Ecolactis chauffe l'eau en refroidissant le lait

Publié par Traces Ecrites News, le 14 décembre 2011

RÉFRIGÉRATION. Après 17 années passées chez un fabricant de tanks à lait, Laurent Decaestecker connaît bien les problématiques liées à la conservation de cet aliment.

A tel point qu'il décide en 2008 de monter sa propre société,  baptisée Ecolactis.

Objectif de ce diplômé en commerce international : améliorer les performances des systèmes de réfrigération tout en réduisant à la fois la consommation d'énergie et l'impact environnemental.

Lauréat du réseau Entreprendre Bourgogne, il génère aujourd’hui un chiffre d'affaire de 300 000 .

Cliquez sur les photos pour les agrandir.

Ecolactis naît en décembre 2008. Après un an à se pencher sur un projet novateur, Laurent Decaestecker dépose un brevet international qui lui ouvre un marché potentiel impressionnant : celui de la filière lait, présente dans de très nombreux pays.

Il reçoit alors le soutien de l'incubateur Premice, de la Région Bourgogne et d'Oseo, conscients de sa vocation à exporter.

Cette perspective en tête, Laurent Decaestecker recrute très vite trois techniciens. A eux quatre, ils se chargent de la conception et de la commercialisation des produits.

La fabrication des équipements est quant à elle, sous-traitée. «Les récupérateurs sont assemblés dans la Nièvre, les ballons d'eau chaude sont montés dans l'Yonne». Une fois le produit fini, des frigoristes sont chargés d'installer les récupérateurs d'énergie dans les exploitations.

C'est tout le paradoxe de cette technologie : Plus on génère de froid, plus on peut créer de la chaleur. 

En début de circuit, la chaleur du lait - tout droit sorti du pis de la vache - est extraite par le fréon dans le tank à lait. Le gaz, qui circule dans un conduit, va d'abord être compressé avant de passer dans le récupérateur où un transfert thermique s'effectuera entre le fréon chauffé et l'eau froide.

Refroidi et condensé, le gaz retourne dans le tank où il maintient le lait à une température de 4 degrés. Par ce procédé, le sous-produit généré par le groupe frigorifique - la chaleur - n'est plus gaspillé. Ainsi valorisé, il permet de chauffer l'eau "gratuitement" et rapidement à 55°C, et jusqu’à 70°C.

En deux ans, Ecolactis a équipé près de 120 exploitations, en France, mais aussi en Belgique et en Biélorussie. Mais la TPE voit plus loin : « Nous sommes dans une phase de démarchage dans de nombreux pays comme la Grande-Bretagne, la Suisse, l'Australie ou l'Afrique du Sud ».

Toutefois, malgré de nombreux débouchés, l'entreprise basée à Ahuy (Côte-d'Or) doit faire face à quelques réalités moins souriantes. Ses ventes sont parfois freinées par des problèmes d'ordre structurel.

D'autres métiers que l'agriculture

«Les producteurs de lait réagissent en général positivement à nos produits. Mais souvent les citernes qu'ils utilisent appartiennent aux laiteries - grands groupes ou coopératives - et sont parfois moins enclines à accepter des changements sur leur matériel».

Un désintérêt plus marqué dans l'Ouest où les rendements sont très importants, qu'en Bourgogne où les exploitations sont plus petites.

En outre, Ecolactis n'a pas été totalement épargnée par la crise agricole. Malgré une récente amélioration, Laurent Decaestecker l'admet : «On sent que la trésorerie des producteurs est asséchée, ce qui se répercute dans les investissements. Pourtant, nos équipements ne sont pas très chers: entre 4000 et 7000 € avec l'installation ».

Le monde agricole n'est pas le seul à se servir de groupes frigorifiques. D'autres métiers doivent aussi stocker leurs produits dans le froid.

C'est le cas de «l'agroalimentaire, la restauration collective et les métiers de bouche... quand bien même leurs installations frigorifiques sont plus réduites».

Un créneau encore boudé par la concurrence, mais sur lequel Ecolactis s'est déjà engouffré. Après EcoLacteo pour les éleveurs, Laurent Decaestecker a développé Boostherm, un outil adapté aux groupes frigorifiques de l'hôtellerie et des industries de transformation.

Ecolactis ne se contente plus de vendre du matériel. Elle poursuit une activité de R&D afin de proposer de nouveaux dispositifs destinés à être vendus sous forme de licence. Les constructeurs pourront ainsi intégrer ces innovations dans leurs équipements.

Photos: Ecolactis.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Bourgogne, Côte-d'Or, agriculture, Oséo, filière lait, Ecolactis, Entreprendre Bourgogne, système de réfrigération, Laurent Decaestecker

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3 réponse(s) à "Ecolactis chauffe l'eau en refroidissant le lait"

  1. DUPONTdit :

    Bravo à vous tous. Thomas de Prémice Bourgogne.

  2. DUPONT BRIGITTEdit :

    Je suis fière de vous féliciter pour cette avancée qu'il faut faire découvrir plus encore dans le monde industriel. La rentabilité de l'investissement se calculera rapidement. TRES HEUREUSE DE VOTRE REUSSITE ET DE SON EVOLUTION QUI NE FERA QUE CROÎTRE PERSONNELLEMENT, JE FERAI SUIVRE VOTRE PROJET AUTOUR DE MOI

  3. carlindit :

    Bravo Laurent Continue et bon courage dans ta petite entreprise qui je l'espère ne connaîtra pas la crise... RENEL

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