En Moselle, Euro Dieuze Industrie investit dans le recyclage des batteries de véhicules électriques

Publié par Philippe Bohlinger, le 31 août 2016

RECYCLAGE/MOSELLE. Le décollage des ventes de véhicules électriques en Europe devrait booster l’activité d’Euro Dieuze Industrie, filiale de SARP Industries (groupe Veolia) à Dieuze (Moselle).

Le centre de traitement valorise déjà les batteries usagées des modèles « historiques » dans le cadre d’un programme Investissements d’avenir avec Renault.

Paradoxalement, ce spécialiste du recyclage des piles domestiques et accumulateurs peine à trouver des filières pour le lithium issu de ses activités.

 

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Cette filiale de SARP Industries capte 40% des piles domestiques et accumulateurs usagés du marché français. ©Philippe Bohlinger

 

Le mosellan Euro Dieuze Industrie compte capter une bonne part des batteries usagées des véhicules électriques mis en circulation en Europe. Sa maison mère, SARP Industries (groupe Veolia) y a investi ces six dernières années dans une ligne de démantèlement et de recyclage. Elle a accueilli le 21 juin dernier la remise des trophées « responsible care » de l‘Union des industries chimiques du Grand-est (UIC Est).

 

En s’installant il y a vingt ans à Dieuze (Moselle), l’entreprise avait innové, portant la valorisation des piles alcalines/salines et accumulateurs à un niveau industriel. Ses clients, les eco-organismes européens, lui en confient chaque année entre 5 et 6.000 tonnes dans le cadre de la responsabilité élargie du producteur (REP).

 

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Ces déchets sont traités à froid par hydrométallurgie : les différents métaux sont mise en solution chimique avant séparation. « La directive européenne (2006/66/CE) a fixé à 50% l’objectif de recyclage des batteries et accumulateurs », rappelle Denis Foy, directeur d’Euro Dieuze Industrie l’entreprise (30 personnes, 5 millions d’€ de chiffre d’affaires).

 

En France, l’entreprise truste 40% du marché. Mais, elle lit aujourd’hui son avenir dans la poudre de métaux ou « black mass » tirée des 300 kg d’une batterie de véhicule électrique.

 

Obtenue après démantèlement des batteries et traitement chimique des cellules, cette poudre noire renferme des métaux à forte valeur-ajoutée (cobalt, manganèse, lithium, etc.)

 

Investissements d’avenir avec Renault

 

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Trente personnes travaillent sur le site mosellan classé Seveso "seuil haut". ©Philippe Bohlinger

 

« Nous avons de réelles perspectives de doubler voire de tripler les capacités de notre centre de traitement », se réjouit le directeur. L’industriel valorise déjà les batteries des modèles historiques Renault-Zoé, Renault Kangoo ZE et Nissan-Leaf.

 

Un projet sur trois ans de Veolia et Renault a été sélectionné en 2014 dans le cadre des Investissements d’avenir. Objectif : industrialiser le recyclage des batteries des véhicules électriques sur le site de Dieuze.

 

Bien entendu, Euro Dieuze Industrie n’est pas seul à convoiter ce marché estimé à 130.000 tonnes de batteries à l’horizon 2030. Dans le Nord-est, l’entreprise est notamment en concurrence avec le groupe minier belge Umicore.

 

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Enfouissement du lithium

 

Elle doit également compter avec les filières de recyclage lancées par les constructeurs comme Tesla et Bolloré. Enfin, la filiale de SARP Industries devra tenir compte des autres voies de valorisation à l’étude, comme l’utilisation des anciennes batteries pour stocker l’énergie renouvelable.

 

Second enjeu majeur pour l’industriel, le développement d’une filière de valorisation du lithium extrait des batteries Li-ions et piles au lithium.

 

« Aujourd’hui, il existe des clients pour tous les métaux à l’exception du lithium. C’est paradoxal, car ce métal est présent dans de nombreux appareils domestiques (smartphones, ordinateurs portables, appareils photos numériques, piles boutons, etc.). Il faut dire que la ressource naturelle existe en quantité suffisante avec un niveau de pureté suffisamment intéressant », glisse le directeur de l’unité de valorisation.

 

En revanche, 75% de cette ressource demeure concentrée dans trois ou quatre pays.  Dans l’attente de la création d’une filière de reprise, le métal est actuellement stocké par enfouissement…

 

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Denis Foy. ©Philippe Bohlinger

Qui est Denis Foy ?

 

Originaire du Sud-Ouest, Denis Foy s’imaginait davantage maître de conférences à la fac que directeur d’un site de valorisation des déchets. Mais ce docteur en chimie des matériaux de l’Université Bordeaux 1 est tombé dans la marmite du monde industriel.

 

Il a démarré sa carrière au poste de chargé d’études R&D dans une filiale de SARP Industries : Cedilor à Amnéville (Moselle). Nommé, il y a quatre ans à la tête d’Euro Dieuze Industrie, il a découvert un site de 1,5 hectare classé Seveso seuil haut « soit  le même niveau dans la nomenclature ICPE que la plateforme pétrochimique de Carling (Moselle)», pointe-t-il.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Grand Est, recyclage, Moselle, Renault, SARP Industries, Dieuze, Denis Foy, UIC Est, Union des industries chimiques du Grand Est

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