En Lorraine, la manufacture Collinet numérise sa fabrication de sièges et de meubles haut-de-gamme

Publié par Philippe Bohlinger, le 16 mai 2018

LUXE/MEUSE. L’emblématique manufacture de sièges ne badine pas avec la modernisation des outils de production. Collinet à Baudignécourt (Meuse) vient de mettre en service un nouvel atelier de fabrication de meubles équipé en machines à commande numérique.
Fournisseur privilégié des décorateurs d’intérieurs pour les hôtels de luxe et l’Élysée, et aussi de Roche Bobois, l’entreprise familiale a investi ces dernières années 1,5 million d’€ pour augmenter ses capacités de production.

 

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Collinet a mis en service début 2018 un nouvel atelier de fabrication de meubles. © Philippe Bohlinger.

 

Installée à Baudignécourt, à une heure de Nancy, Collinet perpétue depuis 130 ans la tradition du siège français. Elle y emploie 90 salariés et une dizaine d’intérimaires, soit quasiment autant que la population de cette commune rurale de la Meuse. La société familiale labellisée « Entreprise du patrimoine vivant » joue la carte de la performance en s’appuyant sur des métiers traditionnels : menuiserie-ébénisterie, finition et tapisserie.

 

Son récent investissement de 500.000 € dans un nouvel atelier de fabrication de meubles en témoigne. Les équipements à commande numérique mis en service en janvier 2018 (scie, centre d’usinage et plaqueuse de champs) ont façonné leurs premiers produits.

 

Ils embelliront un site emblématique de la reconversion du territoire : le centre de formation international du groupe belge CMI (Cockerill Maintenance & Ingénierie) à Commercy (Meuse) aménagé sur une ancienne base militaire.

 

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« Cet investissement nous a permis de gagner en compétitivité et en réactivité pour livrer de grosses commandes et de limiter le recours à la sous-traitance », se réjouit Stéphane Davoli, président de Collinet. L’homme codirige l’entreprise avec Sylvie, Ophélie et Virginie Collinet. Elles sont les héritières d’un précieux savoir-faire également incarné sur le territoire par les manufactures Laval et Henryot à Liffol-le-Grand (Vosges), berceau du meuble de style.


Ces trois dernières années, les quatre actionnaires ont injecté 1,5 million d’€ pour augmenter leurs capacités de production : nouvel atelier de fabrication de siège, doublement de superficie pour l’atelier de tapisserie, etc.

 

Une clientèle d’établissements de luxe

 

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La société a intégré toute la chaîne des savoir-faire, y compris la tapisserie. © Philippe Bohlinger.

 

La saga Collinet a débuté par la livraison de carcasses de sièges aux tapissiers du Sentier à Paris. L’entreprise a par la suite opportunément internalisé la totalité de la conception pour commercialiser ses produits via les grands réseaux de distribution de meubles. Les difficultés du moyen-de-gamme l’ont poussé à opérer un virage à 180 degrés pour concentrer ses efforts sur l’hôtellerie de luxe.

 

En dix ans, les collaborations nouées avec des décorateurs d’intérieurs parisiens lui ont permis d’atteindre 80% de chiffre d’affaires sur ce secteur. Collinet a livré dernièrement les banquettes, tables et guéridons des parties communes de l’hôtel Martinez à Cannes. Fournisseur de l’Élysée, le fabricant réserve toutefois encore 20% de sa production à la distribution via l’enseigne Roche Bobois.

 

La bonne santé de la société s’est confirmée sur les deux derniers exercices avec une hausse cumulée de 17% du chiffre d’affaires (11,5 millions d’€ en 2017). Et l’activité du premier trimestre 2018 continue sur cette lancée avec une progression de 30% par rapport à l’année précédente.

 

Pour autant, le président de Collinet reste prudent : « Nous travaillons dans l’éphémère. Notre activité repose sur des commandes ponctuelles, avec des carnets de commandes qui n’offrent pas de visibilité au-delà de deux mois. »

 

 

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Pour maintenir le niveau d’activité, la manufacture investit les salons spécialisés en hôtellerie et profite d’une bonne visibilité avec un site Internet. Elle joue également la carte de la réactivité. Pour livrer ses 300 modèles en catalogue dans des délais extrêmement serrés, Collinet stocke des carcasses de sièges qu’elle personnalise ensuite selon le cahier des charges de ses clients (teinte, tissu, finition). La fabrique peut également compter sur une main d’œuvre talentueuse, véritable enjeu dans un territoire très rural…

 

« Nous serions prêts à recruter immédiatement un tapissier et un menuisier-ébéniste, malheureusement le territoire souffre d’un déficit d’attractivité et les infrastructures de transport manquent pour aider les jeunes à venir se former dans les entreprises », déplore Stéphane Davoli. 

 

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© Philippe Bohlinger.

Qui est Stéphane Davoli ?


L’engagement de Stéphane Davoli, 47 ans, a été décisif dans la transmission de Collinet à la cinquième génération de dirigeants familiaux.

Ce lorrain diplômé de l’Ecole nationale des industries chimiques de Nancy (Ensic) était passé par le cabinet de conseil et d’audit en organisation, 3A Consulting.

Il a convaincu son épouse, Sylvie Collinet et ses deux sœurs, Ophélie et Virginie, de relever le défi avec lui.

Ensemble, ils ont pris la succession de José Collinet pour poursuivre l’aventure démarrée en 1887.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Grand Est, ameublement, investissements, Meuse, Nancy, Siège de Liffol, Collinet, Cockerill Maintenance & Ingénierie, Stéphane Davoli , fabrication de sièges

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