En Alsace, l'éternelle start-up Cooltech progresse vers ses premiers contrats dans l’industrie du froid

Publié par Mathieu Noyer, le 01 février 2018

INNOVATION/BAS-RHIN. Quatorze ans dans le froid, ça conserve ! Depuis 2003, Cooltech planche sur l'application industrielle de ses recherches sur le froid magnétique.

Celles-ci ont été lancées, et sont toujours conduites aujourd'hui, par son fondateur Christian Muller, un scientifique de haut vol.

 

equipements
L'entreprise dispose d'équipements performants.


La société de 19 salariés à Holtzheim (Bas-Rhin) a déposé quelque 300 brevets, record mondial dans sa spécialité. Elle a levé 38 millions d’€, dont environ la moitié auprès de son actionnariat, constitué de plusieurs fonds, comme Demeter Partners et du holding de la famille Dassault. Ces longs efforts vont se prolonger par une nouvelle levée de 5 à 10 millions d’€ durant ce semestre. Et ils sont en passe de porter leurs fruits.

 

Cooltech Applications escompte signer dans les prochains mois ses premiers contrats avec des équipementiers qui pourront intégrer ses innovations dans leur offre de solutions énergétiques.

 

Pour déclencher et accompagner ce tournant, les actionnaires ont recruté, au 1er septembre dernier, un nouveau président venu de l'industrie du froid-climatisation, Pierre-Yves Rollet. Christian Muller se concentre sur la poursuite des recherches en tant que directeur scientifique.

 

LCR 

 

En soi, le froid magnétique est un phénomène connu depuis un bon siècle. Il exploite la variation de température caractéristique de certains matériaux quand ils sont soumis à un champ magnétique : ils s'échauffent quand ils sont plongés dans un champ magnétique puis se refroidissent lorsqu'ils en sont retirés. La réaction atteint son maximum quand le métal approche de sa température dite “de Curie”.


Ce principe, qui rappelle celui de l'échangeur thermique, prend la forme, chez Cooltech Applications de lames métalliques et de petites turbines. Evidemment, la réalité est un poil plus complexe. Les murs de Cooltech sont tapissés d'équations incompréhensibles au commun des mortels... et même à des esprits plus scientifiques.


Une réfrigération-climatisation sans émission de gaz


Pour transformer l'essai du froid magnétique en réalité industrielle, un premier enjeu consiste à faire monter le phénomène en puissance, au sens littéral. Or l'alliage le plus répandu, à base de gadolinium, atteint ses limites de ce point de vue.

 

turbine
Des petites turbines pour faire fonctionner le froid magnétique.

 

Il ne dégage qu'une puissance d'1 kW (kilowatt) et une amplitude réduite à 25 degrés, là où une climatisation auto de base en requiert 5 kW au moins. Or depuis peu, d'autres solutions issues des “terres rares” émergent et Cooltech planche dessus avec frénésie.

 

« Leurs amplitudes de - 120 à + 50 C avec une puissance de 20 kW ou plus permettent d'alimenter des installations de 200 à 400 m2. De cette façon, nous pouvons orienter notre prospection vers le marché de la réfrigération en milieux industriel et commercial : vitrines et stockage en hyper et supermarchés, data center, lignes de peinture »…, expose Pierre-Yves Rollet. Les clients potentiels sont les fabricants de machines frigorifiques (réfrigération ou climatisation).

 

corriin 

 

Par ailleurs, ce froid magnétique génère une réfrigération-climatisation “propre”, sans émission de gaz. C'est un argumentaire majeur pour la PME. « Le critère écologique a la capacité de se transformer en atout économique majeur », appuie Pierre-Yves Rollet. Il pose le froid magnétique en alternative aux gaz connus pour leur nocivité.


Or le contexte juridique évolue en défaveur de ceux-ci. La réglementation internationale a successivement interdit les gaz fluorés nocifs d'abord pour la couche d'ozone (les CFC et les HCFC) et désormais ceux identifiés comme propices au réchauffement climatique, les HFC : l'avenant de fin 2016 à l'accord international de Kigali impose leur réduction de 80 % d'ici à 2040, et de 45 % dès 2030).

 

atelier 

 

« Les alternatives (gaz HFO, ammoniac, C02) présentent toutes des inconvénients. « Dans l'Union européenne, la directive F-Gas révisée de 2014 aboutit aussi à accorder un avantage aux solutions non nuisibles au réchauffement climatique », ajoute le président de Cooltech Applications.


Ces diverses avancées ouvrent à cette éternelle start-up la perspective de dégager pour la première fois un chiffre d'affaires récurrent.

 

pyrolletQui est Pierre-Yves Rollet ?

 

P-DG de Cooltech depuis le 1er septembre 2017, Pierre-Yves Rollet apporte à la PME ses 22 ans d'expérience de management dans le domaine du froid-climatisation-ventilation, et sa connaissance mondiale de ce marché. Il a passé l'essentiel de sa carrière au sein du groupe Carrier.


Enchaînant direction de filiales, présidence France et vice-présidence groupe de la division « commercial system », il a été la cheville ouvrière de l'alliance de Carrier avec le japonais Toshiba puis de son extension à Midéa, un géant chinois de la climatisation.


Pierre-Yves Rollet a quitté le groupe en 2011 dont il présidait alors la division EMEA (Europe-Moyen-Orient-Afrique), pour entamer une seconde vue de consultant du secteur, « notamment auprès de groupes extra-européens pour leur stratégie d'entrée sur le marché européen ».

 

Toutes les photos ont été fournies par l'entreprise.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Alsace, Grand Est, Bas-Rhin, Cooltech, génie climatique, Cooltech Applications, Pierre-Yves Rollet

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1 réponse(s) à "En Alsace, l'éternelle start-up Cooltech progresse vers ses premiers contrats dans l’industrie du froid"

  1. Michel078dit :

    En Alsace, l'éternelle JEUNE POUSSE Cooltech progresse vers ses premiers contrats dans l’industrie du froid

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