Ecoles d’ingénieurs : l’UTBM et l’ESTA musclent leur collaboration en Franche-Comté

Publié par Didier Hugue, le 11 septembre 2014

ESTA / UTBMINGÉNIEURS. En cette rentrée 2014-2015, l'ESTA et l'UTBM, les deux écoles d’ingénieurs de l'aire urbaine Belfort-Montbéliard, l'une publique et l'autre privée, s’associent officiellement par convention.

Chacune demeurera autonome, mais jouera des synergies réciproques pour améliorer la pédagogie, développer le corps professoral et accroître les programmes de recherche.

Un exemple à suivre, sachant que l’industrie française manque d’ingénieurs aussi à l’aise pour concevoir, organiser, fabriquer que …, pour vendre.

Entretien conjoint avec Jean Grenier Godard, directeur de l’ESTA, et Pascal Brochet, son alter ego de l’UTBM.

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• Pourquoi avez-vous décidé de formaliser en cette rentrée une collaboration déjà ancienne ?

L’avenir est au participatif et nos deux établissements supérieurs, proches géographiquement, entendent offrir la pédagogie la plus complète et la plus adaptée possible au monde économique.

Nous voulons ainsi aller plus loin dans la complémentarité en mariant officiellement nos différences.

L'UTBM (2800 étudiants, 40 millions d’€ de budget, 410 salariés dont 200 enseignants) développe des formations industrielles reconnues en France, comme à l’étranger.

60% des étudiants trouvent un travail avant de décrocher leur diplôme et pour les autres, la recherche d’un emploi ne dure pas plus de cinq semaines.

Jean Grenier Godard, directeur de l’ESTA.
Jean Grenier Godard, directeur de l’ESTA.

De son côté, l'ESTA (215 étudiants, 2 millions d’€ de budget, 3 millions à terme, 9 professeurs et 70 vacataires) a pour spécificité unique d’intégrer à son cursus : la gestion, le management, le marketing et les techniques de vente. 90% des élèves-ingénieurs trouvent un job avant leur diplôme.

Ensemble, la formalisation de nos bonnes pratiques offrira, nous le pensons vraiment, cette addition fausse : 1 + 1 = 3.

• N’y-a-t-il pas eu quelques réticences à « pacser » un établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel avec une école privée créée par des industriels locaux ?

Si, bien sûr, mais nous les avons surmontées. Certains demeurent ancrés dans la défense d’un statut, de chapelles, alors que la France manque cruellement d’ingénieurs.

On évoque le chiffre de 50 000 chaque année en raison d’une désaffection pour l’industrie et les sciences en général.

C’est totalement inacceptable pour un pays comme le nôtre et très pénalisant pour sa croissance car on oriente très mal en faisant fuir des vocations qui seraient bien utiles et judicieusement employées.

En outre, parmi ceux que nous formons, il y en a qui tentent des expériences professionnelles à l’étranger.

Pascal Brochet, directeur de l'UTBM.
Pascal Brochet, directeur de l'UTBM.

Ce combat nous semblait en conséquence d’un autre âge car, comme autre objectif, nous avons la volonté de proposer de nouvelles formations.

• En proposerez-vous dès cette rentrée ?

Plusieurs masters II (bac+5) en génie industriel, entrepreneuriat technologique et industriel et marketing. Nous réfléchissons également à un mastère (bac+6) en management.

• Et quid de la recherche ?

L’UTBM et ses différents laboratoires vont donner à l’ESTA un potentiel important pour se doter d’une véritable école doctorale et lancer de nouveaux programmes de recherche.

Un double ESTA-UHA en 2018

Cette rentrée a aussi été l'occasion d'officialiser une collaboration à caractère pédagogique et scientifique entre l'ESTA et l'Université de Haute-Alsace (UHA). Dans les mois à venir, des échanges entre les étudiants des deux établissements et les enseignants vont conduire, à l'horizon 2018, à un double diplôme.

Déjà, une enseignante-chercheur de l'école nationale supérieure de chimie de Mulhouse (ENSCMu) a intégré l'équipe pédagogique de l'ESTA pour sa toute nouvelle filière chimie qui formera des ingénieurs d'affaires dans cette discipline.

L'Université de Haute-Alsace dispense plus d'une centaine de formations, au sein de 4 facultés, 2 IUT et 2 écoles d'ingénieurs à Mulhouse et Colmar. Elle est reconnue pour ses filières professionnalisantes dont des formations en apprentissage et des cursus bi ou trinationaux.

Photos fournies par l’ESTA et l’UTBM.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Emploi - Formation

Mots-clés : Montbéliard, Territoire de Belfort, Franche-Comté, Belfort, Doubs, enseignement supérieur, UTBM, Pascal Brochet, ESTA, Jean Grenier Godard, école d'ingénieur

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2 réponse(s) à "Ecoles d’ingénieurs : l’UTBM et l’ESTA musclent leur collaboration en Franche-Comté"

  1. Philippe Marceaudit :

    Bonjour, Très bonne nouvelle et bonne optimisation des compétences. Un mariage dont on parlait depuis longtemps. Je suis particulièrement heureux d'en voir la finalisation. Bravo à MMr Brochet et Grenier Godard ! Philippe Marceau,facilitateur de performance

  2. CHEVALIER Pierredit :

    Bravo aux équipes de direction pour cette grand première... Qui devrait montrer la voie du renouveau de la performance collective à beaucoup d'autres j'espère. Ainsi qu'à nos élus politiques !?

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