Deux filières de recyclage émergent dans l'Est

Publié par Christiane Perruchot, le 08 janvier 2013

RECYCLAGE. Fabriquer de la ouate de cellulose à base de carton recyclé.

C'est le pari du groupe Id'ées, épaulé dans ses recherches par le Centre Régional pour l'Innovation et le Transfert de Technologie Bois (Critt) d'Epinal.

L'entreprise d'insertion a également dans ses cartons un projet de recyclage du polystyrène expansé.

Localisés en Bourgogne et en Haute-Marne, ces projets nécessitent plus de 2 millions d'€ d'investissement en équipements industriels .

La clé de leur concrétisation réside dans le financement des postes d'insertion par l'Etat et les collectivités locales.

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Tout commence par un partenariat de quelques années déjà, avec International Paper à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire). Id'ées Services, filiale du groupe Id'ées, transforme les rebuts de carton du fabricant d'emballage en contre-palettes et intercalaires (destinées à protéger les emballages).

A l’heure actuelle, seulement 60 % des rebuts de carton retrouvent une seconde vie dans la filière emballage. Le reste est revendu aux recycleurs.

«L’idée est de valoriser ce gisement pour faire de la ouate de cellulose», expose Alain Bernier, secrétaire général du groupe Id'ées.

A ce jour, ce matériau d’isolation des maisons est principalement fabriqué à partir de papier recyclé. 50 000 tonnes sont vendues annuellement en France, dont 10 000 sont importées.

«La caractérisation technique de la ouate de cellulose à base de carton révèle toutes les qualités de celle à base de papier», affirme le secrétaire général.

Une étude technique commandée au Centre Régional pour l'Innovation et le Transfert de Technologie Bois (Critt) d'Epinal, dans les Vosges, confirme «des avantages compétitifs».

Moins coûteux et plus propre que le papier (car rarement souillé d'encres), le carton fournit un isolant moins dense qui, par conséquent, nécessite moins de matière première.

Un marché de niche

Pour engranger les volumes nécessaires à une filière industrielle, Id'ées consacrera 2013 à la recherche de nouveaux gisements auprès de gros industriels et de centres commerciaux. Des contrats sont en négociation avec d'autres industriels de l'emballage de Côte-d'Or, précise le secrétaire général.

Destiné à l'isolation des maisons, la ouate de cellulose, considérée comme l'un des matériaux d'isolation les plus écologiques, trouvera des débouchés chez les négociants en matériaux et entreprises du bâtiment.

L'implantation de cette nouvelle activité, sur le site de SaôneOr à Chalon-sur-Saône où sont aujourd'hui transformés les cartons d'emballage, s'accompagne de l'achat d'une ligne de fabrication pour 2 millions d'€, autofinancée pour un tiers.

A la fin de l'année, Id'ées espère transformer en ouate de cellulose, 3000 tonnes de carton et 6000 tonnes en rythme de croisière avec 16 postes d'insertion et 6 permanents. «Cela restera un marché de niche», précise Alain Bernier.

Pour faire la démonstration de la pertinence du produit, Id'ées souhaite décrocher un marché de construction d'une certaine taille auprès d'un donneur d'ordre public.

Ce chantier démonstrateur permettrait d'obtenir la nécessaire certification technique afin d'assurer la garantie décennale.

Egalement balbutiante en France, la filière du recyclage du polystyrène - guère plus d'un tiers de ce matériau est aujourd'hui recyclé - inspire un autre projet, cette fois, en Haute-Marne.

Id'ées pense s'adosser sur l'expérience de Polystyrène Développement, une petite entreprise près d'Angoulême (Charente) qui tente de s'imposer  dans le secteur depuis trois ans.

Billes de polystyrène pour la plasturgie

Dans un premier temps, Id'ées compte fabriquer des billes de polystyrène expansé, matière première commercialisable auprès des industriels de la plasturgie.

Pour cela, il lui faut mettre en place une filière de collecte afin de récupérer le polystyrène à la fois auprès des particuliers (via les déchetteries des collectivités territoriales), de la grande distribution, des artisans et des industriels.

Quatre sites de collecte sont envisagés en Côte-d'Or, en Saône-et-Loire, en Haute-Marne et dans l'Yonne. Compacté, le polystyrène est ensuite extrudé pour obtenir un granulé de polystyrène, qui servira alors de matière première dans l’industrie plastique.

Cette opération devrait se dérouler dans les environs de Culmont-Chalindrey, en Haute-Marne.

Evalué à 300 000 € en équipements (compacteurs et extrudeuses), ce projet prévoit une montée en charge sur deux ans avec la transformation de 70 000 m3 de polystyrène. Il génèrera 20 postes d'insertion et 2 d'encadrement sur les sites de collecte, de compactage et dans l'atelier d'extrusion.

Une façon d'optimiser ses ateliers dédiés à la transformation du carton.

La direction d'Id'ées qui solde un bilan 2012 en légère progression avec environ 51 millions d'€ de chiffre d'affaires, ne cache pas que l'ampleur des projets dépendra de la capacité de financement des postes d'insertion par l'État et les collectivités locales.

Il parie sur le recyclage et la valorisation des matériaux pour asseoir une activité industrielle destinée à compenser durablement la baisse cyclique de l'intérim qui génère aujourd'hui les deux tiers de son chiffre d'affaires.

Relire sur Traces Ecrites News : Les bonnes idées d'Id'ées, leader de l'insertion



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Bourgogne, bâtiment, Chalon-sur-Saône, Saône-et-Loire, recyclage, emballage, insertion, Haute-Marne, carton, ouate de cellulose, polystyrène expansé, Smurfit Kappa, International Paper

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