Dryade Créations embarque sur trois voiliers de légende jusqu’en 2019

Publié par Monique Clémens, le 04 juillet 2018

EQUIPEMENT NAUTIQUE/DOUBS. A plus de 300 milles marins des mers et océans, la petite entreprise de L’Hôpital-du-Grosbois conçoit et fabrique les poulies et pièces d’accastillage des plus beaux bateaux de plaisance classiques du monde.

En cette mi-2018, avec trois grosses commandes à honorer, l’activité bat son plein dans l’atelier.

 

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Dryade fabrique des poulies et des pièces d’accastillage pour les bateaux. © Laurent Cheviet.

 

Dans leur vaste atelier dominant la zone d’activité de la Louière, à L’Hôpital-du-Grosbois, près de Besançon, Christian Terreaux, son épouse Monique et leurs deux fils, Jean-Lou et Sylvain, vivent heureux. Ces locaux adaptés à leur activité artisanale de concepteur et fabricant de poulies et de pièces d’accastillage en bronze pour les plus beaux bateaux du monde sont à plus de 300 milles marins des mers et océans, mais cet éloignement n’est finalement pas un problème.

 

« Un particularisme, pas un inconvénient », décrète désormais Christian Terreaux pour clore le sujet. Ils s’y sont installés en 2010, quand il fut évident que travailler dans l’atelier attenant à la maison familiale de Tarcenay, une commune voisine, devenait vraiment trop difficile, par manque de place, et que c’était là, au-dessus de Besançon, qu’ils souhaitaient continuer à vivre.


Si l’activité est en dents de scie, en ce début d’été 2018, les vacances ne sont pas au programme pour l’équipe de Dryade Créations. Les Terreaux ont à honorer trois grosses commandes pour trois beaux voiliers classiques et s’en réjouissent.

 

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Ils se nomment « Armide », une goélette de 20 mètres datant de 1938, qui sera remise à l’eau à la Ciotat et pour laquelle Dryade doit fournir bronzes et poulies ; « Vera Mary », une goélette de 22 mètres que Georges V avait offerte à son skipper du Britannia ; et « Sumurum », un 30 mètres conçu par l’architecte écossais William Fife en 1914. Pour ce dernier, le nouveau propriétaire a notamment commandé à Dryade la reproduction d’une gravure de style arts déco sur l’embout arrière d’une bôme.


« Nous devons avoir le feeling avec les propriétaires, nous sommes dans leur intimité, et c’est encore plus vrai pour des bateaux classiques », raconte Christian Terreaux, dont tous les clients sont devenus des amis, avec carreaux ouverts permanents pour Dryade sur leurs voiliers de légendes. Ce dont la famille n’abuse pas, mais aller participer à la mise en œuvre du matériel sur le navire fait parfois partie du contrat et des plaisirs du métier.


La particularité de Dryade, c’est d’avoir donné un caractère technique à des pièces restées classiques, tout en assurant des prestations sur-mesure. La table à dessin est au milieu de l’atelier où se côtoient machines à bois et machines mécaniques – seule la fonderie est sous-traitée avant que les pièces ne reviennent brutes pour être polies et subir les dernières finitions. Père et fils s’y succèdent.

 

Trois grosses commandes vont occuper Dryade jusqu’en 2019

 

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Les pièces en bronze fabriquées à l'extérieur sont abrasées dans les ateliers de Dryade. © Laurent Cheviet.

 

« Nous sommes avant tout un bureau d’études tout en étant gréeur. Nous couvrons les 180 degrés du métier et en cela, nous n’avons pas de concurrent », assure le capitaine.

 

Avant de commencer le travail, la petite équipe étudie tout le plan de voilure du bateau, fait des recherches historiques si besoin, et établit un devis détaillé, avec toutes les pièces. Un chantier complet, de sont des dizaines de poulies, des ferrures en bronze, des colliers de mâts de grand voile ou encore des vide-mulets. « Pour un bateau restauré, environ 10% du budget est consacré à l’accastillage, aux poulies et aux gréements », indique Christian Terreaux.


Les trois grosses commandes en cours vont occuper Dryade jusqu’en 2019. L’équipe compte les quatre membres de la famille et le chiffre d’affaires, de 150.000 à 200.000 € en moyenne, est fluctuant.

 

« On surfe. L’année 2017 n’avait pas été très bonne, on avait subi le contrecoup de la crise du luxe. Mais on ne cherche pas à s’enrichir, on s’enrichit d’autres choses, notamment de rencontres. »

 

 

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Dryade a déjà équipé plus de 150 bateaux classiques, dont les plus prestigieux (les « Tuiga », « Mariska », « Hispania » ou encore « Marité »), qui voguent sur les mers du globe grâce ses poulies. La petite entreprise de l’Hôpital-du-Grosbois a acquis une notoriété telle qu’elle est associée à de nombreux trophées, à Cannes et à Antibes notamment.

 

Ce qui n’empêche pas la famille Terreaux d’être très fière de son label Entreprise du patrimoine vivant obtenu en 2007 et déjà renouvelé deux fois. Une reconnaissance de son savoir-faire d’artisan, qu’elle revendique.


Qui sont les Terreaux ?

 

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Christian Terreaux (à droite), Monique Terreaux et leurs fils Jean-Lou et Sylvain. © Laurent Cheviet.

 

Christian Terreaux est « tombé dans l’eau de mer comme Obélix dans la potion magique », dit-il en souriant. Avant de devenir architecte, il a été moniteur de voile et a encadré des colonies de vacances. « Et puis un jour, ça m’a de nouveau taquiné. » Sur un coup de tête, il achète un vieux ketch tout en bois pour le retaper. Entre-temps il avait épousé Monique, architecte elle aussi et ensemble, ils avaient ouvert un cabinet d’urbanisme.

Mais pour remettre à flot le voilier de 12 mètres, « Cala », à ses heures perdues, il lui faut des poulies, qu’il dessine lui-même et va finalement vendre à d’autres pendant que le bateau attend toujours d’être terminé au fond du jardin de leur maison de Tarcenay. Et il attend encore…

C’est Monique Terreaux qui avait choisi le joli nom de nymphe grecque de Dryade, pour la petite entreprise finalement créée en 1994, et deux de leurs enfants avaient embarqué à bord : Jean-Lou, titulaire d’un bac STL en optique, et Sylvain, qui a étudié la menuiserie et l’ébenisterie.

Dryade est aujourd’hui une Sarl dont ils sont les quatre associés. Christian Terreaux en est le gérant, son épouse et leurs fils les trois salariés. Et vogue le navire !

 

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© Laurent Cheviet.


Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Doubs, Bourgogne Franche-Comté, Dryade, équipement nautique, bateaux de plaisance, Christian Terreaux

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1 réponse(s) à "Dryade Créations embarque sur trois voiliers de légende jusqu’en 2019"

  1. Jean VOLGEANdit :

    Et un ouvrier aura toujours un salaire d'ouvrier même si ses réalisations sont de très grande qualité pour des clients richissimes toujours plus riches. A quoi bon faire du bon boulot si celui-ci ne fait pas vivre l'artisan ??

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