expérience qui l’endurcit avec pour premier poste celui de négociateur avec les centrales d’achat et comme dernier, la direction commerciale et du marketing, ainsi que celle de la R&D.

 

messignyUn peu d’histoire

 

Très tôt, la moutarde devient une véritable institution dijonnaise, dont la fabrication est réglementée par une ordonnance en date du 10 août 1390. En 1634, les premiers statuts officiels de la corporation des vinaigriers et moutardiers de la ville de Dijon régissent le métier : éthique et hygiène sont les maîtres mots de la profession.

 

Au cours du XVIIIème siècle, la découverte du verjus (suc de raisin récolté en Bourgogne) vient parfaire la qualité du produit. Le verjus (additionné à la graine de moutarde brune) ainsi que le broyage de ce mélange à l’aide de meules de pierre (évitant l’échauffement de la pâte très sensible à la chaleur) vont alors contribuer à donner à la Moutarde de Dijon une renommée mondiale.

 

bornierAujourd’hui, grâce aux découvertes de Louis Pasteur, le véritable verjus est remplacé par du vinaigre de vin ou d'alcool, qui offre toutes les garanties de régularité tant dans l'approvisionnement que dans la qualité gustative. (Source : Edmond Fallot)

La moutarde de Dijon, c’est environ 100.000 tonnes annuelles et 8% de la production de toutes les moutardes dans le monde.

 

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Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Dijon, Côte-d'Or, agroalimentaire, Européenne des condiments, Bourgogne Franche-Comté, Michel Liardet, moutarde de Dijon, Kühne

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