Egalité professionnelle hommes-femmes dans l’Est : le travail de terrain de FETE auprès des représentants du personnel

Publié par Christiane Perruchot, le 08 février 2018

RESSOURCES HUMAINES/EST. Déclarée grande cause du quinquennat d’Emmanuel Macron, l’égalité salariale hommes-femmes est d’actualité en ce début d’année avec la promesse du gouvernement d’un plan d’actions d’ici deux ou trois mois.
En Bourgogne-Franche-Comté et dans le Grand Est, depuis plusieurs années, le sujet fait l’objet d’un travail de terrain de la coopérative FETE, pour Femmes Égalité Emploi.

 

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L'inégalité professionnelle, c'est aussi l'accès aux femmes à certains métiers. Ici, une ingénieure des travaux publics sur le chantier du gazoduc du Val de Saône, en Côte-d'Or. © Traces Ecrites.

 

25 % d’écart salarial, une femme sur trois à temps partiel… Déclarée grande cause du quinquennat d’Emmanuel Macron, l’égalité salariale hommes-femmes est d’actualité en ce début d’année avec les intentions de Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes, et Muriel Pénicaud, ministre du Travail, d’établir « un plan d’actions dans deux ou trois mois ». En Bourgogne-Franche-Comté et dans le Grand Est, le sujet fait l’objet d’un travail de terrain depuis plusieurs années.

 

Pour sensibiliser les employeurs et les salariés, la SCIC FETE – Femmes Égalité Emploi –, coopérative adossée à l’association du même nom a choisi une porte d’entrée singulière : les représentants du personnel.

 

« Sur ces questions, les directions ont des conseils, des avocats ; en revanche, les salariés ne disposent pas de l’information car le sujet n’est pas non plus prioritaire pour les délégués du personnel et les syndicats », explique Coralie Fléty, chargée de mission du programme “Egalité professionnelle : Passez à l’action !”

 

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En plus de la sensibilisation des représentants du personnel, FETE se donne pour objectif de parvenir concrètement à des accords égalité. Cinq chargées de mission organisent des réunions collectives qui précèdent un accompagnement (gratuit) des représentants du personnel, délégués rattachés à un syndicat ou non, sur toutes les étapes de la négociation d’un accord égalité avec la direction.

 

Il existe encore trop d’entreprises où le sujet de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes n’en est pas un, témoignent-elles. Et ce, malgré les lois du 9 novembre 2010 portant sur la réforme des retraites qui oblige les entreprises de plus de 50 salariés d’être couvertes par un accord ou à défaut par un plan d’action en faveur de l’égalité professionnelle, et du 26 octobre 2012 qui fixe à trois les indicateurs d’égalité pour les entreprises de moins de 300 salariés et à quatre pour les plus de 300, dont le sujet de la rémunération.

 

Des actions concrètes et négociées avec la direction

 

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En Bourgogne-Franche-Comté, les femmes gagnent (tous secteurs confondus), 5.970 € (net par an) de moins que les hommes. Ici, une entreprie de textile qui compte parmi les secteurs industriels les plus féminisés. © Traces Ecrites.

 

« Notre but n’est pas de montrer du doigt les entreprises où la mixité n’est pas une préoccupation, ni de faire un rappel à la loi, mais de susciter une réflexion sur le sujet, par exemple pourquoi les femmes sont-elles moins bien payées pour un poste à priori équivalent, pourquoi certains postes sont féminisés et d’autres plutôt réservés aux hommes, de les pousser à faire un diagnostic, puis de favoriser un dialogue déjà au sein de la communauté des salariés. »

 

Les actions inscrites dans l’accord peuvent être très diverses. Certaines peuvent relever du “détail”, d’autant plus facile à mettre en place. Par exemple, ne pas organiser des réunions en fin de journée pour préserver la vie des mères de famille, notamment les familles monoparentales, établir des horaires libres, privilégier la formation sur place ou en e-learning. Côté salaire et carrière professionnelle, un diagnostic peut aider à identifier les postes évolutifs, et évaluer plus les aptitudes que les compétences des personnels.

