Étudiant - chef d'entreprise ? Mission pas impossible pour les fondateurs de Dynamissions

Publié par Pierre-Yves Ratti, le 27 octobre 2016

CRÉATION D’ENTREPRISE/BELFORT. Sacré défi que ce sont lancé deux étudiants de l'Esta (école supérieure des techniques et des affaires) de Belfort.
Depuis la création de Dynamissions ce printemps, Thomas François et Guillaume Gelot, étudiants en 3ème année, mènent de front le développement de leur entreprise de marketing et commercial, et leurs études.

Les petites entreprises industrielles sont leur cible privilégiée.

 

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Thomas François (à gauche) et Guillaume Gelot. © Pierre Yves Ratti.

 

Pour ceux qui doutent encore de l'importance des stages pendant les études, le projet de ces deux étudiants de l'Esta (Ecole supérieure des techniques et des affaires) de Belfort lèvera les dernières réticences. Thomas François et Guillaume Gelot ont créé en mars 2016 leur SAS (société par actions simplifiée) : Dynamissions. Le premier en est le président ; le second le directeur général.

 

L'idée leur est venue au cours de leurs stages, notamment à l'étranger, un des passages obligés du cursus de l'Esta. Ils ont fait le constat que bien des entreprises ne sont pas structurées ou n'ont pas les moyens de le faire pour explorer de nouveaux marchés, notamment à l'export.


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« Les chefs d'entreprise, dans l'industrie, sont le plus souvent des techniciens et pas des spécialistes du marketing. Et, ils ne souhaitent pas embaucher pour une mission qui représente l'équivalent de 6 mois de travail. Alors ils répartissent les taches de marketing, commercial et communication entre différents salariés, quitte à les retarder dans la réalisation de leur tâche principale » expliquent en substance les étudiants entrepreneurs.


Dynamissions vise donc à proposer des services externalisés, uniquement pour des entreprises industrielles, essentiellement pour assurer un développement commercial, en particulier à l’exportation.

 

Plus largement, l'offre de la TPE repose sur trois axes : le développement commercial, le conseil en marketing et les produits imprimés, de la carte de visite au 4 x 3, en passant par le mobilier d'exposition ou d'événement. « L'avantage pour le chef d'entreprise, c'est la flexibilité. En plus, nous avons une obligation de résultat, car c'est du succès de notre mission dont dépend notre activité. »

 

Un aménagement de l’emploi du temps

 

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L'Esta forme des ingénieurs avec une double compétence, technique et commerciale. © Esta.

 

Thomas François et Guillaume Gelot annoncent être en mesure d'apporter une solution à la carte pour chaque client. Ils rencontrent chaque prospect gratuitement pour une analyse du besoin et établissent ensuite un cahier des charges avec le budget correspondant : « Le client sait ce que cela lui coûte, peut planifier ses dépenses et dispose d'une prestation construite sur mesure. »

 

Les contacts établis lors de leurs stages en entreprises ont été plutôt fructueux : ils ont déjà décroché une trentaine de contrats dans l’industrie et 5 à 7 clients dans d'autres secteurs.

 

Mais pas de noms : question de confidentialité, puisqu'ils travaillent sur des projets de nouveaux développements. Leur portefeuille clients provient de la sous-traitance automobile, des machines agricoles, des services à l'industrie, des machines pour travaux publics.

 

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Si bien que l'objectif de 80.000 € de chiffre d'affaires pour la première année est en bonne voie d’accomplissement. Et si leur emploi du temps le leur permettait, ils affirment qu'ils pourraient avoir déjà 37 clients !

 

Leur emploi du temps est bien rempli : ils doivent en effet mener de front leurs études et le développement de leur entreprise, même si l'Esta les appuie dans leur démarche. Ils bénéficient d’un aménagement de leur emploi du temps : 50% en cours et l'autre moitié pour leur SAS, et d’une domiciliation à l'Esta, avec la mise à disposition un bureau. Ils assument le reste des charges de fonctionnement de la société.

 

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Dynamissions cible les entreprises ne sont pas structurées ou n'ont pas les moyens de le faire pour explorer de nouveaux marchés, notamment à l'export.

 

« La vie d’étudiant-chef d’entreprise n’est pas simple quand il faut répondre à la demande d’un client en moins de deux heures de 7 h à 23 h », soulignent les deux étudiants, en 3e année (le cursus en compte 5), qui se dispensent des matières abordées en entreprise. Mais ils devront quand même passer les mêmes épreuves que les autres étudiants.

 

Thomas François et Guillaume Gelot affichent déjà de nouvelles ambitions. Par exemple créer en 2017 une structure en Allemagne, un de leurs marchés de prédilection, avec la Suisse et l'Autriche.

 

Côté recrutements, ils sont déjà en quête d'un stagiaire germanophile chargé de la prospection et du suivi de la clientèle. Et si le développement de Dynamissions se poursuit sur sa lancée, ils espèrent pouvoir recruter cinq personnes d'ici deux ans.


Si tout va bien, d'ici là, ils seront à la fois chefs d'entreprise et nouveaux diplômés de l'Esta.

 

« Leur première vie, c'est d'être étudiants »

 

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Jean Grenier-Godard, directeur de l'Esta. © Esta.

Le directeur de l'Esta, Jean Grenier-Godard, insiste sur l'objectif final de la formation, à savoir le diplôme de fin d'études. « Ils se rendent compte qu'ils peuvent vite dériver vers le business, mais nous sommes là pour leur rappeler que même s’ils ont une double vie, leur première, c'est d'être étudiants. Nous avons construit un parcours d'étudiants entrepreneurs, mais ils ne doivent rien lâcher sur leur parcours à l'Esta, jusqu'au diplôme.»


Reste que le directeur appuie leur démarche en tant que manière différente d'apprendre : « Apprendre en faisant ». Les deux étudiants entrepreneurs ont donc dû présenter leur projet avant d'avoir le feu vert de l’école, et sont suivis chaque semaine, avec un entretien d'étape.


Le directeur de l'Esta n'imagine pas que ce genre d'initiative se développe au-delà d'un ou deux projets par an. « C'est fortement lié à la personnalité des étudiants. Ils ont trouvé une opportunité de marché lors de leur stage de 3e année et ont voulu se lancer. »

 

Quant au projet de pépinière d'entreprises d'étudiants qui a été imaginé voici quelques années à l'Esta, il a fait long feu. Jean Grenier-Godard explique qu'il était destiné aux étudiants diplômés, mais que ceux qui se lancent dans la création d'entreprise le font sous d'autres cieux.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Territoire de Belfort, Belfort, enseignement supérieur, création d'entreprise, marketing, ESTA, Jean Grenier Godard, commercial, Bourgogne Franche-Comté, Dynamissions, Thomas François, Guillaume Gelot

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1 réponse(s) à "Étudiant - chef d'entreprise ? Mission pas impossible pour les fondateurs de Dynamissions"

  1. E.Mouhotdit :

    Un bel exemple de la réactivité et de la créativité des étudiants de l'ESTA.

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