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« Développement économique et formation sont intrinsèquement liés »

Publié par Christiane Perruchot, le 30 mars 2017

DEVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE/BOURGOGNE - FRANCHE-COMTÉ. Marie-Guite Dufay, présidente du Conseil régional de Bourgogne - Franche-Comté livre, à l’occasion de la session plénière de ce vendredi 31 mars, les bases de sa stratégie de développement économique.
Nouvelle organisation consécutive de la loi NOTRe, nouveau dispositif d’aides aux entreprises et nouvelle agence régionale de développement économique.

Un budget de 68 millions d’€, dont 12 millions d’aides directes aux entreprises  : avances remboursables et subventions.

 

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Marie-Guite Dufay, présidente du conseil régional de Bourgogne - Franche-Comté. © Yves Petit.

• Avec la loi NOTRe, les pouvoirs de la Région sont renforcés en matière économique. Comment cela se traduit-il ?

 

La législation simplifie enfin le millefeuille territorial en matière de développement économique. Les départements n’ont plus de compétences en la matière. La Région en assume la pleine responsabilité et elle s’appuie sur une feuille de route, écrite en collaboration avec tous les acteurs territoriaux : le schéma régional de développement économique, d’innovation et d’internationalisation (SRDEII) adopté par l’assemblée le 16 décembre 2016 et approuvé par l’Etat le 25 janvier 2017.


La Région devient la seule compétente en matière d’aides aux entreprises, terme que je préfère remplacer par accompagnement des entreprises. Les EPCI (établissements publics de coopération intercommunales) — communautés d’agglomération, urbaines et de communes, ndlr — le sont dans l’immobilier d’entreprises. Des coopérations seront formalisées entre la région et les intercommunalités afin de préserver une cohérence de l’action publique.
La Région par exemple ne peut se désintéresser de l’immobilier d’entreprise car il est un élément incontournable pour l’implantation et le développement des PME, des artisans et des grands groupes industriels.

C’est la raison pour laquelle la Région va entrer au capital de toutes les Sociétés d’économie mixtes (Sem) patrimoniales départementales en reprenant les parts que détenaient les conseils départementaux.
Demain, l’assemblée doit décider de la prise de participation de la Région dans le capital de la Sem Tandem (ex-Sempat, ndlr) créée à l’initiative du Conseil départemental du Territoire de Belfort pour constituer un parc d’immobilier d’entreprise suite aux restructurations successives d’Alstom. Le projet porte sur une implication de la Région à hauteur de 8 millions d’€, dans le cadre d’une augmentation de capital visant à restructurer l’offre immobilière sur Techn’hom à Belfort où est implanté l’un des principaux groupes industriels de Bourgogne - Franche-Comté, Général Electric.
Lors de cette session, les élus seront également appelés à se positionner sur le rachat des parts détenues par les conseils départementaux (1,5 millions d’€, ndlr) au capital de Batifranc qui offre un financement de l’immobilier d’entreprise de type crédit-bail.

 

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Les aides directes s'adressent aux entreprises de moins de 250 salariés ; le conseil régional aide indirectement les grandes entreprises comme, ici, le cofinancement de la modernisation de la voie d'essai du site d’Alstom Transport à Belfort.

 

• En matière d’aides aux entreprises, comment les dispositifs des deux anciennes régions Bourgogne et Franche-Comté, ont-ils fusionné ?


Le nouveau dispositif régional d’accompagnement des entreprises est le résultat de la convergence des deux précédents outils et couvre toute la vie de l’entreprise, de l’amorçage à la transmission. Il s’adresse aux entreprises de toutes tailles jusqu’à 250 salariés, avec une attention particulière aux TPE, aux jeunes entreprises innovantes, aux entreprises de l’économie sociale et solidaire, mais aussi aux entreprises en difficulté qui auraient besoin d’un appui pour anticiper leur mutation.
Les grandes entreprises ne bénéficient pas d’aides directes, mais il est du devoir de la Région de favoriser leur développement car elles représentent un grand nombre d’emplois.

Le conseil régional par exemple, se devait, par le portage du foncier avec d’autres acteurs publics, de faciliter l’implantation de fournisseurs au pied de l’usine PSA de Sochaux.
Enfin, l’animation économique ne peut pas se désintéresser des filières historiques ou en émergence, comme l’hydrogène particulièrement développée à Dole.