 

Mis en place depuis 2015 et renouvelé jusqu’en 2018, le programme “Egalité professionnelle : Passez à l’action !” affiche des résultats que FETE elle-même juge assez modeste : en moyenne 35 accords par an et par région. Reste que ce travail de fourmi a quelque chose d’exemplaire qui lui a valu d’être remarqué par le Fonds Social Européen (FSE) par un trophée d’argent en fin d’année dernière. 

 

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En 2017, le bilan affiche 33 interventions et temps collectifs de formation lors desquels elles ont rencontré, informé et sensibilisé 698 personnes délégué(e)s syndicaux(ales), membres des instances représentatives du personnel, inspecteurs (trices) du travail, suivi 88 entreprises de toute taille et de tous les secteurs d’activités et participé à 32 réunions directement dans les entreprises, souvent en tripartite avec les représentant(e)s du personnel et la direction.

 

Et de citer quelques entreprises qui sont parvenues à un accord égalité professionnelle, Fiday Gestion en Haute-Saône, Tech Power Electronics, dans le Jura ou encore le fabricant de menuiseries Oxxo, en Saône-et-Loire.


Inter-régional sur les régions Bourgogne-Franche-Comté et Grand Est, le dispositif “Egalité professionnelle : Passez à l’action !” est désormais étendu à une troisième région, Les Hauts-de-France. Gratuit pour les entreprises, le dispositif est financé par des fonds publics : les DIRECCTE (Directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi), les conseils régionaux de Bourgogne-Franche-Comté et du Grand est, la Délégation Régionale aux Droits des Femmes du Grand Est et le Fonds Social Européen.

 

Complémentaire, l’association FETE organise quant à elles des actions grand public afin de susciter et d'accompagner une évolution des mentalités et des pratiques, y compris auprès des femmes.

 

Parmi les prochaines manifestations, un “Carrefour des Carrières au Féminin” le 9 février 2018 à Mâcon (Saône-et-Loire) a pour vocation d’informer les jeunes filles (collégiennes, lycéennes, étudiantes) et les femmes en recherche d’emploi ou en projet de reconversion (au Cosec Saint-Exupéry, 13h à 17h). Et le 1er mars à Lons-le-Saunier (Jura), le forum “Mix & Match” fera découvrir « les métiers auxquels vous n’avez pas pensé » (à Juraparc, 9h à 13h).

 

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Dans le Grand Est, les femmes gagnent en moyenne tous secteurs confondus, 6.390 € de moins (net par an) que les hommes.  © Traces Ecrites.

 

Les chiffres des inégalités professionnelles dans l’Est 

Source Insee 2014

 

• Taux d’activité des femmes en % (15-64 ans)

Supérieur à 69,9% en Bourgogne-Franche-Comté.
Entre 65,8 % et 69,9 % dans le Grand Est.

• Salariées à temps partiel
30,6% des femmes en Bourgogne-Franche-Comté (hommes, 6,8 %).
31,1% des femmes dans le Grand Est (hommes, 6,4%).
Détails par départements ici.
• Revenus des femmes salariées du privé (net par an)
16.960 € sur une moyenne annuelle dans le Grand Est de 20.590 €, le revenu moyen des hommes s'élevant à 23.350 €.
16.440 € sur une moyenne annuelle en Bourgogne-Franche-Comté de 19.840 €, le revenu moyen des hommes s'élevant à 23.350 €.

 

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Accueil en novembre 2017 au congrès de l’Union départementale de la CFTC de la Moselle. © FETE.

Aller plus loin sur les accords égalité professionnelle en cliquant sur les liens suivants : accordegalite.org et accordegalite.org/que-dit-la-loi Et les actions de FETE.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Emploi - Formation

Mots-clés : Grand Est, Oxxo, Tech Power Electronics, égalité professionnelle, femmes, Bourgogne Franche-Comté, Fiday Gestion, FETE, Fonds social européen

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