En levant un million d’euros, Vivoka prépare l’industrialisation de sa solution d’intelligence artificielle à reconnaissance vocale

Publié par Christiane Perruchot, le 26 février 2018

DOMOTIQUE/METZ. Sur le marché très concurrentiel des assistants de reconnaissance vocale, la jeune entreprise lorraine, de retour du CES de Las Vegas, fait le pari d’une solution technique bon marché, intuitive et compatible avec tous les protocoles.
Vivoka vient de lever un million d’€ pour préparer l'industrialisation et lancer la commercialisation avant la fin de l'année. Avec pour première cible, les gestionnaires de parcs immobiliers et les bailleurs sociaux.

 

zac
L'application domotique prend la forme d'un hologramme de raton laveur baptisé Zac.

 

Comment faire sa place sur le marché des assistants vocaux pour la maison sans les moyens marketing des géants du Web et de l’informatique que sont les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) ?

 

Le trio fondateur de Vivoka à Metz (Moselle), William Simonin, Geoffrey Heckmann et Vincent Leroy pense avoir trouvé la réponse avec une intelligence artificielle intuitive, adaptée à la domotique, mais dont les applications peuvent être étendues à d'autres secteurs.

 

« Comprendre tout le langage humain n’est pas possible pour un assistant de reconnaissance vocal, le nôtre est doté d’un vocabulaire technique et adapté à la configuration de la maison où il va être installé », explique William Simonin, le P-DG.

 

En plus d’identifier les objets de la maison qui sont connectés (lampes, thermostats, …), le logiciel connaît les lieux où sont installés (la chambre d’Untel, le séjour, le plafond d’une pièce…). Les concepteurs ajoutent un atout qui peut éviter tout quiproquo entre l’utilisateur et le logiciel : celui-ci a appris à parler français avec la syntaxe de notre langue et, s'il vous plaît, sans accent !

 

cfailorraine

 

Concrètement, l’assistant prend la forme d’un hologramme sympathique hébergé dans une “box”, un raton laveur baptisé Zac que l’on peut interpeller par son prénom : « Zac, allume le radiateur de la salle de bain ; Zac, branche l’alarme, etc. »


Zac peut être aussi livré à lui-même. Compatible avec des capteurs (détecteurs de mouvements, de présence), il peut éteindre un éclairage ou baisser le chauffage automatiquement lorsqu’une personne quitte la pièce.

 

Une autre version échappe à la conversation : le logiciel intègre alors une cartographie 3D de la maison avec la visualisation des équipements connectés ; l’utilisateur appuie sur l’image de la fonction pour l’activer. « Cette approche intuitive évite d'avoir plusieurs télécommandes, ce qui peut constituer un frein au recours à la domotique », ajoute William Simonin.

 

D’abord la cible de l’immobilier, promoteurs et bailleurs sociaux

 

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La "box” réunit toutes les commandes des objets connectés.

 

Cerise sur le gateau, tous les objets de la maison se connectent entre eux simplement, grâce à un équipement “Plug & Play” qui s’insère entre l’objet et la prise de courant quelque soit le protocole (Enocean, Zigbee, Z-wave, KNX, bluetooth et Wi-Fi). « Nous voulions une domotique accessible à tous, facile à installer, sans travaux », résume le jeune dirigeant.

 

Présente au CES (Consumer Technoloy) de Las Vegas - un gros investissement pour une petite entreprise qui ne réalise pas encore de chiffre d’affaires -, Vivoka y a testé les débouchés potentiels en dehors de la maison individuelle : le maintien à domicile des personnes âgées, les gestionnaires de parcs immobiliers (promoteurs et bailleurs sociaux), mais aussi l’e-commerce et pourquoi pas, l’industrie.


LCR

 

Une levée de fonds de 1 million d’€ récemment conclue a confirmé l’intérêt des professionnels de l’immobilier. Aux côtés des trois fondateurs, majoritaires, sont entrés au capital le groupe de BTP du sud-ouest Etchart (chiffre d’affaires de 260 millions d’€), l’ancien directeur général de Numéricable-SFR, Éric Denoyer, des investisseurs immobiliers luxembourgeois et l’opérateur de services internet Adista.


« Ces investisseurs vont aussi nous accompagner dans les bons choix stratégiques », note William Simonin. Car devant une concurrence internationale, Vivoka doit se positionner rapidement pour prendre toute sa place dans les chaumières.

 

L’industrialisation que les jeunes chefs d'entreprises tiennent à sous-traiter en France, puis la commercialisation des premiers produits intégrant la solution d’intelligence artificielle à reconnaissance vocale devraient démarrer avant la fin de l’année.


Qui sont William Simonin, Geoffrey Heckmann et Vincent Leroy ?

 

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De gauche à droite : Vincent Leroy, William Simonin et Geoffroy Heckmann.

 

Ils n’ont pas la trentaine et se sont rencontrés sur les bancs de l’Ecole de l’expertise informatique Epitech à Nancy (Meurthe-et-Moselle). Stages et études complémentaires ont déterminé la fonction qu’ils occupent aujourd’hui au sein de l’entreprise hébergée à la pépinière Synergie Lorraine, accélérateur de start-up de la CCI Lorraine à Metz, qu’ils ont créée en 2015.
Avec son double diplôme " Computing and Entrepreneurship " à l’Université de Kent (Angleterre), William Simonin est devenu le P-DG.
Des stages dans plusieurs pays et à une année passée aux États-Unis, ont permis à Geoffrey Heckmann d’ajouter des compétences de management à son bagage technique ; c’est le directeur technique.
Vincent Leroy est, lui, l’ingénieur système grâce à un diplôme de sécurité reçu à l'Université de Kent, et précédemment, un DUT électrotechnique.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises
Innovation

Mots-clés : Grand Est, Zac, Moselle, domotique, Metz, logiciels, assistant de reconnaissance vocale, Vivoka, William Simonin, Geoffrey Heckmann , Vincent Leroy

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