En Moselle, Total parachève la reconversion de la plateforme pétrochimique de Carling

Publié par Philippe Bohlinger, le 24 mai 2018

CHIMIE/MOSELLE. Les premiers conteneurs de résine C4 polymérisée - un additif pour la fabrication de pneumatiques  - de la plateforme de Carling ont été commercialisés par Cray Valley (groupe Total) en mai dernier.
La mise en service de cette nouvelle unité parachève le projet de reconversion engagé en 2013 par le géant français au prix d’un investissement de 180 millions d’€.

Le groupe et neuf autres industriels se sont regroupés au sein de l’association Chemesis pour attirer de nouveaux acteurs.  

 

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Les premiers conteneurs de résine C4 ont été commercialisés en mai dernier. © Philippe Zamora.

 

La plateforme de Carling, en Moselle, a démarré son activité en 1954 dans la carbochimie pour transformer les sous-produits issus de la fabrication du coke. Avec le déclin des houillères de Lorraine, elle s’est réorientée vers la pétrochimie de base, comme en témoigne encore les six cheminées du vapocraqueur arrêté en 2015 et les cuves de stockage du naphta, un produit issu de la distillation du pétrole.


Le projet de 180 millions d’€ engagé en 2013 a permis à Total Petrochemicals France – le principal industriel de la plateforme pétrochimique – d’engager la troisième reconversion de l’histoire du site de Carling, cette fois dans la fabrication de polymères et de résines d’hydrocarbures.

 

Pour produire ces composés à valeur-ajoutée, le groupe français importe désormais les éléments pétrochimiques de base par pipe-line ou par train. « Notre positionnement géographique ne nous permettait plus d’être compétitifs dans un contexte de concurrence accrue dans la chimie de base », témoigne Franky Smisaert, directeur de la plateforme.

 


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Le projet a préservé 370 des 450 emplois du site de Total Petrochemicals. Il s’est notamment traduit par la création d’une unité de résine polybutadiène (la résine C4), l’implantation de deux lignes de polypropylène compound (PPC) et l’augmentation de capacité de polystyrène.


La mise en service de l’unité de polymérisation de résine C4 vient de parachever le plan d’investissement industriel. Les premiers conteneurs ont été commercialisés en mai 2018. Dix-huit mois se sont écoulés pour que les clients homologuent le produit. Sa construction a également nécessité de revoir le dimensionnement des utilités (vapeur, eau, gaz naturel, etc.) calibrées pour alimenter un vapocraqueur…

 

L’unité qui emploie 40 personnes, utilise du butadiène (une sorte d’hydrocarbure) pour polymériser dans un réacteur la fameuse résine selon un procédé par “batch” (par étapes successives).

 

« La résine C4 est principalement utilisée comme additif dans la fabrication de pneumatiques et aussi comme adhésif pour les écrans de smartphones, les pièces automobiles etc. », livre Johan David, chef de fabrication. L’unité est rattachée à l’entité Cray Valley (groupe Total) qui commercialise les résines d’hydrocarbure et a implanté à Carling son centre de recherche et développement européen.


Du polystyrène recyclé dans les procédés d’ici 2019

 

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Les granulés noirs de PPC sont utilisés notamment dans l’industrie automobile. © Olivier Lievin.

 

A quelques centaines de mètres, les ateliers de polypropylène compound (PPC) et leurs hauts silos contrastent avec l’enchevêtrement de conduites caractéristiques de l’unité de résine C4. Une extrudeuse fabrique des granulés noirs utilisés pour produire des pièces dans l’industrie automobile à partir de polypropylène, de talc et de différents additifs.

 

« Au bout d’un an d’activité, nous avons atteint 60% de la capacité. En 2018 nous ciblons 90% », résume Romuald Gascons, responsable des unités PPC et polystyrène. L’aménagement d’une troisième ligne de PPC n’est désormais pas à exclure.


La reconversion de Carling l’a par ailleurs positionné comme le premier site de production de polystyrène de Total en Europe (260.000 tonnes par an). La plateforme œuvre maintenant à l’intégration du polystyrène recyclé dans ses procédés. Le 17 novembre 2017, un premier essai industriel a permis de produire 60 tonnes de polystyrène comprenant 10% de paillettes issues de la collecte sélective des déchets ménagers.

 

Mais pour porter ce projet à l’échelon industriel d’ici 2019, Total va devoir travailler sur la disponibilité de la ressource et perfectionner son procédé tout en suscitant l’intérêt de la filière aval.

 

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Le polypropylène et le talc nécessaires à la production de polypropylène compound (PPC) sont stockés en silos. © Olivier Lievin.

 

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Qu’est-ce que l’association Chemesis ?


Dix industriels de la plateforme de Carling et du Composite Park voisin de Saint-Avold se sont associés en 2013 sous l’impulsion de Total pour créer Chemesis. L’ambition de cette association est de créer des synergies en matière de services et de fourniture d’utilités, mais aussi d’attirer de nouveaux industriels sur le site de 600 hectares classé Seveso seuil haut.

« Il est difficile de trouver du foncier en France pour démarrer des activités en Seveso », argumente Franky Smisaert, directeur de la plateforme de Total-Carling et président de Chemesis.
Ses acteurs (Arkema, Altuglas, Air Liquide, etc.) mettent à disposition 50 hectares pour l'installation de nouvelles entreprises et comptent sur 240 hectares à l’horizon 2020, avec le démantèlement programmé d’un des deux vapocraqueurs qui devrait débuter cette année.

Après l’arrivée de SNF Coagulants à Saint-Avold, c’est Metabolic Explorer qui devrait implanter prochainement son activité à Carling.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Grand Est, Moselle, Carling Saint-Avold, METabolic Explorer , Total Petrochemicals, Cray Valley, association Chemesis, Composite Park, SNF Coagulants

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