EDF et l’Union des Industries et Métiers de la Métallurgie (UIMM) créent une Ecole de production à Chalon-sur-Saône

Publié par Christiane Perruchot, le 15 décembre 2016

FORMATION/SAÔNE-ET-LOIRE. A la rentrée 2017, la seconde Ecole de production de l’Est, après Dole (Jura) dédiée à la réparation automobile, ouvrira à Chalon-sur-Saône.
EDF et l’UIMM de Saône-et-Loire, les co-fondateurs de cet établissement privé, ont choisi les métiers de la mécanique, de l’usinage et de la robinetterie, en pénurie de main d’oeuvre dans le bassin d’emploi de Chalon-sur-Saône.
Singularité : cette école s’adresse aux jeunes de 15 à 18 ans sortis du système scolaire et qui ne veulent plus y retourner.

 

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L'Ecole de production de Chalon-sur-Saône prépare des formations qualifiantes dans des métiers en tension : métallurgie, usinage et robinetterie. © Traces Ecrites.

 

Il ne s’agit pas de concurrencer, assure Marc Rey, le président de l’association École de production de Chalon-sur-Saône, toute juste née le 13 décembre dernier, ni le centre de formation des apprentis de l’industrie (CFAI) de Côte-d’Or et Saône-et-Loire (CFAI 21-71) géré par l’Union des Industries et Métiers de la Métallurgie (UIMM ) ni les lycées professionnels de l'Education nationale.

 

Les jeunes de 15 à 18 ans qu’accueillera cet établissement à la rentrée 2017 ne veulent plus entendre parler d’école, même en alternance.

 

Ils sont sortis du système scolaire et ne veulent plus y revenir. Pas une raison pour ne pas décrocher un diplôme. Deux seront préparés, un CAP et un Bac pro.

 

Aussi, cet établissement de statut privé adapte sa pédagogie à un public réticent aux cours devant le tableau noir. Les deux tiers du temps se passent à l’atelier, la théorie vient en appui à l’exercice pratique.

 

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« Le premier jour, les élèves arrivent en bleu de travail et s’installent devant l’établi », raconte Marc Rey, aux côtés duquel figure Yannick Mahé, le directeur du CFAI 21-71. Leur tâche : fabriquer une pièce que l’une des entreprises partenaires aura commandé à l’école.

 

Pas seulement un exercice de travaux pratique donc, mais du vrai qui permettra au fur et à mesure du cursus d’inculquer les notions de délai, prix, qualité qui valent dans toute entreprise industrielle.

 

« Grâce à la fabrication de pièces et aux relations avec l’entreprise cliente, l’élève retrouve l’estime de soi : chaque commande réalisée est la preuve concrète qu’il est capable de faire bien et de réussir ce que le monde professionnel lui demande », explique Marc Rey, par ailleurs chargé de mission chez EDF Bourgogne - Franche-Comté.

 

« Ces conditions font que le taux d’embauche à la sortie d’une Ecole de production est proche de 100% », assure le président.

 

Manque de main d’œuvre qualifiée et insertion de jeunes en difficulté scolaire

 

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Une douzaine d'entreprises se sont déjà manifestées pour passer des commandes à l'école. © Traces Ecrites.

 

Il existe une vingtaine d’écoles de ce type en France (*), créées par des organisations professionnelles avec l’ambition de résoudre un double problème : le manque de main d’œuvre qualifiée d’une filière économique et l’insertion de jeunes en difficulté scolaire.

 

Chalon-sur-Saône sera la seconde dans l’Est, après Dole (Jura), baptisée Juralternance Pneus et Services qui forme aux métiers de l’entretien et la réparation automobile (contrôle technique, mécanique, etc. ).

 

De statut privé et sans frais d’inscription, tiennent à souligner leurs fondateurs, l’école de production de Chalon-sur-Saône devrait alimenter son budget, pour un tiers avec des commandes d’entreprises.

 

Une douzaine (**) se sont déjà manifestées pour confier des travaux sur mesure ou en petite série. La taxe d’apprentissage et les fonds de formation du conseil régional complèteront les dotations du fonds A2i de l’UIMM et de la Fondation EDF.

 

Sur quatre ans, avec dix élèves par promotion, le budget de fonctionnement est évalué à 1,3 million d’€. Une enveloppe de 846.000 € sera nécessaire à l’achat de machines (tours mécanique, etc.) qui seront installées dans des locaux que l’association cherche à louer en zone industrielle SaônOr à Chalon-sur-Saône.

 

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Une fois le directeur embauché qui s’entourera d’une équipe d’enseignants techniques et de vacataires de l’Education nationale, il s’agira de recruter les jeunes. L’association va s’appuyer sur la mission locale et Pôle Emploi pour « dénicher » les candidats, avec pour seul critère « la bonne volonté ».

 

Le terrain est propice avec dans Le Grand Chalon, un taux de chômage de 18,2% chez les 16-26 ans et encore plus fort dans les quartiers dits difficiles, de 24,8 %. La promotion suivante rentrera en 2018. Les effectifs seront au complet à partir 2020, avec 40 élèves.

 

EDF et l’UIMM ont un objectif avoué de business. « La filière métallurgique en Saône-et-Loire souffre d’un manque de personnel qualifié », explique Marc Rey, et son employeur, EDF est directement concerné. Le producteur d’énergie fait appel à de nombreux sous-traitants, notamment pour le nucléaire, qui ont besoin de main d’oeuvre.

 

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Marc Rey, président de l'association Ecole de production de Chalon-sur-Saône. © Thomas Hazebrouck.

(*) La première École de production fut fondée sous le nom « d’Ateliers d’apprentissage », en 1882 à Lyon, par le Père Boisard, ingénieur et industriel.

Persuadé que le travail pratique correspond mieux à certains jeunes, il recréa les conditions d’un atelier familial, qui valorisent la transmission d’un savoir-faire.

 

(**) Alfa Laval Packinox, Algeco, Ateliers David-Thouvenot, Areva Saint-Marcel et Le Creusot, Buracco, CRM Industrie, Metalliance, Sarrazin Technologies, SEEB Industrie, Saint-Gobain SEVA, SMTL, Robot-Coupe Technologie.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Emploi - Formation

Mots-clés : Dole, Formation, Chalon-sur-Saône, Jura, Saône-et-Loire, Métallurgie, EDF, UIMM de Saône-et-Loire, métiers en tension, Bourgogne Franche-Comté, Ecole de production, CAP, bac professionnel, pénurie de main d'oeuvre, CFAI 21-71, Marc Rey

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