Dijon : grave pénurie de l'immobilier industriel

Publié par Christiane Perruchot, le 20 février 2013
La nouvelle usine de Lejay-Lagoutte récemment construite sur l'une des dernières parcelles de la zone d'activités Cap Nord.
La nouvelle usine de Lejay-Lagoutte récemment construite sur l'une des dernières parcelles de la zone d'activités Cap Nord.

IMMOBILIER INDUSTRIEL. La crise n'a pas que des effets négatifs. Elle soulage le marché de l'immobilier industriel dans l'agglomération dijonnaise.

Faute de terrains immédiatement disponibles, l'offre est constituée à 90% de locaux de seconde main. Or, ceux-ci, obsolètes, ne satisfont pas une demande, pourtant (ou heureusement ?) en berne.

Le bilan 2012 du marché de l'immobilier d'entreprises dans l'agglomération dijonnaise, réalisée par BNP Paribas Real Estate, devrait alerter les pouvoirs publics locaux.

La pénurie de foncier réduit comme neige au soleil l'offre de bâtiments industriels «à un niveau problématique», constate Mikaël Cretin, directeur adjoint du spécialiste de la transaction immobilière historiquement implanté à Dijon.

Avec environ 11 000 m2, le neuf ne représente plus que 10% de l'offre globale qui stagne autour de 105 000 m2 depuis 2010.

Dans l'attente de nouveaux terrains à viabiliser, elle devrait rester en l'état. Prochain projet opérationnel sous la maîtrise d'ouvrage de la société publique locale d'aménagement de l'agglomération dijonnaise (Splaad), le parc d’activités de l’Est Dijonnais est en attente d'une déclaration d'utilité publique.

L'enquête portant sur 185 ha de part et d’autre de la voie expresse (L'Arc) reliant Dijon à Arc-Sur-Tille, s'est achevée fin janvier. Les terrains ne devraient pas être commercialisables avant 2014.

Les transactions ne basculent pas pour autant sur le parc de seconde main.

Avec 94 000 m2 disponibles dans l'agglomération dijonnaise, les disponibilités ont cru de 12% depuis 2011. L'essoufflement de la demande (moins 10%), liée à la conjoncture économique, n'explique pas tout.

Les zones d'activités de l'agglomération dijonnaise : au nord-est, le parc d'activités de l'est dijonnais (P.A.E.D.) commercialisable à partir de 2014.
Les zones d'activités de l'agglomération dijonnaise : au nord-est, le parc d'activités de l'est dijonnais (P.A.E.D.) commercialisable à partir de 2014. (Source: BNP Paribas Real Estate)

Les loyers dans le neuf à un niveau élevé

Ces locaux sont pour la plupart obsolètes. Leur vétusté n'attire ni les industriels ni les investisseurs. « Nous avons une demande que nous ne pouvons satisfaire, le salut pourrait venir d'investisseurs locaux qui remettraient sur le marché des bâtiments conformes à la demande », estime Mikaël Cretin.

Conséquence d'un marché tendu : les loyers dans le neuf augmentent pour se situer à un niveau élevé, autour de 76 € le m2, pendant qu'ils continuent de baisser dans l'occasion, à 49 € en moyenne.

Longtemps en surabondance en Bourgogne, les surfaces d'entrepôts logistiques se régulent. Le distributeur de pneus Massa (346,5 millions d'€ de chiffre d'affaires, 1 000 salariés) s'apprête à occuper 26 500 m2 du logisticien Generalli à Beaune pour regrouper sa logistique nationale, réduisant du coup le stock à 200 000 m2.

Les difficultés liées à la crise pourraient-elles remettre en question de la gestion patrimoniale des entreprises ?

Selon Mikaël Cretin, être propriétaire de ses propres locaux n'est pas forcément la bonne stratégie. « Nous conseillons aux chefs d'entreprises de vendre leur patrimoine tout en restant locataires, ainsi ils pourraient réinvestir dans la recherche et développement ou l'outil de travail ».

Le discours a du mal à s'imposer. Comme tout ménage rêve de devenir propriétaire, les industriels eux aussi, se sentent mieux dans leurs murs.

Relire le bilan 2011 qui annonçait déjà une pénurie :

Traces Ecrites News : l'immobilier industriel en panne

   

Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises
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Mots-clés : Dijon, Bourgogne, logistique, immobilier d'entreprises, bâtiments industriels, BNP Paribas Real Estate

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