 

• Pour vous, la formation fait pleinement partie de la politique de développement économique. Par l'entremise de quelles actions ?


Oui, le développement économique d’un territoire est intrinsèquement lié à la formation. Certaines entreprises ne trouvent plus certaines compétences.

La Région qui est responsable de la formation met tout en oeuvre pour convaincre les jeunes, mais aussi leurs parents, les enseignants et les orientateurs que les métiers de l’industrie ouvrent de réelles voies d’avenir.

Le frein est avant tout culturel et pour pousser les portes, la Région ne lésine pas sur les opérations de promotion, portes ouvertes et salons qui permettent à ce public de mieux connaître les opportunités de carrières dans l'industrie.

Comme le salon Smile au Creusot qui se déroulera du 11 au 13 avril. En outre, la Région doit rester attentive à ouvrir, chaque année, les bonnes formations dans les CFA et les lycées professionnels.

 

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Marie-Guite Dufay estime que le rôle de la région est également d'inciter les jeunes à se diriger vers des métiers de l'industrie.

 

• L’assemblée de ce vendredi doit aussi donner naissance à la nouvelle agence de développement économique par fusion de la bourguignonne ARDIE et de la franc-comtoise ARD. Vous avez opté pour une société publique locale (SPL). Pourquoi ce statut plutôt qu’une association (le statut actuel de l’ARDIE en Bourgogne) comme le souhaiterait le milieu économique bourguignon ?

 

L’ARD de Franche-Comté est depuis 2013 une société publique locale (SPL) dont le capital est détenu par le conseil régional associé à 14 collectivités territoriales. Les chefs d’entreprises sont présents au conseil d’administration et n’ont simplement, pas de pouvoir de véto.

Un fonctionnement qui les satisfait, à preuve l’assiduité d’Eric Maillard, PDG de G.M.I. (métallurgie et plasturgie, à Autechaux, Doubs, ndlr) et d’Etienne Fréchin, président du conseil d’administration de Vétoquinol (produits vétérinaires à Lure, Haute-Saône, ndlr).
Ce modèle fonctionne bien. La nouvelle agence régionale de développement économique (ARDE) qui sera mise en place à partir du 1er juillet 2017 sera donc une SPL. Les chefs d’entreprises y auront toute leur place aux côtés de représentants du conseil régional et des établissements publics de coopération intercommunale (par leur service “économie” ou leur agence locale de développement économique, ndlr) ; ces derniers ayant vocation à entrer également au capital de la société et au conseil d’administration.

Là encore, le conseil régional se propose de racheter les actions qu’ont les conseils départementaux du Jura, de la Haute-Saône et du Territoire de Belfort dans l'actuelle SPL ARD, s’ils décident de les céder.

 

• L’assemblée se prononcera également ce vendredi 31 mars sur le transfert du dispositif PRISME (Pôle Régional d’Ingénierie pour le Soutien à la Mutation des Entreprises), deux ingénieurs qui accompagnent les entreprises dans des projets de diversification de leur activité. Géré par l’agence de développement économique Nord-Franche-Comté (ADNFC), ce service sera transféré dans l’agence unique.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Territoires
Avis d'expert

Mots-clés : Formation, développement économique, Marie-Guite Dufay, ARDIE, Tandem, Bourgogne Franche-Comté, agence de développement économique, aides aux entreprises, conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté

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1 réponse(s) à "« Développement économique et formation sont intrinsèquement liés »"

  1. Une franc-comtoisedit :

    - Pour rebondir sur ce paragraphe : "L’assemblée de ce vendredi doit aussi donner naissance à la nouvelle agence de développement économique par fusion de la bourguignonne ARDIE et de la franc-comtoise ARD. Vous avez opté pour une société publique locale (SPL). Pourquoi ce statut plutôt qu’une association (le statut actuel de l’ARDIE en Bourgogne) comme le souhaiterait le milieu économique bourguignon ?" : - Est-ce qu'un jour cela viendrait à l'idée des Bourguignons, et principalement des Dijonnais, qu'ils n'ont pas le monopole des bonnes idées et que les Franc-Comtois ne sont pas que des voisins campagnards rustiques qu'ils viennent d'absorber !... - Cet esprit plus que centenaire de supériorité devient de plus en plus difficile à supporter... Une franc-comtoise et fier de l'être...

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